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Réduire la consommation d'énergie lors du développement, de la fabrication et du traitement des matières plastiques, tel est l'objectif du projet RECIPE (Reduced Energy Consumption in Plastics Engineering), lancé en janvier 2005 dans le cadre du programme européen Intelligent energy for Europe. Un programme qui doit soutenir, entre 2003 et 2006, avec un budget de 250 millions d'euros, des initiatives à l'échelle communautaire visant à une meilleure performance énergétique et à la promotion des énergies renouvelables. Le projet RECIPE réunit huit partenaires, des instituts de recherche et de veille technologique de six pays européens (l'Angleterre, l'Allemagne, l'Espagne, le Danemark, la Belgique et la France), chargés de recenser, auprès des 27 000 entreprises du secteur de la plasturgie qui emploie 1 million de personnes en Europe, les pratiques et les politiques énergétiques. Le secteur émet chaque année près de 30 millions de tonnes de CO2. Des études, menées au sein du secteur britannique, par le coordinateur anglais, Rapra Technologies, prouvent que des économies d'énergie peuvent être réalisées, et permettent d'ores et déjà aux partenaires de miser, par extrapolation, sur un minimum de 10 % de réduction des émissions, soit l'équivalent de 3 millions de tonnes de CO2 .
Initiatives françaises
L'opération E = MCE (Economies = Maîtrise des Consommations d'Energie et de l'Environnement) réunit, depuis 2003, EDF, la Fédération de la Plasturgie et l'ADEME. Elle propose aux entreprises (aux 100 premières candidates uniquement) de réaliser un pré-diagnostic (bilan environnemental et bilan énergétique), - et/ou un diagnostic énergie (étude détaillée avec campagne de mesures). A ce jour, près de 25 entreprises en ont bénéficié. Par ailleurs, un site proposant une veille environnementale réalisée par des plasturgistes (Fédération et syndicats), a été créé. Il s'agit du site www.enviroplast.org.
Sortir les dépenses énergétiques des charges fixes
Le projet prévu sur trois ans comporte plusieurs phases. Tout d'abord, jusqu'à fin 2005, un questionnaire sera envoyé au maximum d'entreprises concernées des pays partenaires et des autres pays européens, dont les nouveaux entrants. Ce questionnaire a pour but d'identifier et d'analyser des bonnes pratiques en matière de management énergétique. Pour inciter les entreprises à s'impliquer, l'argument économique est mis en avant. " Nous souhaitons démontrer aux entreprises qu'elles se trompent en estimant que les dépenses d'énergie sont des charges fixes, évaluées tout de même à près de 10 % de leur budget total. Nous voulons montrer qu'elles peuvent être réduites, c'est apparemment plus parlant que l'argument environnemental," explique Bruno Le Razer, du Pôle européen de la plasturgie, partenaire français. Pour obtenir des économies d'énergie, les partenaires savent déjà qu'une meilleure utilisation de l'existant ou le recours à de nouvelles technologies peuvent avoir des résultats probants. Ainsi, sur certains outillages, un refroidissement plus optimal permet de réduire un temps de cycle et donc de limiter la consommation d'énergie. Mais cela peut signifier que l'entreprise doit s'équiper de machines permettant cette économie. " Evidemment, nous travaillons chacun de notre côté à l'estimation de ce retour sur investissement pour l'entreprise, précise Bruno Le Razer, afin de la convaincre d'agir. "
Des questionnaires, un site et un guide
Les questionnaires ont déjà été envoyés en Angleterre et aux Pays-Bas, avec quelques premiers retours. En France, ils devraient partir bientôt, à destination des trois zones majeures de l'industrie de la plasturgie (Rhône-Alpes, avec 600 entreprises concernées, Pays de la Loire et Ile de France - Normandie). Une information ciblée est diffusée aux syndicats professionnels et à la Fédération de la Plasturgie française, qui propose déjà deux programmes de management environnemental (voir encadré). Pour partager les connaissances acquises à travers le programme, un site Internet a été créé. On y trouve le questionnaire type, comme des outils de réduction d'énergie ou des documents sur des programmes existants, comme Envirowise en Angleterre. A terme, le projet RECIPE permettra la réalisation d'un guide des bonnes pratiques, pour améliorer l'impact environnemental d'une activité industrielle souvent montrée du doigt pour ses produits (l'emblématique sac plastique de sortie de caisse) ou les ressources qu'elle utilise (le débat qui fait rage sur le recours au PVC issu du chlore, et les dangers liés à son cycle de vie)... " Nous avons deux problèmes majeurs, confirme Bruno Le Razer, sur lesquels planchent nos chercheurs, ils concernent en effet le recyclage plus optimal des matières plastiques dont aucune n'est à ce jour totalement biodégradable, et par ailleurs le remplacement du pétrole dans les ressources d'origine, en raison de sa raréfaction annoncée. Nous travaillons par exemple sur l'incorporation de fibres naturelles. "
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