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Comment limiter la distribution de sacs plastiques aux caisses ?

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Publié le 24-03-2005

La décharge d'Entressens (Greenpeace)
La décharge d'Entressens (Greenpeace)

Le ministre de l'écologie, Serge Lepeltier, a créé en février dernier un groupe de travail sur les sacs de caisse réunissant élus, producteurs, distributeurs, associations et ministères concernés. Aujourd'hui en France 18 milliards de sacs sont distribués par an malgré les engagements pris par les enseignes en 2003.

Malgré l'engagement pris fin 2003, par plusieurs grandes enseignes de réduire la distribution de sacs de caisse à usage unique d'ici 2006, aujourd'hui encore 18 milliards de sacs plastiques sont distribués chaque année en France. Pour le WWF, qui fait campagne pour leur élimination, plusieurs milliards d'entre eux finissent dans la nature et ils mettront 400 ans à se dégrader. Un an après la mise en place du "Plan national de prévention des déchets", Serge Lepeltier, ministre de l'Ecologie et du Développement Durable, a annoncé le 11 février 2005 la mise en place d'un groupe de travail sur les sacs de caisse.

Réunissant des élus, des représentants des ministères concernés, des fabricants de sacs, des représentants de la distribution, des associations de consommateurs, des ONG et l'Ademe, ce groupe a pour objectif de dresser un diagnostic de la situation, de définir les objectifs à atteindre et de proposer des actions concrètes pour y répondre. Joaqim Henry, représentant du MEDD, assure "Nous avons tout l'appui de M. le ministre pour mener à bien cette démarche et il souhaite que ça aille vite. Une première réunion a déjà eu lieu. Il s'agit de trouver les actions conjointes qui peuvent être menées."

Des parties prenantes aux enjeux divergents

Tandis que les ONG souhaitent la disparition des sacs plastiques, les distributeurs cherchent à faire des efforts pour limiter leur nombre alors que l'industrie plasturgique n'a d'intérêt dans aucun de ces scénarios. Serge Orru de l'association des Amis du vent qui a été à l'origine du référendum corse sur l'abolition des sacs plastiques par la grande distribution rappelle "Quand en 1999, nous avons lancé la campagne halte aux sacs plastiques personne n'y croyait et contre toutes attentes nous y sommes arrivés." (voir article lié)

Il précise également : "En France c'est Edouard Leclerc, le premier a avoir mené une action sur le sujet pour des raisons qui reposaient à la fois sur la possibilité de ne pas payer la taxe éco-emballage, sur l'occasion d'une bonne communication et aussi sur sa responsabilité environnementale. Et si en Corse ça a marché, c'est parce que toutes les enseignes de distribution ont suivi." Pour cela il a fallu proposer des alternatives et finalement elles distribuent toutes le même sac réutilisable. Le sac a tellement de succès qu'il fait figure de "collector" auprès des touristes.

Problème : le sac corse est fabriqué en Chine. Si la démarche des insulaires a obligé les distributeurs à une réflexion -leur engagement de 2003 en témoigne- le syndicat de la plasturgie, lui, est resté à la traîne. "Le sac Corse aurait pu être fabriqué dans l'Allier, là où se trouve la plupart des fabricants," commente Serge Orru. Mais même si cela avait été le cas, aurait-on pu obliger les distributeurs à acheter français ?

Proposer des solutions valables pour tous

Face à la multiplicité des acteurs concernés et la complexité du problème, le MEDD a donc choisi de réunir toutes les parties prenantes. Pour Joaqim Henry,"cela est nécessaire quand le sujet lie à la fois des enjeux économiques, politiques et écologiques. Nous savons que le groupe ne parlera pas d'une seule voix. Mais mettre en place un groupe de travail peut permettre de régler les choses de manière plus consensuelle, car de toute évidence on ne peut pas faire les choses tout seul de notre côté," et il ajoute "le ministère élaborera ses stratégies et ses actions en fonction des résultats fournis par ce groupe de travail."

Pour Serge Orru, "le ministre ne pourra pas prendre la décision de supprimer les sacs plastiques. Il va devoir tenir compte des intérêts de chacun et trouver un compromis. De toutes façons, je suis d'accord sur le fait qu'on ne peut pas décider de supprimer des milliers d'emplois dans l'industrie du plastique."  A ses yeux, la mort du sac plastique arrivera un jour d'autant plus que le pétrole, matière première du sac plastique, deviendra de plus en plus rare. En ce sens, il propose, outre l'arrêt du sac de caisse à usage unique, la création d'un fond pour aider la plasturgie française à se réorienter sur le sac réutilisable et qu'une aide vienne soutenir les associations environnementales oeuvrant dans ce domaine.

La décharge à ciel ouvert d'Entressens près de Marseille illustre régulièrement les problèmes de pollution posés par les sacs plastiques. Elle recueille les déchets de la communuaté urbaine marseillaise et quand le mistral souffle très fort, il envoie sur toutes les terres environnantes des centaines de milliers de sacs plastiques qui s'accrochent aux arbres. Illégale, la décharge doit disparaitre mais dans les six derniers mois, à deux reprises, 150 à 200 hectares ont été pollués selon la mairie d'Istres.

Christophe Brunella
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