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Emissions de CO2 : l'essence rattrape le diesel

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Publié le 06-05-2010

La Smart fortwo cdi : 88g CO2/km
La Smart fortwo cdi : 88g CO2/km

Selon la dernière édition du « Car labelling » édité par l'Ademe, près de la moitié des véhicules neufs vendus aujourd'hui en France émettent moins de 120g de CO2/km. Avec, pour la première fois, des véhicules présentant des émissions de CO2 inférieures à 90g.

Avec une moyenne de 133g de CO2/km pour les véhicules individuels neufs vendus en 2009, la France tient le haut du classement européen en la matière. « En 2000, nous étions encore à 160g. Il a fallu attendre 2008 pour avoir une baisse significative, mais ces deux dernières années, nous avons presque gagné 20g ! Cela représente un gain annuel de 230 000 tonnes de CO2, équivalent au retrait de 116 000 véhicules du marché », s’est réjouit Patrick Coroller, chef du département transports et mobilité de l’Ademe, lors de la présentation du palmarès annuel des constructeurs et véhicules neufs les moins polluants. Aujourd’hui, 50 % des véhicules neufs vendus dans l’Hexagone émettent moins de 120 g de CO2/km et 75% en émettent moins de 140g, soit presque deux fois plus qu’il y a seulement 5 ans…

Moins de 90g pour les meilleurs

Pour la première fois, la barre des 90g a même été franchie. En diesel, la Smart fortwo cdi rejette ainsi 88 g de CO2/km. Une performance sachant que les deuxièmes, la Ford fiesta et la Seat Ibiza, pointent à 98g. Mais les essences ont également fait des efforts, fait remarquer l’Ademe. Enfin, surtout si l’on prend en compte les hybrides – qui, même si elles sont en hausse de 16%, ne dépassent pas les 10 000 ventes -, car c’est essentiellement elles qui montent sur le podium de la catégorie : la Toyota Prius, qui rejette désormais 89g, suivie par la Toyota IQ (99g) et la Honda Insight (101g). Mais, « pour la première fois, la moyenne des émissions de véhicules essences est inférieure à celle des diesel (130g/km contre 134 g/km). Les Français achètent aujourd’hui de plus en plus de petits véhicules essence, moins chers et peu émetteurs de CO2 », souligne l’Ademe. A noter également, « le rebond du GPL, que l’on croyait moribond et qui est pourtant passé de 0,1% des véhicules neufs vendus en 2008 à 1% en 2009 », fait remarquer la directrice des programmes de l’Ademe, Virginie Shwartz.

Au total, « le nombre des modèles « bonussés » a doublé en 2 ans. En 2007, 500 auraient pu y prétendre, aujourd’hui, 1 156, dont un tiers proposé par Renault et PSA, en bénéficient », souligne Patrick Coroller. Et, malgré le fait que depuis le 1er janvier, le bonus –d’un montant inférieur à celui de l’an dernier- est désormais accordé aux véhicules émettant moins de 125g contre 130g en 2009, « son succès ne se dément pas sur le début de l’année », souligne Virginie Shwartz. Cependant, il faut rappeler que seulement 8 modèles sont dans la catégorie des moins de 100g…

Vers une prise en compte des autres polluants ?

Aujourd’hui, le palmarès de l’Ademe ne prend toujours en compte que les émissions de CO2. Or les véhicules rejettent d’autres polluants tels que les oxydes d’azote ou les particules. « Ceux-ci sont en baisse. Aujourd’hui on estime qu’un véhicule individuel mis sur le marché rejette deux fois moins de polluants qu’il y a 5 ans, essentiellement du fait que les normes sont de plus en plus sévères. Dès janvier 2011 d’ailleurs, tous les modèles diesel devront être équipés de filtres à particules », déclare Patrick Coroller. Mais pour l’instant, ces données ne sont toujours pas accessibles aux particuliers, contrairement à ce qui peut se faire en Suisse et en Allemagne. « Nous réfléchissons à un indicateur de la qualité de l’air qui puisse permettre aux consommateurs de comparer les voitures sur ce critère. D’ici la fin de l’année, une petite calculette sur le site de l’Ademe devrait permettre de calculer la contribution de son modèle de véhicule à la qualité de l’air », précise Patrick Coroller.

Enfin, reste à travailler sur les bus et poids lourds, « pour lesquels des progrès ont tout de même été faits au niveau des motoristes », selon Patrick Coroller, ainsi que sur les deux roues qui, il faut le rappeler, émettent toujours un peu plus d’émissions qu’un véhicule catalysé. Des catégories qui ne sont toujours pas concernées par l’homologation de CO2... Résultat aujourd’hui encore, les émissions dues aux transports sont « seulement » sur la voie de la stabilisation quand le Grenelle 1 affichait un objectif ambitieux de moins 20% des émissions de CO2 d’ici à 2020…

Béatrice Héraud
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