Jeux olympiques : objectif medaille verte

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Publié le 08-08-2012

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London 2012

Les JO de Londres ont misé sur le vert ! Si le programme des Nations-Unies pour l'Environnement a approuvé les diverses initiatives concernant les infrastructures, le choix des partenaires officiels reste la questions la plus controversée.

Les cinq anneaux olympiques ont tous la même taille, mais Londres a voulu faire briller le vert. Ils se terminent le 12 août, et ont été placés sous le signe du développement durable.
Ces jeux seront « les plus verts jamais organisés », avait claironné le Premier ministre britannique Tony Blair après le choix de la capitale britannique, en 2005. Depuis 1999, le Comité international olympique dispose d’un Agenda 21, première démarche à effectuer quand on se targue d’être concerné par le développement durable.
En 2004, il a même fait de l’environnement le troisième pilier de l’Olympisme, au côté du sport et de la culture.
Mais ces JO franchissent un pas supplémentaire. Dès le dépôt de sa candidature, le comité d’organisation londonien, le Locog, avait fait la promesse d’organiser les premiers Jeux olympiques et paralympiques durables. Son projet Towards a One Planet 2012, s’est même largement inspiré du concept du WWF One Planet Living, une initiative réunissant gouvernements, entreprises et particuliers, et proposant des solutions qui permettent de vivre dans les limites naturelles de notre planète.

Une norme « management durable » créée pour l’événement

Pour accompagner l’organisation des jeux, la British standards institution a élaboré dès 2007 la norme BS 8901 qui prend en compte l’impact environnemental de l’organisation d’un événement (et pas seulement l’événement en lui-même) : choix du lieu, gestion de la chaîne logistique, approvisionnement, communication, logements, constructions, transport, etc.
En janvier de cette même année, une Commission pour des Jeux durables, indépendante du comité d’organisation britannique et première du genre, a été créée pour s’assurer du respect de BS8901. Cette norme va être transposée, le 15 juin, au niveau international sous l’appellation ISO 20121. Les JO sont le premier événement d’ampleur à se prévaloir de ce principe qui « vise à inciter les organisateurs de manifestations de tous types – célébrations locales ou “méga événements” comme les Jeux Olympiques – à laisser un héritage positif aux générations suivantes », explique Fiona Pelham, présidente du comité technique qui a élaboré la norme ISO 20121.

Dans le parc olympique, l’eau de pluie est recueillie avant d’être réutilisée. Les athlètes et visiteurs ont essentiellement des aliments bios et locaux à se mettre sous la dent. Ils sont incités à jeter leurs gobelets de thé dans la poubelle à compost, disposée en de nombreux endroits du site à côté de deux autres bacs : celui destiné aux produits recyclables et l’autre aux déchets qui ne le sont pas mais qui seront, en vertu du principe « zéro déchets », transformés en énergie.


Afin d’éviter l’explosion du budget global des jeux (environ 11 milliards d’euros), le comité d’organisation a limité les constructions qui risqueraient de tomber rapidement en ruine, faute d’utilisation. « Quand cela était possible, ils ont utilisé des lieux existants, comme Wimbledon. Lorsqu’il y avait une réutilisation possible, ils ont construit de nouveaux lieux : le stade et la piscine olympiques, le Vélodrome. Et lorsqu’ils n’ont pu identifier de besoins pour une réutilisation future, ils ont construit des lieux temporaires dans des lieux symboliques, comme Hyde Park », énumère Béatrice Eastham, directrice de Green événements conseil, (agence événementielle éco-responsable) qui a suivi de près les préparatifs des JO.

Un quartier entier dépollué et réhabilité

Les constructions nouvelles ne se sont pas faites n’importe comment, avec n’importe quoi. Le parc olympique a été aménagé sur une ancienne zone industrielle défavorisée de l’est de la capitale. Deux millions de tonnes de sols polluées ont été nettoyés et réutilisés sur place, afin d’éviter des transports coûteux en énergie. Les matériaux choisis pour la construction ont un faible contenu en carbone, pour réduire au maximum les émissions de CO2. Par exemple, la structure du stade olympique est élaborée à 75% avec des matériaux légers, du béton à faible densité carbonique, du polymère recyclable et du chanvre. L’édifice sera démantelé à l’issue des Jeux.
Après le départ des athlètes et des quelque 400 000 visiteurs étrangers attendus, la moitié des 2 800 appartements du village olympique seront loués à la population défavorisée du quartier.

Médaille d’or du développement durable ?

Les habitants de l’est de la capitale vont aussi hériter de transports modernisés, d’un centre commercial, d’une piscine et d’un parc de la superficie de Hyde Park. La rivière Lee a été nettoyée, et il est prévu de la transformer en refuge de la biodiversité. En somme, les organisateurs ont déjà remporté la médaille du développement urbain durable. Pour Béatrice Eastham, « avec ces JO, on est assurément à un tournant ». Et même si le simple fait que des masses de visiteurs débarquent puis repartent en avion n’est pas franchement « développement durable », les JO font tout pour limiter leur impact environnemental. Applaudissons.


Mais… la flamme olympique a brûlé du gaz naturel, au lieu du biogaz ou des copeaux de bois promis initialement. Ensuite, un projet d’éolienne sur le site a été abandonné, ce qui fait chuter de 20% à 12% la part d’énergie d’origine renouvelable.  Mais ce sont surtout les sponsors qui ont terni l’image des jeux. S'ils apportent la moitié du financement, certaines entreprises ont généré des polémiques et des campagnes de protestation.

Pétitions anti-sponsors 

BP, mis en cause pour la marée noire du golfe du Mexique, et Dow Chemical, repreneur d’Union Carbide, responsable de la catastrophe de Bhopal en Inde, qui a fait 25 000 morts en 1984 et qui fait toujours l'objet de poursuite pour assumer ses responsabilités. Sur la liste noire des associations de protection de l’environnement et des travailleurs figure aussi Rio Tinto, le géant minier anglo-australien qui fournit l’acier entrant dans la composition des médailles olympiques. Des syndicats miniers se sont réunis en un collectif pour dénoncer des fermetures d’usine.
Une pétition circule contre la présence de BP parmi les sponsors et Meredith Alexander, responsable d’Action Aid, a démissionné en janvier 2012 de la Commission pour des Jeux durables, afin de marquer son opposition à la présence de Dow Chemical. Cette dernière a renoncé à faire figurer son logo sur le stades parmi les partenaires des Jeux.


Ces entreprises sont accusées de se racheter une image en participant à une manifestation censée promouvoir le fair play et de solidarité. L’un de ceux qui tapent le plus fort est David Nussbaum, le responsable du WWF britannique. Dans un post cinglant sur le blog de l’ONG, qui était rappelons-le un des partenaires initiaux des jeux, il écrit : « Londres 2012 a fait des choix peu judicieux pour ses partenaires en développement durable avec, nous le suspectons (les contrats sont confidentiels), des critères de durabilité insuffisants. Ceci a (…) réduit la crédibilité de l’événement sur les problématiques vertes. (...) Nous disons que les sponsors n’ont pas mérité leur place en tant que partenaires durables de jeux verts. Ils l’ont achetée. »
« Bien sûr que sponsoriser les jeux est une manière pour eux de s’offrir une image. Mais faut-il exclure d’emblée des secteurs entiers de l’industrie qui ne collent pas a priori à la philosophie des Jeux ou vaut-il mieux les embarquer dans une dynamique positive vers plus de développement durable ? », interroge Béatrice Eastham de Green Evénements Conseil.
Le débat est ouvert mais pendant les Jeux, on a surtout parlé des résultats sportifs.

Alexandra Bogaert pour Terra Eco
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Cet article est initialement paru sur terreco.net le 7 juin Cet article est initialement paru sur terreco.net le 7 juin

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