Les entreprises sont incitées à créer des emplois liés à l'écologie

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Publié le 19-01-2005

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Serge Lepeltier, ministre de l'écologie, débloque 20 millions d'euros pour financer la création d'un millier d'emplois dans les PME. Objectif : permettre à des jeunes diplômés d'accéder à l'emploi et aux entreprises de créer des fonctions dédiées à l'environnement.

A partir du 1er mars, les entreprises de moins de 250 salariés et réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros, pourront solliciter l’aide de l’Etat pour créer une fonction « environnement ». Plafonnée à 30 000 euros, cette aide correspond à 50% du salaire et des charges pour un emploi, pendant une année. En contrepartie, les entreprises doivent s’engager à recruter des jeunes diplômés (bac +2 et plus) des filières environnement, en contrat à durée indéterminée. Une mesure qui s’inscrit dans la stratégie française pour l’innovation, annoncée le 4 janvier dernier  par Jacques Chirac. « Beaucoup de jeunes diplômés de ces filières peinent à trouver un emploi dans leur domaine, explique Serge Lepeltier. Le dispositif doit leur permettre d’avoir accès à leur premier poste en entreprise ». Environ 5000 jeunes diplômés sortent chaque année des filières liées à l’environnement (IUT, universités, écoles d’ingénieurs), mais on ne compte actuellement que 20 000 cadres exerçant des fonctions directement liées à l’écologie dans les entreprises. Les opportunités d’emplois sont donc pour l’instant bien inférieures au nombre de candidats. Côté entreprises, le ministre entend « amorcer », par ce biais, une prise de conscience de leurs besoins. « Les fonctions crées par cette aide doivent aider les entreprises à s’engager dans cette voie, en les aidant à mieux évaluer leurs besoins, ceux de leurs clients et ceux du marché en général, souligne le ministre . Or, les petites et moyennes structures  ne prennent pas forcément le risque financier de recruter des salariés pour cela ». Les emplois crées devront être liés à la maîtrise de l’énergie, à l’environnement et au développement durable.

Faire une thèse avec l’ADEME
L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie propose en 2005 environ 80 bourses permettant à des étudiants de financer leurs travaux de recherche. Conditions : être étudiant, titulaire d'un DEA et âgé de moins de 30 ans ; avoir un projet de thèse portant sur l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables ou l’environnement…
Le montant est de 1 725 euros/mois.

Un éventail assez large, qui concerne aussi bien les études de marché que les démarches internes de reporting environnemental, l’éco-conception ou encore la veille réglementaire…Avec, au final, l’objectif de pérenniser ces activités au sein de l’entreprise, et de créer aussi un effet d’entraînement dans leur politique environnementale. Longtemps vécu comme un coût et une contrainte (les dépenses des entreprises pour la protection de l’environnement s’élèvent à 8 milliards d’euros par an)  l’environnement est de plus en plus perçu comme une opportunité économique. Selon un sondage IFOP/Ademe, « 70% des dirigeants de PME considèrent que le fait de mettre en place une politique environnementale et énergétique correspond à des visées commerciales en permettant d’améliorer l’image de l’entreprise, sa compétitivité, et de conquérir de nouveaux clients ».

Toutes les PME n’ont pas identifié, à l’heure actuelle, leurs besoins en la matière. En revanche, il s’agit pour certaines d’une obligation. Les sous-traitants des grands groupes sont en effet fortement incités, par leurs donneurs d’ordres, à engager des démarches environnementales, allant jusqu’à la certification ISO 14000. L’obtention d’un contrat est à ce prix chez bon nombre de grands groupes engagés dans une politique socialement responsable.
Par ailleurs, sur les 2,4 millions de PME en France, le ministère estime que les fonctions liées à l’environnement pourraient représenter entre 10 000 et 20 000 emplois. La totalité des emplois liés à l’environnement, tous postes et niveaux confondus, dans les entreprises françaises s’élève aujourd’hui à 300 000.

Véronique Smée
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