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« L’électricité tirée du nucléaire ou du charbon pour l’alimentation des véhicules électriques est parfaitement superflue », déclare Björn Klusmann, de l’Union fédérale des énergies renouvelables (BEE). « Le gouvernement allemand entend voir un million de véhicules électriques sur les routes en Allemagne d’ici 2020. Et les énergies renouvelables sont parfaitement capables de couvrir les besoins en électricité. » Björn Klusmann chiffre à deux milliards de KW/heure par an le besoin en électricité de ce million de véhicules. « L’an passé, les énergies renouvelables ont produit plus de 87 milliards de KW/h. » La sphère politique allemande découvre les vertus climatiques des véhicules électriques. Le gouvernement vient de mettre sur pied une feuille de route destinée à promouvoir ces véhicules nouvelle génération d’ici 2020 sur les autoroutes allemandes, encore largement dominées par les grosses cylindrées polluantes. Avec à la clé la création d’un consortium pour assurer la recherche sur les batteries en lithium-ion, la condition sine qua non pour assurer la fabrication en série des voitures électriques. Ce consortium est financé à hauteur de 60 millions d’euros par le Ministère de la recherche (BMBF), le secteur industriel injectant un total de 300 millions d’euros. Or, malgré le constat positif et rassurant de Klusmann, les constructeurs automobiles allemands privilégient, du moins pour le moment, la coopération avec les oligopoles énergétiques du pays dont l’énergie provient du nucléaire et des centrales à charbon. Mercedes coopère ainsi avec RWE, BMW avec Vattenfall, des tests étant actuellement en cours dans les rues de Berlin. Car, comme le souligne un représentant du Ministère, l’introduction des véhicules électriques ouvre de nouvelles parts de marché… Les organisations environnementales ont été promptes à dénoncer une coopération industrielle qui ne fait aucun sens. « Les expérimentations en cours ne sont guère plus que de pseudos programmes climatiques destinées à polir leurs images, » dénonce Marc Specowius de Greenpeace. L’organisation a calculé que la Smart électrique de Daimler émet même plus de CO2 que le modèle en diesel : 90 grammes contre 88 par kilomètre. A l’est, rien de nouveau… L’influente VDA, l’organisation qui représente les intérêts de l’industrie automobile allemande, montre un enthousiasme pour le moins modéré s’agissant des véhicules électriques et repousse toute discussion sur la nature de l’électricité fournie. Son président, l’ex-parlementaire Matthias Wissmann, fait en effet savoir que son organisation s’attend à ce que les véhicules conventionnels roulent encore sur les autoroutes dans dix ans encore. « Contrairement à ce que certains pensent, ces moteurs alternatifs ne seront pas disponible en grande série aussi rapidement qu’ils le disent. Cela dit, on y travaille intensément. » …Mais à l’ouest ? « Il semblerait que l’industrie automobile allemande soit encore en train de rater le coche, » rétorque Björn Klusmann en faisant allusion à l’immobilisme de l’industrie automobile face aux dernières innovations techniques environnementales. « Mais peut-être allons-nous voir d’autres acteurs apparaître sur le marché allemand, » ajoute-t-il un brin railleur. Effectivement, un nouvel acteur vient de voir le jour sur ce marché. Après le Danemark et Israël, l’Australie, les Etats de Californie et d’Hawai ont annoncé un accord de partenariat avec la start-up Better Place, qui se charge de la construction de réseaux dont l’électricité proviendra autant que possible des énergies renouvelables. Le PDG de Better Place, Shai Agassi, prévoit de mettre en place un système de paiement similaire à celui des abonnements téléphoniques. Le consommateur souscrira à un abonnement lui donnant droit à un nombre précis de kilomètres, avec un véhicule électrique vendu à prix réduit. Chez Better Place, on précise que la direction est actuellement en pourparler avec 25 pays, dont l’Allemagne.
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