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Sur les 1 594 garages implantés entre Seine-Maritime et Eure, 77 (dont une vingtaine d'artisans indépendants) bénéficiaient de l'appellation " Relais vert auto " à la fin d'année 2002. Si la Chambre de métiers s'efforce d'informer tous les artisans de l'automobile (concessionnaires, ateliers, garagistes), elle ne peut en aucun cas les contraindre à s'engager dans cette voie. " L'objectif n'est pas d'attribuer la marque Relais vert auto aux 1 600 garages de la région ! Mais de les aider progressivement à devenir propres et à se valoriser auprès de leurs clients, tout en respectant la réglementation ", indique Jean-Pierre Koltalo, chargé de l'environnement à la Chambre régionale de métiers de Haute-Normandie. Celle-ci n'intervient donc qu'auprès des patrons de garage qui en font la demande, en réalisant gracieusement un pré-diagnostic environnemental de leur établissement. Un processus d'évaluation gratuit
Ce document, d'une trentaine de pages en moyenne, répertorie les éventuels manques du garage en matière de traitement des déchets, mais aussi de la gestion de l'eau, de l'énergie, de l'air, des bruits, de la sécurité et d'une façon générale du management environnemental de l'entreprise. Il conseille aussi le dirigeant de l'établissement sur les améliorations environnementales à apporter, classées par ordre de priorité. " Il faut rassurer les garagistes sur le fait que ce document est gratuit et confidentiel. Dans le même temps, nous sommes obligés de leur faire confiance quant à la véracité de leurs déclarations ", reconnaît Jean-Pierre Koltalo.
Une fois la procédure achevée, le garage trie et élimine correctement ses déchets, et reçoit en conséquence gratuitement les éléments de communication lui permettant de s'afficher comme " Relais vert auto " : mât et drapeau, affiches, prospectus client, tableau d'affichage, charte graphique informatique. Garagiste et agent Citroën à Bernay, dans l'Eure, Patrick Lauvrière a ainsi obtenu le label " Relais vert auto " en décembre 2002. " Il y avait un flou sur la juridiction concernant la dépollution ", rapporte-t-il. " J'ai assisté à l'automne à une rencontre organisée par la Chambre des métiers sur le sujet, ce qui m'a ensuite permis de constituer un dossier environnemental ". Interrogé sur ses motivations pour obtenir un label " Relais vert auto ", le directeur de l'établissement précise qu'il s'agit avant tout de se conformer à la législation. Et ajoute que son entreprise était en voie de certification ISO 9001 ; le volet environnemental entrait donc, de toute façon, dans les procédures à respecter. Une addition difficile à faire payer aux clients
Quant à la motivation des clients à privilégier un garage propre plutôt qu'un autre, Patrick Lauvrière estime que cette démarche est a priori marginale parmi sa clientèle. " Le problème, pour l'instant, est que le garage prend à sa charge les frais de tri et d'enlèvement. Les clients ne sont pas, selon moi, prêts à participer au surcoût. Plutôt que de détailler sur la facture le prix du recyclage pour chaque élément, j'ai préféré augmenter le taux horaire afin de m'y retrouver financièrement ", précise le patron de cet établissement. " Le prix moyen ne dépassera pas 5 euros par pièce usagée ", estimait pour sa part Francis Davoust, président du Comité national de l'environnement automobile, interrogé par l'AFP en novembre 2002. Car un garage propre a évidemment un coût : création ou rénovation des installations de l'atelier, notamment pour installer des doubles cuves étanches de récupération des huiles ; mais aussi, enlèvement par des prestataires agréés des déchets. La loi précise en effet " qu'un bordereau de suivi de déchets industriels (BSDI) est obligatoire si le volume de déchets dépasse 100 kg par mois ou par chargement enlevé ". Le garagiste doit en garder copie durant trois ans en cas de contrôle par la DRIRE (direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement). " Or, il n'existe pas beaucoup d'entreprises agréées pour le moment ", regrette Patrick Lauvrière, qui y verrait un moyen de faire diminuer les coûts d'enlèvement. Au total, son entreprise a investi 3 800 euros pour la rénovation des bacs d'huile et de rétention des eaux, ainsi que l'installation de poubelles différentes selon les matériaux à jeter.
Partenaire des " Relais vert auto ", l'Agence de l'eau Seine-Normandie peut également aider financièrement les entreprises réalisant des investissements qui limiteront la pollution des eaux et des sols. " Il existe cependant de fortes inégalités selon les régions. Car certains conseils régionaux subventionnent jusqu'à 50 % du transport des déchets ", note Jean-Pierre Koltalo qui estime entre 12 000 et 15 000 euros par an le surcoût pour un garage de deux salariés.
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