« Le Brésil a développé des exigences fortes en matière d'environnement »

Planète \Rio+20

Publié le 25-06-2012

Partagez : Partager sur LinkedIn Partager sur Twitter Envoyer cet article à un ami Imprimer
Olivier ledru
Olivier ledru

Egis, filiale à 75% de la Caisse des Dépôts et à 25% de Iosis Partenaires, spécialisée dans l'ingénierie des infrastructures et des bâtiments, développe ses activités au Brésil via l'acquisition de l'entreprise Vega, un des leaders du marché brésilien du rail. Olivier Ledru, directeur de Vega, était présent à Rio+20. Il nous explique les enjeux environnementaux et sociaux auxquels les entreprises brésiliennes sont confrontées.

Novethic : Egis a acquis fin 2011 l’entreprise brésilienne Vega, qui détient plusieurs certifications environnementales et sociales. Pourquoi s’est-elle engagée dans ce processus ?
 
Olivier Ledru : Vega est effectivement, depuis un an, certifiée ISO 14001, 18000 et SA8000. C’est une demande d’un de nos clients, le groupe minier Vale, qui a subi de vives critiques pour le non respect des standards RSE et dont l’image est toujours entachée aujourd’hui .Vale impose désormais à ses fournisseurs ces certifications sociales et environnementales. On voit ici de grands groupes qui sont en fait très avance par rapport à l’Europe et notamment à la France. Pour nous, c’est un avantage considérable car le processus de certification implique une forte organisation dans l’entreprise, et une bonne gestion, ce qui n’est pas toujours le cas dans les sociétés brésiliennes.
 
Le pays lui-même est-il exigeant en la matière ?

Les exigences des différents Etats brésiliens sont très fortes en matière de réglementation environnementales, avec de vraies contraintes d’étude d’impact, la protection des populations indigènes et des zones archéologiques s’ajoutant à la dimension environnementale. La prise de conscience est déjà ancienne. Ce qui explique que les clients importants de Vega aient de fortes exigences au moment des appels d’offre. Par ailleurs le Brésil a développé des pratiques environnementales depuis longtemps, par exemple, le tri sélectif dans les lieux publics date des années 80. En matière d’énergie, l’électricité du  pays est issue à 80% de la production hydraulique et le carburant provient à 50% de combustibles non fossiles, comme l’éthanol ou le biodiesel. Cette politique a été lancée bien avant que certains pays Européens ne s’y intéressent.
 
Quel est le niveau de réglementation environnementale au Brésil ?

Le Brésil a adopté des réglementations strictes en matière d’environnement, appliquées par des agences présentes dans chaque état fédéré. Elles disposent d’un pouvoir considérable pour donner ou non leur autorisation à des projets économiques. Leur pouvoir de blocage est réel, les études d’impact sont très poussées et ce système tient une grande place au Brésil, au point que certains projets n’avancent pas, ou sont bloqués. De même, les droit des indiens sont garantis par la loi et le volet sociétal des projets doit faire l’objet de nombreuses études.
 
Quelles sont les domaines les moins avancés en matière de développement durable dans le système brésilien ?

La gouvernance est très insuffisante, voire très fragile et constitue un obstacle au développement de projets d’infrastructures. Par exemple, la ville de Sao Paulo qui compte 12 millions d’habitants ne dispose que de 70 km de métro, quand la seule ville de Paris en a 200…
Le Brésil a absolument besoin de développer ces infrastructures, qu’elles soient routières, ferroviaires, fluviales, portuaires et aéroportuaires. Mais, sauf quelques exceptions, les projets ne se font pas, ou sont retardés, car les étapes de validation avec les autorités publiques sont très longues, en raison de complexes jeux de pouvoir, politique entre autres, mais aussi de la corruption qui constitue un réel problème pour les acteurs économiques. Les entreprises du green business en pâtissent comme les autres.
 
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez?

Nos activités sont au cœur des problématiques liées au développement des territoires, à la protection de l’environnement et à l’accompagnement des autorités locales. A ce titre la difficulté des projets ne tient pas tellement aux solutions techniques, que nous parvenons à trouver, mais à la faisabilité des projets et à la complexité des jeux d’acteurs. Au Brésil, comme dans tous les pays où Egis travaille, notre rôle aujourd’hui dépasse la seule maîtrise d’œuvre. Nous devons de plus en plus jouer un rôle de médiateur entre les parties prenantes, qui implique de savoir débloquer des situations et des conflits, donc d’acquérir de nouvelles compétences.
 
 
Que peuvent attendre les entreprises d’un sommet comme Rio +20 ?

Les entreprises n’ont pas attendu que le concept d’économie verte soit reconnu par la communauté internationale… Ces activités se développent déjà depuis longtemps. Reste à savoir si les technologies vertes suffisent à garantir le développement durable dans un sens global…Par ailleurs, le texte adopté à Rio n’impose rien. En fait, le travail est réalisé en amont, les entreprises ont identifiés les leviers et les contraintes qui pèsent sur l’économie verte ; il s’agit surtout pour elles de convaincre les représentants politiques de lever les obstacles.

Propos recueillis par Véronique Smée
© 2012 Novethic - Tous droits réservés
Partagez : Partager sur Facebook Partager sur Twitter Envoyer cet article à un ami Imprimer

Articles sur le même thème

Rendez-vous sur Facebook Suivez-nous sur Twitter Rendez-vous sur Facebook Rendez-vous sur Facebook
Novethic sur votre mobile
Le Centre de Recherche
ISR
» A propos de l'ISR
» Les études ISR
» Les chiffres de l'ISR
» Le Label ISR Novethic
» La liste des fonds ISR
» L'Essentiel de l'ISR
RSE
» A propos de la RSE
» Les études RSE
» Repères RSE
Conférences
» Les débats thématiques
» Le colloque annuel
English
» Studies and Events
Outils
» Formations développement    durable
» Bibliographie
» Glossaire
Presse