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« Nous agissons dans les respect des directives nationales de notre tutelle, le ministère de l’industrie, qui nous imposent de mener des actions annuelles sur tel ou tel secteur industriel sensible pour l’environnement, comme les fonderies », explique Philippe Cottenceau de la DRIRE Bas-normande pour justifier le pourquoi de cette enquête. Six fonderies étudiées montrent une situation préoccupante. « Il faut tout de même relativiser les choses, poursuit-il, la situation de la Basse-Normandie est plus que favorable comparée à d’autres régions françaises plus industrialisées. Il reste encore quelques cas très préoccupants pour la pollution de l’air ou des eaux, mais les plus gros pollueurs normands, comme le centre de retraitement des déchets de La Hague, a considérablement réduit ses rejets de gaz». Des gestions à court terme qui pénalisent l’environnement La difficulté pour ces entreprises est de parvenir à concilier les impératifs de développement économique avec les investissements nécessaires au respect de l’environnement. L’exemple de la fonderie Sonofoque, implantée en pleine ville de Flers, dans l’Orne, est frappant à cet égard. Quelques semaines avant la publication du rapport de la DRIRE, cette usine cessait définitivement son activité. « Après un dépôt de bilan en 1995, nous avons repris cette entreprise à l’été 1997, sans aucune exigences environnementales de la part des pouvoirs publics, explique Michel Prod’homme, le responsable du site. A l’époque, cette usine n’avait pas reçu d’investissements productifs ou de mise aux normes environnementales depuis des années. Nous savions qu’à terme, nous devions déménager. Nous avions élaboré un plan de transfert vers deux sites, l’un à Roubaix, l’autre proche de Rennes, en ne conservant à Flers que les activités de finition, de peinture, de conditionnement et d’expédition des pièces. Malheureusement, deux évènements ont empêché sa réalisation : la contraction de l’activité dès la fin de 2001 et, en mars 2002, un incendie criminel dans nos locaux roubaisiens. Nous n’avons pas obtenu un sursis de la DRIRE. Dans ces conditions, j’ai déclaré l’entreprise en cessation de paiement en décembre dernier », raconte-t-il. L’arbre ne doit pas cacher la forêt Mise en redressement judiciaire, Sonofoque n’a pas d’autres choix que de se séparer de ses salariés. A moins qu’un repreneur viable ne se manifeste. Autre cas, celui de Pamco Industries à Pontchardon, dans l’Orne. Ici, un four électrique ne serait jamais amorti au vu des coûts de revient de la fonte produite. Ce processus de production se révèle beaucoup moins polluant que le four thermique utilisé, du fait de moindres rejets de gaz. Et puis, faute d’industrie métallurgique proche, l’usine ne peut travailler sur du métal de bonne qualité. Enfin, pareil four nécessiterait des flux électriques sans commune mesure avec ceux qu’EDF peut fournir dans ce département. Ces deux cas, extrêmes, ne doivent pas cacher la forêt des fonderies normandes efficaces et respectueuses de l’environnement. Tréffimétaux, l’usine Paul Durlach de Renault Trucks, proche de Caen, et quelques autres obtiennent des résultats remarquables, sans préjudice pour leur compétitivité internationale. Au prix d’une remise à niveau récente de leurs installations industrielles. Conclusion de Philippe Cottenceau : « La protection de l’environnement n’est pas incompatible avec le développement durable. Au contraire, l’histoire de Moulinex, jadis fleuron de l’industrie normande, l’illustre : les difficultés du fabricant de petit électroménager remontent à plus de vingt ans, période de non investissement général. Au bout du compte, trois des cinq usines régionales du groupe sont devenues obsolètes. Nous observons le même cas de figure dans certaines des fonderies étudiées ».
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