Polémique sur le passage à la norme ISO 14001 dans les hôtels Ibis
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Publié le 18-07-2005
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Dans le cadre de la certification ISO 14001, les directions de certains hôtels Ibis, appartenant au groupe Accor, ont invité leurs personnels à signer « pour information » des descriptions de postes allant bien au-delà des actions individuelles à mener pour contribuer aux objectifs environnementaux. Ces directions n'auraient pas utilisé le document type préparé par la direction de la qualité.
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En 2004, vingt hôtels d’Ibis France (groupe Accor) ont été certifiés ISO 14001. Près de 80 le seront en 2005 et, en juin 2006, la grande majorité des 150 hôtels de la chaîne devraient avoir franchi le pas. Les salariés de l’ensemble des hôtels certifiés ont suivi une demi- journée de formation afin d’être sensibilisés à leurs responsabilités individuelles en matière d’environnement et qu’ils se sentent concernés par les objectifs. A l’issue de ces formations, les salariés sont invités à signer, « pour information », un document, préparé par la direction de la qualité, qui précise quelle est la part de responsabilité individuelle dans la participation au tri des déchets, la réduction des consommations d’eau et d’énergie, le tout en respectant « les règles de confort client ». Objectif : s’assurer que le personnel comprend bien le sens de la norme ISO 14001 qui vient s’ajouter à la norme ISO 9001 mis en place courant 2003. Dans ce contexte, une centaine de salariés de plusieurs hôtels différents ont signé un descriptif de poste répertoriant l’ensemble des tâches (commercial, production, gestion) incombant à leurs fonctions. Pas moins de 38 tâches sont ainsi listées pour un poste de serveur mais seules 3 concernent l’environnement. « Nous appelons les salariés à ne pas signer ces descriptions de postes qui balayent le plus large possible. On y trouve mention par exemple du fait que les serveurs de la chaîne peuvent être amenés à assurer du service en chambre alors que ce n’est pas prévu. L’appel à signature de ces descriptifs de poste n’est pas le fruit du hasard », lance Doudou Konaté, coordinateur CFDT du groupe Accor. La direction reconnaît que les descriptifs de postes en question ne correspondent pas aux documents émanant officiellement de la direction de la qualité. « Il est possible que par souci de bien faire un directeur ait complété notre support plutôt que d’utiliser celui défini par la documentation ISO » avance Nadine Brousse, directrice Emploi-Formation à la DRH d’Accor hôtellerie. Les directeurs d’hôtels ont pourtant suivi une journée de formation sur les modalités de mise en place de la norme ISO 14001 qui prévoyait la remise d’un manuel de procédures.
Les organismes de certification comme l’ISO ne manquent pas de prendre en compte la façon dont les salariés intègrent les nouvelles responsabilités individuelles dans leurs activités opérationnelles. A partir de là, dans le cadre de ses démarches qualité, Accor fait signer, aux salariés concernés, des documents qui résument leurs fonctions en détaillant les responsabilités qualitatives et quantitatives associées aux postes. Le descriptif des tâches est moins étoffé que celui des fiches de postes, accessibles par ailleurs sur l’intranet ressources humaines. Pour un poste de réceptionniste par exemple 19 responsabilités, dont 3 environnementales, sont au programme. En 2003, au moment de la certification ISO 9001, les salariés avaient signé des fiches de postes labellisées par la direction de la qualité. « Sous couvert de la démarche qualité, la direction fait signer de nouvelles fiches de poste. Nous dénonçons cet amalgame », estime Doudou Konaté. La direction rappelle que la signature de ces documents, qui ne constituent pas des avenants aux contrats de travail, ne vaut pas acceptation. Reste que ces fiches de poste ne sont pas neutres. Elles témoignent d’une très grande diversité des taches à assurer et c’est sur ce référentiel que repose une partie de la promotion interne. Selon Elisabeth Muller, responsable assurance qualité et environnement d’Ibis, « le rappel des responsabilités de chacun s’inscrit dans une logique d’amélioration progressive. Il n’est pas question de sanctionner un salarié qui appliquerait mal les règles du tri sélectif ». Les nouvelles responsabilités environnementales qui accompagnent la certification ISO 14001 ne sont pas discutées par la CFDT. « Les salariés se sont bien appropriés les exigence de cette norme. ISO 14001 génère de la fierté », affirme Jean-Paul Philippon, le directeur général d’Ibis France. Les objectifs environnementaux d’Ibis France pour 2005 visent à ce que le tri sélectif concerne 35 % des déchets et que 50% des hôtels se dotent des réceptacles adaptés à chaque type de déchets. Une baisse de la consommation de papier de 5% est l’objectif affiché de même qu’une réduction de 1% de la consommation de kWh par chambre disponible alors qu’un programme de climatisation est en cours, et enfin, une baisse de 1% de la consommation d’eau par chambre. « Le cadre de la législation environnementale est parfois difficile à décrypter. Sans compter que certaines municipalités n’ont pas encore mis en place le tri sélectif » souligne Elisabeth Muller. Les objectifs d’Ibis France sont donc mesurés.
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Rodolphe Helderlé
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