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Alors que le débat actuel sur les véhicules propres oppose les défenseurs de la voiture hybride aux inconditionnels, essentiellement français, du moteur diesel, la Poste pourrait contribuer à remettre le véhicule électrique au cœur des discussions, en attendant la solution "optimale" de la pile à combustible fonctionnant à l'hydrogène. L'entreprise a signé, fin octobre, un partenariat de recherche et développement de trois ans avec le CEREVEH (Centre d'études et de recherches sur les véhicules électriques et hybrides) pour éprouver la fiabilité d'un prototype électrique " de nouvelle génération, " la Cleanova II. Développée par la SVE (Société de Véhicules Electriques), filiale commune des groupes Dassault et Heuliez, la Cleanova II, présentée au Mondial de l'automobile 2004, est élaborée sur la base d'une Renault Kangoo. Sa particularité est, selon ses constructeurs, de marquer " une rupture par rapport aux technologies actuellement utilisées pour les véhicules électriques, notamment en matière d'autonomie et d'accélération " : la Cleanova II promet une autonomie de 180 kilomètres, là où les véhicules électriques actuels stagnent autour des 70 kilomètres.
Remplacer 90 % de la flotte
La Poste va investir plus d'un million d'euros dans ce programme, qui devrait aussi bénéficier d'une aide financière publique importante dans le cadre du Plan véhicules propres, initié par le gouvernement en 2003. Le groupe public attend beaucoup de ce nouveau véhicule, puisqu'il annonce déjà sa volonté de remplacer au minimum 90 % de sa flotte de véhicules et utilitaires (hors camions) par ces voitures électriques, si les tests sont probants et que la production suit. A l'heure actuelle le constructeur annonce une capacité de production de 30 à 50 véhicules par jour et ne montera en puissance qu'en fonction de la demande du marché. " Le plus vite sera le mieux car il y a le feu ", explique sans détour Patrick Widloecher, directeur du développement durable de La Poste. Sur le plan environnemental, tout le monde doit se mobiliser contre le réchauffement de la planète, qui est une réelle et sérieuse préoccupation. Et sur le plan économique, selon une logique structurelle, on ne reviendra pas aux prix bas en matière de pétrole, alors quand on sait qu'un plein électrique coûte six fois moins cher qu'un plein d'essence, et que le budget annuel en carburant de La Poste est de 63 millions d'euros, le choix se comprend de lui-même. "
Prouver que le véhicule électrique est rentable
Ce raisonnement ne tenait guère face au prix d'achat d'un véhicule électrique. " Certes, le véhicule électrique, tel qu'il est produit actuellement, coûte entre 35 % et 45 % plus cher que le véhicule classique, confirme Patrick Widloecher, mais le but de ce programme est justement de faire évoluer cette donne. Si on prend en compte les gains engendrés par l'usage de l'électrique, en terme de coûts imputables au carburant, mais aussi à la conduite plus sûre, à l'entretien quasi inexistant, aux avantages fiscaux et à la durée de vie d'un moteur électrique qui peut atteindre 10 ans (ce qui nous ferait changer la flotte tous les 6 ans et demi au lieu des 5 ans actuels), on peut estimer que passés les 10 000 kilomètres, le véhicule électrique ne coûte pas plus cher qu'une voiture thermique." Argument confirmé par le constructeur du Cleanova II, en la personne de Patrick Largeau, chef de projet chez SVE : " Quand la Cleanova II sera lancée en série, elle sera commercialisée dans la catégorie des véhicules de même gamme, équipés de moteur thermique, à un prix intéressant. Surtout pour des entreprises comme La Poste qui souvent loue ces voitures au mois... ".
Maintenir son activité dans les centre-villes
Le partenariat entre La Poste et la SVE innove selon le groupe puisque, pour la première fois, le véhicule répond à un cahier des charges pour l'adapter aux besoin des postiers et optimiser les transports (porte latérale avec ouverture spéciale, batteries sous le plancher, sièges rabattables, etc.). Le travail sur la logistique est l'autre levier d'action majeur de La Poste pour s'équiper d'une flotte moins polluante (530 véhicules électriques et 1 100 roulant au GPL, à ce jour, sur un total de 51 000 véhicules, hors camions). Le groupe est responsable, via ses transports, de 0,20 % des émissions de CO2 nationales chaque année et espère les diminuer de 5 %, d'ici 2007. Diverses pistes ont été choisies comme le regroupement de centres de tri en banlieue parisienne à Gonesse (300 000 kms "économisés"), un transport des colis hors containers (un gain de place qui nécessite 2,5 fois moins de camions), ou encore une meilleure gestion et automatisation des tournées (1 000 voitures supprimées)... La politique active de la Poste ne relève pas de la philanthropie, mais du pragmatisme, comme le rappelle Patrick Widloecher : " Aujourd'hui, le courrier baisse en quantité, mais il augmente en poids, nécessitant des équipements de transports adaptés. Or, les grandes agglomérations, dans le cadre de leur Plan de déplacement urbain (PDU) vont être nombreuses à réglementer, voire interdire les véhicules thermiques en centre ville. On doit donc trouver des solutions, et vite... "
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