Aventis Pasteur veut encourager ses salariés à laisser leur voiture au garage

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Publié le 31-03-2003

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Le laboratoire fabricant de vaccins implanté à Marcy-L'etoile, dans la banlieue de Lyon, a signé une convention sur les plans de déplacement d'entreprise avec les transports en communs lyonnais et l'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), pour favoriser le co-voiturage et améliorer la desserte de son site par autobus. Un projet ambitieux dont l'issue dépendra surtout des compensations financières pour les employés et la société.

700 000 déplacements domicile-travail s’effectuent chaque jour dans Lyon et sa banlieue. Sur ce total, plus de 80% de ces trajets sont assurés par des voitures. Outre les nuisances en terme de pollution ou de bruits qu’ils engendrent, ce flot de véhicules « pose un problème de qualité de vie et d’environnement à tous les habitants. L’engorgement des axes de circulation nuit aussi à tous ceux qui ne disposent pas d’une voiture pour se déplacer », explique Bernard Perralta, président du Sytral (Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l’agglomération lyonnaise).

Quasiment autant de voitures que de salariés

Cet emploi intensif de l’automobile a des conséquences beaucoup plus gênantes pour une entreprise, comme le constate avec une pointe d’humour Guy Tépaz, d’Aventis Pasteur : « Les effectifs du site de Marcy-L’Etoile ont été multipliés par deux en dix ans, et aujourd’hui, lorsque nous recrutons un salarié, nous recrutons aussi sa voiture. Le parking, d’une capacité de 1 800 places pour 2 300 salariés, est menacé de saturation, et les terrains entourant l’entreprise sont rares et chers. » Quant aux transports en commun, leurs horaires et leurs trajets conviennent de moins en moins aux contraintes de flexibilité d’une telle usine, ou l’horaire classique 9h00-18h00 tend à disparaître.

Pourtant, cette situation pourrait changer d’ici un an, puisque Aventis-Pasteur, l’Ademe, le Sytral et la SLTC (Société lyonnaise de transports en commun) ont signé, le 18 septembre 2002, une convention pour promouvoir les plans de déplacements d’entreprise (PDE). « Nous avions engagé une réflexion sur les trajets domicile-travail des salariés, poursuit Guy Tépaz, responsable de ce projet, L’Ademe souhaitait s’associer avec des entreprises pilotes sensibles aux enjeux des plans de déplacements d’entreprise, et s’engageait à financer la moitié de leur coût, estimé à 68 600 euros. ».

Un plan d’action tripartite

Après avoir mené une enquête interne auprès de salariés volontaires, le laboratoire pharmaceutique a élaboré un plan d’action articulé autour de trois axes : le développement du co-voiturage, le renforcement des lignes de cars propres au groupe et la création d’une nouvelle liaison par car entre Marcy-L’Etoile et Gorges aux Loups, point de convergence de toutes les lignes de métro.

En premier lieu, pour réduire le taux d’utilisation en solo des voitures (75% des salariés du site utilisent leur propre véhicule), il faut offrir aux employés « un système de garantie de retour au moyen d’une vraie bourse d’échanges sur les messageries internes : si j’arrive le matin avec la voiture d’un collègue, je dois être sur de pouvoir repartir le soir avec lui ou quelqu’un d’autre en cas d’empêchement du premier convoyeur », explique Guy Tépaz.

Quant à la promotion des transports en communs, cela passe aussi par l’exploration de nouveaux itinéraires, de manière à raccourcir les temps de trajets. De même, Aventis et le Sytral devront aussi plancher sur la fréquence des liaisons et une meilleure adaptation de leurs horaires aux rythmes de l’entreprise.

Un frein : la fin de la gratuité des transports

Avant de devenir réalité, ce projet doit recueillir l’adhésion de l’ensemble des salariés concernés. « Tous les moyens d’informations de l’entreprise sont employés pour mieux faire connaître le réseau des transports en commun, ses horaires et ses avantages », explique Bernard Rivalta. Ensuite, il faudra entreprendre un gros travail de persuasion pour convaincre le personnel d’Aventis.

« Ce volet du projet risque de rencontrer certaines résistances, puisque dans le système actuel, les transports domicile-travail sont gratuits, concède Guy Tépaz. Cela devrait certes entraîner une charge supplémentaire pour l’entreprise, mais elle devrait être compensée par le gain de flexibilité procuré. » conclut-il.

Bernard Rivalta, lui se veut un peu plus optimiste : « En renonçant à la gratuité, les salariés recevront un abonnement valable sur toutes les lignes de bus et de métro de l’agglomération lyonnaise à un prix préférentiel, une partie étant payée par l’entreprise, l’autre par le Sytral ». Huit mois après la signature de la convention, les partenaires travaillent actuellement à sa mise en œuvre, qui pourrait être effective au début de 2004.

Vincent Millet (Filigrane Press)
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