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Un label pour limiter l'empreinte énergétique de l'informatique

Entreprises \Environnement \Eco-management

Publié le 22-11-2006



Le label Energy Star, certification internationale qui vise à limiter la consommation énergétique des équipements bureautiques, a été lancé aux Etats-Unis il y a 15 ans. Une nouvelle version de ce standard est en cours d'adoption mais son impact reste limité. L'essor des connexions Internet haut débit augmente encore la facture.

Les centres de données sous tension
Une crise de l’énergie couve dans le secteur de l’industrie de l’information. Cette année, les analystes ont multiplié les avertissements. Le coût croissant de l’énergie conjugué aux investissements matériels projetés devrait, dans les 5 ans, doubler au minimum la facture énergétique des centres serveurs. A surface égale, la consommation d'énergie d’un centre de données est, au mètre carré, dix fois celle d'un immeuble de bureau. La garantie de service entraîne un surdimensionnement des sites. Seuls 20 à 25 % de la consommation électrique des centres de données sont effectivement utilisés par l'informatique. Le reste correspond aux équipements connexes (alimentations, serveurs de secours, systèmes de sécurité, climatisation...) qui ne servent que quelques minutes par an. Bien conscients du problème, des acteurs du secteur amorcent de véritables démarches « négawatts », traquant les kilowatt/heure superflus.
Google, par exemple, a rendu public, en septembre 2006, un vaste programme d’harmonisation électrique engagé aux côtés d’Intel depuis plusieurs mois. Le procédé suppose le déploiement d’une seule et unique technologie basse tension (12 volts), affichant des déperditions de courant électrique inférieures à 10 %. Selon les calculs des ingénieurs à l’origine du projet, intégré à 100 millions de PC, ce standard « made by Google » permettrait d’économiser 40 TeraWatt/heure en 3 ans.
La version finale des spécifications de la version finale d’Energy Star 4.0 a été publiée, fin octobre 2006, par l’Agence américaine pour la Protection de l’Environnement (EPA). Initié en 1992 par l’administration Clinton puis introduite en 2001 dans l’Union Européenne, le label Energy Star (E*) fixe, de part et d’autre de l’Atlantique, les seuils d’efficacité énergétique applicables aux micro-ordinateurs. Mais si la réglementation existe, les industriels font de la résistance. « En 2003, lors d’une campagne de mesures réalisée auprès d’une centaine de machines en Europe, nous avons découvert que seuls 10 % des unités centrales et 35 % des écrans respectaient les paramétrages de veille demandés » rappelle Alain Anglade, spécialiste à l’Ademe de l’efficacité énergétique des produits électroniques.

Plus exigeante que les versions antérieures, cette quatrième mouture ratisse large. Toute la gamme de l’informatique domestique est concernée : ordinateurs fixes ou portables, serveurs, consoles de jeux, magnétoscopes numériques… « La procédure introduit aussi des seuils de performance calculés non plus à partir d’une consommation moyenne mais en fonction des usages : en fonctionnement intensif, minimum (de 50 à 95 W), en veille (4 W) ou à l’arrêt (2 W)» observe l’expert de l’Ademe. Autre innovation : l’exigence de blocs d’alimentation internes ou externes à rendement garanti, de 80 % ou plus, afin de limiter la déperdition électrique. Selon le respect de ces puissances, le matériel sera alors classé A, B ou C.

La facture énergétique du haut-débit

Mac ou PC, le fonctionnement d’un ordinateur demande souvent entre 200 et 300 Watts. Facture moyenne annuelle : 360 kWh, répartis entre l’écran (un gros tiers), le processeur, la carte graphique, la mémoire, les accès disques... Il s’est vendu en France plus de 6,5 millions d’unités centrales en 2004 et près de 7,9 millions en 2005. Dont 42 % d’ordinateurs portables, 10 fois moins gourmands que ses homologues grands formats.

L’Internet haut débit a atteint pour sa part les 11,1 millions d’abonnés en octobre 2006, nouvelle source « énergivore ». Au-delà des périphériques habituels en attente de fonctionner (imprimante, scanner…), les exigences du haut débit sont croissantes. Modems allumés sans interruption ou dépourvus de boutons d’arrêt, télévisions en ligne, transfert de fichiers…Les nouveaux usages de l’internaute supposent une connexion constante, source de surconsommation électrique permanente. « Un abonné qui veut faire du téléphone par internet (abrégé VoIP), ne va plus éteindre ni ordinateur, ni haut-parleur, ni modem s’il veut rester joignable» analyse Alain Anglade. « La veille dans ce cas n’est plus un souci majeur… au contraire de l’infrastructure qui va supporter ces nouveaux services en continu ». Estimé à 200 GigaWatt/heure en 2003, le total d’énergie nécessaire à l’ADSL devrait représenter 1500 GWh en 2009, supportés à part égale entre utilisateurs et fournisseurs d’accès. (voir encadré)

L’empreinte énergétique des technologies de l’information s’impose comme un enjeu majeur. Selon l’Agence Internationale de l’Energie, les équipements électroniques et leurs mises en veille sont devenus l’un des tous premiers postes de consommation électrique des ménages. Dépassant désormais le poste traditionnel « froid », et talonnant, chez les foyers équipés, celui du chauffage électrique.

En juillet 2007, la première tranche d’Energy Star 4.0 entrera en application. Au mieux, un quart des équipements loisirs et bureautiques disponibles sur le marché seront conformes à cette norme.

Maxence Layet
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