IBM voit des économies en grand avec Big Green

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Publié le 15-09-2008

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IBM, alias « Big Blue », cherche à reverdir ses activités via le programme « Big Green ». Un programme qui conjugue réduction des coûts et repositionnement de l'entreprise grâce à des centres informatiques écologiques, affichant 42 % d'économies d'énergie. Mais dans la foulée, IBM semble économiser aussi sur les salaires et les budgets affectés aux ressources humaines. Enquête.

Annoncée en mai 2007, la stratégie Big Green représente pour IBM un investissement de 1 milliard de $ par an. Soutenue par une armada de 850 ingénieurs informatiques spécialistes de l'efficacité énergétique, Big Green affiche des objectifs ambitieux. De l'ordre de 42 % d'économie d'énergie pour un centre de données de 2 300 m2 par exemple.

Depuis 2006, la consommation électrique de ces « datas centers » est devenu l'indiscutable priorité des responsables informatiques. La demande croissante en puissance machines - un parc en hausse de + 15 % par an - et le renchérissement du prix de l'énergie dessinent un scénario « noir », où les coûts d'exploitation s'envolent. La consommation d'énergie au m2 d'un centre de données est 10 fois supérieure à celle d'un immeuble de bureau. Aujourd'hui, selon le cabinet d'analystes IDC, à chaque dollar investi dans du matériel informatique, il faut ajouter 50 cents pour l'énergie et le refroidissement des ordinateurs. Un budget susceptible d'augmenter encore de 50 à 70 % d'ici 2012. Les causes d'un tel emballement énergétique ? La déperdition électrique des serveurs en fonctionnement, dissipée sous forme de chaleur et qui génère le recours à la climatisation, et la redondance des équipements de sécurité environnants, serveurs ou alimentations de secours, nécessaires à la fiabilité 24/24 de l'ensemble de l'infrastructure informatique.

Centres écologiques

Un an après les engagements relatifs à Big Green, les datas centers verts fleurissent chez IBM avec, chaque mois ou presque, l'annonce de nouvelles réalisations exemplaires. A Uitikon par exemple, près de Zurich, en Suisse, l'entreprise américaine reconvertit pour un hébergeur helvète un ancien bunker en centre de stockage de données. Là, la chaleur perdue (2800 MW/heure, l'équivalent des consommations en eau chaude et chauffage de 80 maisons) sera récupérée et destinée à chauffer la piscine municipale. Ailleurs, aux Etats-Unis, c'est pour son propre compte qu'IBM a rénové son principal centre de données nord-américain. Opérationnelle depuis mai 2008, l'installation compte 7 000 m2 « à haute efficacité énergétique », sur une surface totale de plus de 10 000 m2. Situé dans un immeuble de bureaux du campus de Boulder, Colorado, le chantier a repris 98 % du bâti, recyclé 65 % des matériaux présents et installé 25 % de produits issus du recyclage. L'apport d'énergie éolienne, la présence de systèmes de ventilation double flux et à refroidissement liquide promettent une efficience accrue de 40 %.

La méthode « Big Green » repose sur une approche en 5 points, intégrée et couvrant l'ensemble des chantiers. D'abord une étape de diagnostic thermique , la plus fine possible et destinée à mesurer les flux d'air et identifier en temps réel les points chauds et froids de l'installation. Suivent l'installation de solutions et matériels d'économies d'énergie (fournis par un réseau de partenaires comme Schneider Electric, PG&E, etc.) et la virtualisation des systèmes d'information, afin de diminuer le nombre de serveurs « physiques » utilisés par client. Le volet gestion n'est pas oublié avec le déploiement d'une suite logicielle maison, baptisée Cool Blue, capable d'optimiser automatiquement les consommations d'énergie des machines. Le refroidissement lui-même constitue enfin le dernier levier d'innovation, notamment à partir de nouvelles techniques de froid appliqué au bâtiment comme aux processeurs, agissant par capillarité.

Selon IBM, 2000 clients ont déjà bénéficié de la démarche Big Green au cours de l'année passée, entraînant la construction de 40 centres de données « verts ».


Maîtrise des coûts…au plan social aussi

L'enjeu pour IBM n'est rien moins que doubler la capacité de calcul de ses centres de données actuels, sans hausse de la consommation électrique ou de son empreinte carbone. Un gain « virtuel » estimé à 5 milliard de kiloWatt/heure par an. De fait, l'objectif de l'entreprise, à la fois fabricant de serveurs et prestataire de services, n'est pas de faire des économies sur les dépenses existantes. Plutôt de maitriser ses coûts afin de préserver la croissance à venir du marché. Egalement en vigueur sur le terrain social, cette maîtrise des coûts a cependant des conséquences sur le niveau des salaires et des effets pervers induits. « L’an dernier, 50% du personnel seulement a eu une augmentation à hauteur de 2,2% » s’insurge Frank Setruk, délégué syndical CFE-CGC. Du coup, le moral des salariés est au plus bas, d’après le dernier baromètre interne (voir article lié).

Maxence Layet
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