JO : bâtiments verts et carton rouge sur les libertés

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Publié le 13-08-2012

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Le bilan des JO de Londres après la cérémonie musicale de clôture du 12 août reste nuancé. Sur le plan extra-sportif, le pari du développement durable semble surtout gagné côté équipements. Le bénéfice des JO est beaucoup plus discutable sur l'impact en termes de promotion du sport auprès des jeunes Anglais et surtout du respect des libertés publiques.

L’Angleterre a désormais son "ambassadeur pour l'héritage des jeux". Il s’agit de Sebastian Coe, l’ancien médaillé olympique qui a piloté l’organisation des JO de Londres. Le premier ministre britannique lui a confié cette mission lors de la clôture des Jeux. A 55 ans, il va devoir réfléchir à la meilleure façon d’exploiter les 10 milliards de bénéfices que l’Angleterre espère retirer de l’ opération de communication exceptionnelle que sont les JO. La pratique du sport chez les jeunes sera un dossier prioritaire. Sebastian Coe a déclaré « Nous sommes probablement la première génération de parents plus en forme que leurs enfants". Il espère contribuer à promouvoir le sport à l'école primaire. Il permet de prévenir l’obésité en associant avec une meilleure alimentation. A l’issue des Jeux, David Cameron s’est engagé à mettre les sports collectifs au programme de la prochaine rentrée scolaire dans son pays où 27 % des enfants sont en surpoids (14 % en France). Au palmarès des perdants des JO, dressé par le Wall Street Journal, la Grande-Bretagne arrive première du classement, parce qu’elle est particulièrement mauvaise en sports collectifs dont le hand-ball et le volley-ball, que ce soit au masculin ou au féminin !

Bâtiments démontables

Aménagé sur une ancienne zone industrielle défavorisée de l’est de la capitale, le parc olympique est démontable. Après le départ des athlètes et des centaines de milliers de visiteurs étrangers, la moitié des 2 800 appartements du village olympique seront loués à la population défavorisée du quartier. Les habitants de l’est de la capitale vont aussi hériter de transports modernisés, d’un centre commercial, d’une piscine et d’un parc. La rivière Lee a été nettoyée, et devrait être transformée en refuge de la biodiversité. Il faudra un an en principe pour démonter les infrastructures olympiques et cela devrait coûter 380 millions d'euros. Deux équipements sont encore en quête de reconversion : le stade qui fait l’objet d’un appel d'offres et le centre de presse. La situation économique anglaise est loin d’être florissante et il faudra une embellie pour qu’il puisse être transformé en centre d'affaires ce qui est prévu. Enfin le pavillon de basket où les Français ont obtenu leur médaille d’or de hand-ball, pourrait faire la transition avec les prochains jeux et être à nouveau utilisé à Rio en 2016.

Libertés publiques menacées

Stéphane Van Gelder, président de l’ICANN, l’organisation qui gère l’attribution des noms de domaine sur Internet, a décerné la médaille d’or de la censure aux JO de Londres. Dans une chronique publiée fin juillet sur le Journal du Net, il expliquait que  « pour organiser les Jeux Olympiques, le CIO a obligé Londres à se plier à des règles drastiques et à signer un contrat lui octroyant les pleins pouvoirs : lois d’exception, police privée, contrôle des médias, fermeture de commerces, tweets et pages Facebook sous contrôle, police du langage et de l’habillement…"Jeux Olympiques" est devenu une expression contrôlée qu’on ne peut utiliser sans accord préalable ni sans avoir payé la redevance imposée. » Cette situation, peu commentée dans les chroniques sportives, est due à l’adoption  par l’Angleterre du London Olympic Games and Paralympic Games Act, sorte de loi d’exception qui s’applique pendant les jeux et qui a transféré au Comité olympique et à une autorité ad hoc, l’Olympic Delivery Authority, l’ensemble des missions de sécurité, d’accès aux infrastructures et de protection des intérêts des sponsors. Selon Stephane Van Gelder cela permettait tout moment, à ses agents d’entrer chez les commerçants comme dans les entreprises privées « pour y effectuer les contrôles qu’ils jugent nécessaires et détecter les utilisations considérées illicites des mots, logos et signes distinctifs associés aux "Jeux Olympiques".
Selon les spécialistes des JO, le CIO a besoin d’une dictature ou d’un pays ultralibéral pour imposer ce type de règles. Le Brésil répétera-t-il le scenario londonien ? Réponse en 2016, à Rio.

A.C.Husson-Traore
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