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Les constructeurs automobiles européens s’étaient engagés en 1998 sur la base d’un accord volontaire à réduire de 25 % les émissions de CO2 des voitures particulières, pour atteindre un rejet moyen de 140 grammes de CO2 par kilomètre (gCO2/km) en 2008. Pour atteindre ces objectifs, l’ACEA s’est engagée à mettre sur le marché des modèles de véhicules peu émetteurs de CO2 et à en vendre suffisamment pour pallier les fortes émissions des véhicules haut de gamme ou fortement motorisés qu’ils vendent par ailleurs. Pourtant, selon la Fédération européenne pour le transport et l’environnement (FET&E), les voitures rejetaient encore en moyenne 160 gCO2/km en 2005, contre 186 gCO2/KM en 1995. À trois ans de l’échéance, cette baisse de seulement 12 % inquiète la Fédération.
"Les constructeurs automobiles auront besoin d’une évolution de 4,3 % par an pendant les trois prochaines années pour atteindre leur objectif," estime la FET&E dans un communiqué. "Or pour mémoire, la meilleure performance a été de 2,9 % en 2000." La Fédération estime que la responsabilité de cet échec annoncé incombe au Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. "Le président Barroso n’a rien dit et a laissé faire quand les constructeurs automobiles ont développé des technologies destinées à créer des voitures plus lourdes et plus puissantes, sans se soucier de la réduction de la consommation d’énergie. (…) M. Barroso doit reconnaître que l’engagement volontaire pour une industrie responsable de 15 % des émissions de CO2 en Europe n’est pas suffisant et échoue lamentablement."
La France meilleure élève
Tous les pays européens n’ont pas le même retard. Le palmarès 2006 des émissions de CO2 des voitures à la vente de l’ADEME précise que les groupes français arrivent en tête de ceux qui émettent le moins de CO2 : "les émissions de CO2 des véhicules vendus en France ont baissé d’un gramme en 2005 par rapport à 2004, atteignant une valeur de 152 gCO2/km. Si les émissions des voitures Diesel stagnent à 149 gCO2/km, celles des véhicules Essence ont par contre baissé de 3 grammes (de 162 gCO2/km en 2004 à 159 gCO2/km en 2005)." Au sommet du classement, Peugeot PSA atteint une moyenne de 145 gCO2/km sur l’ensemble de sa gamme, suivi de près par Renault avec 146 gCO2/km, et par Fiat avec 148 gCO2/km.
"Nous avons d’abord mis l’accent sur le déploiement des modèles Diesel, qui consomment moins de combustibles et par conséquent rejettent moins de CO2. Nous allons désormais privilégier la diminution des émissions sur les modèles Essence," explique Laurent Gerbet, responsable de la communication Produit chez Renault. "Pour cela, nous travaillons en Recherche et Développement sur l’amélioration de la combustion et de l’injection, sur la réduction de la taille des moteurs et sur l’introduction des turbos." La mise en place de l’Étiquette Énergie chez les concessionnaires (vignette aux flèches vertes et rouges, dotées de lettres allant de A à F, que l’on retrouve également sur les produits électroménagers) devrait parallèlement permettre d’agir sur les motivations à l’achat des consommateurs. "Les critères principaux pour l’achat d’un véhicule particulier sont le design et la sécurité. Le respect de l’environnement arrive loin derrière," note Laurent Gerbet. "Mais d’après nos premiers retours sur l’étiquette énergie, cela devrait évoluer."
Néanmoins, pour Matthieu Violette, responsable de la communication de France Nature Environnement, association française rattachée à la FET&E, ces avancées ne sont pas suffisantes : "La diminution des émissions de CO2 des voitures particulières est contrebalancée par la hausse du parc automobile européen." Celui-ci a en effet augmenté de 2 % entre 2004 et 2005. "Il est important de travailler sur les comportements, afin de limiter l’usage de la voiture particulière et de favoriser les transports en commun." France Nature Environnement demande à la Commission Européenne de privilégier la législation à des accords volontaires exempts de sanctions. Enfin, l’association environnementale remarque que les voitures particulières ne sont pas les seuls véhicules à émettre du CO2, et demande la mise en place d’une éco-redevance sur le transport routier marchandise. "Cette taxe sur les déplacements pourrait décourager les transports absurdes et faire baisser considérablement les émissions de CO2. Cela permettrait de constituer un fond, qui pourrait financer une politique de transports alternatifs, par voies fluviales ou ferroviaires."
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