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Aujourd'hui, les utilisateurs de mobile ont accumulé en moyenne 5 appareils. Mais la majorité des anciens modèles gisent dans les tiroirs de leurs propriétaires et ne sont pas recyclés. Selon une étude mondiale, diffusée en juillet 2008 et diligentée par le géant finlandais Nokia, il apparaît que très peu d'utilisateurs (3%) recyclent leur mobile inutilisé. La plupart (44%) conservent leur téléphone en fin de vie, voire le donnent à un proche (25%) ou le revendent (16%). Seuls 4% le jettent à la décharge. Ce sondage, conduit auprès de 6500 personnes résidant dans une sélection de 13 pays issus de l'Europe du Nord ou du groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine...), USA, Indonésie et Nigeria également inclus, a globalement constaté le manque d'informations des consommateurs. 74% d'entre eux ne pensent tout simplement pas à recycler leur mobile. Et lorsqu'ils y songent, près de 70% ne savent pas comment faire. Bref, en matière d'éducation des consommateurs, tout reste à faire. Enveloppes prépayées C'est tout le sens de la campagne locale d'accompagnement initiée par Nokia France à l'automne 2008. « En réalité la chaîne de recyclage existait déjà, commente Xavier des Horts, responsable communication et développement durable chez Nokia France. Maintenant, avec cette action en partenariat avec le WWF, il s'agit d'améliorer le processus de récupération des mobiles. » Mondial, le partenariat WWF/Nokia s'implémente pays par pays. Parmi les 150 pays où Nokia est présent, 85 ont mis en place des actions visant à augmenter le recyclage. A l'image de la Chine, l'Inde, la Finlande ou les Etats-Unis, près de 1000 points de vente et de service après-vente Nokia Care vont donc disposer en France de boîtes de collecte dédiées aux mobiles, similaires à celles destinées aux piles usagées. « Nous avons aussi rendu publique l'adresse de notre centre de retraitement, et fourni à nos distributeurs des enveloppes T, pré-payées, à remettre aux personnes achetant un nouveau mobile, détaille Xavier des Horts. Les consommateurs peuvent ainsi nous retourner leur ancien modèle, via de petits paquets qui vont transiter par la poste. » Pour chaque portable reçu avant la fin du 1er trimestre 2009, Nokia France versera 5 euros au WWF. L'équivalent de la préservation de 15 m2 de forêts alluviales ou de la réhabilitation de 5 m2 de vases de l'estuaire d'un fleuve comme la Loire, qui va bénéficier des fonds récoltés.
Orange et le WWF testent l'affichage écologique des téléphones
Bilan CO2, performance énergétique, substances dangereuses, réduction des déchets et préservation des ressources... Les cinq indicateurs environnementaux retenus se veulent simples et clairement informatifs. Première déclinaison concrète du partenariat signé en mars 2008 entre Orange et WWF France, cet affichage écologique a été élaboré par Bio Intelligence Service, un cabinet conseil spécialiste de l'éco-évaluation. Disponible en octobre 2008 pour une trentaine de téléphones fixes et mobiles, le principe sera généralisé à l'ensemble des produits d'ici mi-2009.
Matières premières ?
« Si les trois milliards de propriétaires de mobiles au monde retournaient ne serait-ce qu'un appareil, nous pourrions économiser 240 000 tonnes de matières premières. » L'estimation, communiquée par Markus Terho, directeur des affaires environnementales de Nokia, cadre l'enjeu réel du recyclage : il ne s'agit pas tant de réduire la quantité de déchets électroniques – un flux estimé par le PNUE, le Programme des Nations unies pour l'environnement, à 30 à 50 millions de tonnes par an, tous produits confondus. Plutôt de la canaliser, afin d'apporter de nouvelles sources d'approvisionnement en matières premières, en particulier en minerais précieux, et ne pas épuiser les ressources. Chaque téléphone portable contient en effet entre 500 et 1000 composants électroniques qui réclament l'extraction de l'or, du cuivre, de l'argent, et d'autres minéraux plus ou moins toxiques. Tel le coltan. « Une directive de 2006 oblige les entreprises à éliminer certains matériaux chimiques de leurs produits s'ils veulent les commercialiser au sein de l'Union Européenne. C'est pourquoi aucun produit en vente aujourd'hui ne contient de plomb, de chrome, de cadmium, de mercure, ni deux catégories de retardateurs de flamme bromés (RFB). Notre campagne demande à l'industrie électronique d'aller plus loin et d'éliminer toutes les substances toxiques, RFB et plastique PVC » explique Zeina Alhajj, responsable de la campagne Toxiques chez Greenpeace International. Pas seulement pour des questions de santé publique, mais aussi parce que la présence d'éléments comme le plomb, le PVC ou les RFB ne peuvent plus être recyclés. Ne laissant pas d'autre issue, alors, que l'incinération et/ou l'accumulation dans l'environnement. « A cause de toutes ses étapes d'extraction, de transport, de production, d'utilisation et, à la fin, de déchet en fin de vie, la responsabilité environnementale de ces entreprises est considérable, poursuit la chef de campagne de Greenpeace. La récupération de ses déchets est devenue le plus gros problème de l'industrie électronique. C'est pourquoi il est nécessaire de les pousser à produire des mobiles "verts", sans composants toxiques, afin de pouvoir totalement recycler ses élements. »
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