|
L'unité de méthanisation de la fraction fermentescible des ordures ménagères de la région de Calais a été inaugurée le 8 décembre 2006. C'est la première installation en France capable de valoriser 100% des biodéchets (résidus alimentaires, graisses, déchets verts) des 160 000 habitants de l'agglomération. Le constructeur est Valorga International, filière du groupe espagnol Urbaser, spécialisé dans le traitement biologique des déchets. La production a débuté en février, avec une montée en charge progressive pendant six mois. L'usine doit " digérer " 27 000 tonnes de déchets par an, dont 1000 tonnes de déchets graisseux, en produisant de la chaleur et du biogaz. Elle complète le centre de tri des emballages, la plate-forme de collecte du verre et le réseau des déchèteries du Sevadec (Syndicat d'élimination et de valorisation des déchets du Calaisis). L'ensemble a été conçu selon une démarche HQE (Haute Qualité Environnementale), avec l'appui technique et financier de l'Ademe. Un projet initié en 1995
" L'objectif est de valoriser 50% de l'ensemble de nos déchets ", explique Christophe Guerre-Genton, directeur du Sevadec. " Nous devrions l'atteindre dès 2007, et respecter ainsi les règles du plan départemental d'élimination des déchets prévues pour 2011. " Le projet a été initié en 1995. Il s'inscrit dans les objectifs de 2011 du plan départemental d'élimination des déchets, qui vise à valoriser 50% de l'ensemble des déchets produits. L'investissement de 20 millions d'euros a bénéficié de subventions de l'Ademe (1 M€) de l'Union européenne (1,8 M€) et du conseil régional (95 000 €). " Après avoir étudié les différentes technologies de traitement des biodéchets, nous nous sommes tournés vers la méthanisation, qui avait l'avantage de pouvoir être mise en œuvre dans un environnement urbain très dense ", indique Christophe Bogaert, chargé de mission au programme valorisation matière de l'Ademe Nord-Pas-de-Calais. Le procédé retenu est une méthanisation en régime thermophile (55°C) avec un temps de séjours moyen de 21 jours et une agitation par injection de biogaz. Les déchets sont réceptionnés dans une halle mise en dépression et les graisses stockées dans une cuve. Une chaîne de préparation des déchets verts et biodéchets permet d'extraire les corps indésirables et de faciliter la dégradation de la matière organique.
Les déchets ainsi préparés sont introduits dans le digesteur, après ajout d'eau issue de la station d'épuration, pour atteindre un flux entrant à 28% de matière sèche et de graisse, en vue de réguler la production de biogaz. La chaleur, issue de la méthanisation des biodéchets, sert à accélérer le processus de décomposition, et chauffe les bâtiments du Sevadec. Si elle est excédentaire, elle pourrait même alimenter de futures serres agricoles, construites sur les réserves foncières du site. L'électricité, produite par un générateur de 950 kW à partir du biogaz, est revendue au réseau, à un prix plus élevé que le tarif d'achat à EDF. La production annuelle d'électricité est évaluée à 6600 MWh. L'unité de méthanisation va traiter les graisses alimentaires des restaurants d'entreprise, d'hôpitaux, et des établissements scolaires. 1000 tonnes seront collectées chaque année. Les graisses ont un fort pouvoir méthanogène. Elles stimuleront la fermentation des déchets verts, plus difficile à méthaniser, et permettront de réguler la production de l'unité pendant le week-end, lorsque la matière à traiter diminue. La collecte des biodéchets a été organisée par le Sevadec, qui a aussi informé les usagers sur la façon d'utiliser leurs quatre poubelles (verre, emballages, fermentescibles, tout venant). Un comité de suivi a été mis en place. Ses indicateurs permettent de vérifier le bon déroulement de la collecte, de la méthanisation, et la qualité des composts obtenus issus de l'unité.
|