Casino se lance dans l'étiquetage environnemental de ses produits
En juillet dernier, le leader britannique de la distribution Tesco avait annoncé la mise en place d'une « étiquette carbone », indiquant les émissions de CO2 pour chacun des 70 000 produits qu'il commercialise. Le groupe Casino vient de lui emboîter le pas, en décidant d'évaluer l'impact environnemental de ses marques propres pour en afficher le résultat.
Près de 3000 produits issus de la marque Casino sont concernés par ce nouvel étiquetage environnemental, qui donnera pour chacun d’eux les émissions de CO2 liées à la fabrication de l’emballage, les possibilités de recyclage, ainsi que les kilomètres parcourus par le produit. Par ailleurs, un code couleur (du vert au rouge) sera décliné selon l’ampleur des impacts environnementaux associés au produit, à l’image de l’étiquette énergie. La méthode de calcul a été mise au point par la société BIO Intelligence Service et validée par l’ADEME, qui soutient techniquement et financièrement ce projet. La collecte des données a débuté en janvier 2007auprès des 450 fournisseurs directs de Casino et de leurs propres fournisseurs, afin de couvrir l’ensemble du cycle de vie des produits, depuis les matières premières jusqu’au point de vente final. En tout, 3000 produits devraient donc être concernés par cet étiquetage environnemental, qui sera mis en place progressivement sur 2008. L’objectif étant de donner une information lisible permettant aux consommateurs de faire un choix plus éclairé.
Pour y parvenir, les 3 partenaires du projet expliquent avoir choisi des indicateurs liés au cycle de vie de produit (quantité de déchets d’emballage, km parcourus, taux de recyclage) et facilement vérifiables. A titre d’exemple, un emballage de 4 filets de cabillaud pourrasit porter les informations suivantes : «37g de CO2 émis pour la fabrication de l’emballage », « 3000 km parcourus », « 38% de l’emballage sera recyclé compte-tenu du taux actuel de tri des ménages » et « 89% de l’emballage est recyclable si on trie tous ».
Bilan carbone chez Tesco
Par précaution, la pertinence des indicateurs et la lisibilité des informations seront testés au préalable sur les consommateurs avant d’être retenus définitivement. Le groupe Casino espère, à terme, pouvoir enrichir ces premiers critères par des informations sur la consommation d’eau et d’énergie nécessaires à la fabrication des produits, leur bilan carbone ou encore la quantité de pesticides utilisée s’agissant de l’alimentaire.
Propres au groupe Casino, les indicateurs et l’étiquetage choisis diffèrent de ceux qui ont été annoncés en juillet dernier par Tesco, le leader britannique de la distribution (voir article lié). Le groupe anglais affirme en effet vouloir mettre en place, à terme, une étiquette carbone pour tous les produits alimentaires qu’il distribue. 70 000 produits sont concernés par cette initiative, mise en œuvre avec l’appui du ministère de l’environnement et de Carbon trust, une agence spécialisée qui a mis au point la méthode de calcul des émissions carbone utilisée en Grande–Bretagne. L’étiquette carbone est d’ores et déjà disponible sur les paquets de « Croustilles » vendus par Tesco, indiquant qu’un paquet de chips de 35 grammes équivaut à 75 grammes de CO2. "La meilleure manière permettant actuellement aux consommateurs de saisir l'impact qu'ont les produits qu'ils achètent sur l'environnement est de calculer la distance parcourue, mais également de prendre en compte des facteurs aussi importants que sont les matériaux de base utilisés, le procédé de fabrication et la fin de vie des produits", a précisé Carbon Trust dans une interview au Guardian. La méthode mise au point -proche de celle de Casino dans son analyse du cycle de vie-, pourra être utilisée par les entreprises qui veulent s’inscrire dans la même démarche que Tesco. Les entreprises Walkers (agro-alimentaire) et Boots (pharmacie et cosmétiques) se sont déjà portées volontaires pour appliquer cette méthodologie à leurs produits. Seul bémol à ces initiatives, un risque potentiel de confusion face à des étiquetages environnementaux hétéroclites, qui pourraient à terme « noyer » la compréhension des consommateurs, et au final s’avérer peu efficaces.
Véronique Smée
Mis en ligne le : 05/09/2007 © 2009 Novethic - Tous droits réservés
|