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Le groupe a commencé en janvier la vaste tâche de relever ses émissions dans six pays (réalisant 80% du chiffe d’affaires total). Le cabinet d’audit, chargé de vérifier le sérieux de ce relevé, ne doit pas être cité, précise-t-on à la tête du groupe, car il n’a pas encore signé le contrat... Avec ou sans auditeurs, les émissions des agences du groupe en France, au Royaume-Uni, En Espagne, aux Etats-Unis, au Mexique et en Inde, ont été chiffrées à 32.382 tonnes d’équivalent carbone en 2006, en suivant le GHG Protocol (norme internationale du World Business Council for Sustainable Development). La compensation financière de ces émissions s’élèvera donc à 323.820 euros ou bien…. le double (647.640 euros). Le coût des projets de reforestation soutenus pas le groupe n’a en effet pas encore été évalué et « oscillera entre 10 et 20 euros la tonne de CO2, selon les territoires et les espèces d’arbres concernés » déclare l’ONG partenaire du groupe, la Fondation Natura, à Barcelone. Sur les trois initiatives qui seront soutenues par le groupe, au Brésil, en Indonésie et à Madagascar, les deux dernières n’ont pas encore commencé à stocker de carbone, puisqu’elles sont encore à l’état de projets. Celle au Brésil est plus palpable, car il s’agit de conserver la forêt primaire atlantique déjà existante. « 20 à 25% des émissions de gaz à effet de serre proviennent de la déforestation. L’éviter est plus urgent encore que la reforestation » explique Stefan Esser, du programme changement climatique à la Fondation Natura. Moins 20% d’émissions d’ici 2009
Normalement, la première étape d’un programme de compensation carbone, consiste à réduire au maximum ses émissions et de compenser financièrement les seules émissions « irréductibles ». Pour prouver sa bonne volonté, Havas affiche cependant un objectif ambitieux : réduire de 20% ses émissions de CO2 d’ici 2009. Cependant, le manque de plan opérationnel pour y arriver laisse dubitatif. Certes, Havas a les compétences en interne pour communiquer et entend « ne pas être le cordonnier le plus mal chaussé ». Pourtant la campagne de sensibilisation interne se résume pour l’instant par l’envoi de messages par mails ainsi qu’une présence sur l’intranet, incitant à recycler le papier, éteindre les lumières et les ordinateurs... Aucun objectif de réduction par poste d’émission n’est encore annoncé (énergie des bâtiments, déchets, papier et voyages d’affaires) y compris pour les voyages en avion, qui est le principal levier d’action : 57% des émissions du groupe en proviennent. Bref, on compte surtout sur l’enthousiasme collectif et l’initiative personnelle pour faire bouger les habitudes… Une initiative de management, originale et concrète, mérite cependant d’être soulignée : un concours interne récompensera en effet l’agence qui aura réalisé le plus de progrès en envoyant ses salariés au Brésil, visiter le projet de compensation. A l’heure où gouvernements et ONG questionnent le sérieux de certains organismes de compensation, la responsable d’Havas veut faire confiance à une université locale pour vérifier que l’argent investi se traduira par un stockage effectif de carbone et savoir comment les tonnes compensées seront évaluées. N’y étant pas obligée par le protocole de Kyoto, Havas ne passera pas par le Mécanisme de Développement Propre, certifié par l’ONU. « Un processus long et coûteux. Plus d’argent ira ainsi directement aux projets » explique Stefan Esser. Mais en provisionnant entre 10 et 20 € la tonne compensée, cette dernière affiche pourtant des prix dépassant largement la fourchette du marché relevée par The Climate Group (entre 3,88 et 8,04 dollars/t CO2)…
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