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Sur cette base, Jean-Luc Dabi a bâti son système de prévention des marées noires. "Le système est installé au préalable aux quatre angles de la tranche latérale, à bâbord et à tribord du navire, ce qui permet l’extraction du fioul quelle que soit la position du navire au fond de l’eau," explique l’inventeur du système. Concrètement, le procédé mis au point par JLMD System consiste à connecter les cuves du navire immergé à celles d’un navire en surface, au moyen d’un robot sous-marin, puis d’ouvrir les vannes et de laisser l’eau pénétrer sous pression via les orifices situés au plus bas des cuves du navire immergé. "L'eau de mer refoule le fioul encore chaud des cuves du navire immergé, vers les cuves du navire de surface. Sa viscosité reste faible grâce, entre autres, à la possibilité d’intervention rapide due à la pré installation de notre système de "vidange"," précise Jean-Luc Dabi. Le JLMD System offre ainsi un accès immédiat aux cuves du navire immergé et permet de récupérer rapidement son contenu. Selon le concepteur, "moins d’une semaine suffit pour vider les cuves du navire immergé à partir de la connexion du tuyau d’extraction." La démonstration théorique apparaît convaincante quand on sait que, pour l’Erika, plus de dix mois ont été nécessaires aux entreprises de pompage pour récupérer le contenu du navire. C’est d’ailleurs à la suite du naufrage de ce navire que Jean-Luc Dabi a imaginé ce système de prévention des pollutions. Grâce au soutien d’un investisseur privé, il dépose un premier brevet à l’INPI (Institut national de la propriété intellectuelle) en janvier 2001. Il finalise alors une première levée de fonds et affine son outil. Il reçoit en février 2003 la certification du bureau Véritas qui confirme que le système n’entre pas en conflit avec les exigences des réglementations maritimes. Place ensuite à la reconnaissance officielle, axe clé du développement de l’entreprise. "Par l’entremise de Nicole Fontaine, ministre déléguée à l’industrie, la direction des affaires maritimes doit nous apporter son soutien lors de la prochaine réunion du comité de protection de l’environnement marin (EMEPC), instance de l’Organisation maritime internationale (OMI). La France soutiendra donc le projet en tant qu’État," souligne Marina Péré, responsable de la communication de JLMD Ecologic Group. Le Cedre (Centre de documentation de recherche et d’expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux) et la CEPPOL (Commission d’études pratiques de lutte antipollution) ont également reconnu l’intérêt et la validité du système en termes de prévention.
Un test en grandeur nature au premier trimestre 2004
Fort de cette reconnaissance, JLMD Ecologic Group ne manque pas d’ambitions et annonce un objectif, en 2006, de 14 clients et 82 navires à double coque de moins de 10 ans équipés, soit 7% du marché (8 000 pétroliers sont aujourd’hui en circulation). Pour l’heure, trois clients se sont engagés : deux armateurs au Qatar et un armateur français installé en Grèce. "Dans le milieu maritime, on commence à parler d’une alternative. Et ce, même si, les armateurs sont difficiles à convaincre. Ils veulent d’abord savoir quel sera le coût de l’opération avant de connaître les avantages sur le plan environnemental. Or, le coût du JLMD System s’élève à moins de 2 % de la valeur d’un navire. Une somme infime quand on la compare aux sommes dépensées a posteriori des marées noires, à l’exemple des 300 millions d’euros de TotalFinaElf pour l’Erika," fait remarquer Marina Péré. La possibilité d’installer le JLMD System sur tous les navires, y compris ceux en circulation – lors d’opération de maintenance – est un autre argument fort. L’entreprise ne ménage d’ailleurs pas ses efforts pour se faire connaître, notamment par le biais de la mission économique (antenne du ministère du commerce extérieur dans le monde). Reste que, si le procédé a été validé sur une maquette au 1/100ème, aucun test en grandeur nature n’a été effectué. Il doit avoir lieu au cours du premier trimestre 2004 lorsque JLMD équipera le navire d’un armateur français. il sera décisif pour valider le procédé et convaincre des clients potentiels. Cela sera-t-il suffisant ? Probablement pas. "Dans l’absolu, il faudrait qu’un navire équipé de notre système soit accidenté et que l’on puisse récupérer son fioul afin de démontrer l’efficacité du procédé," n’hésite pas à affirmer Marina Péré. "Cependant, la solution au problème réside dans une loi qui obligerait les armateurs à équiper leurs navires du JLMD System. Ce serait alors un véritable tournant dans le domaine de la prévention de la pollution maritime par accident."
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