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Surprise au siège d’Europe Ecologie-Les Verts. Eva Joly, annoncée comme battue d’avance selon les sondages, devance finalement le médiatique Nicolas Hulot avec 49,75% des voix contre 40,22%. Il s’en est même fallu de peu pour qu’elle devienne candidate officielle du parti dès le premier tour. « On a failli être en vacances pour 63 voix », ironise Yannick Jadot, le porte-parole de l’équipe de campagne de l’ancienne magistrate, après l’annonce des résultats. Avant d’ajouter qu’il « reste néanmoins serein » quant à la suite des événements même s’il « va falloir continuer à se mobiliser. » Quant à Yves Cochet, qui soutenait Nicolas Hulot, il concède une certaine déception mais garde lui aussi espoir. « Les votes peuvent changer, il n’y a pas de report automatique. » Une réponse aux pronostiqueurs qui imaginent déjà les voix de Stéphane Lhomme (4,44%*) et d’Henri Stoll (5,02%) revenir à Eva Joly au second tour. « Il faut réfléchir au score envisageable à l’élection présidentielle et Hulot a plus de potentiel », ajoute-t-il. Les cartes sont donc rebattues pour le second qui sera lancé dès le 30 juin par un débat public des deux candidats à Grenoble. Les militants auront ensuite jusqu’au 7 juillet à minuit pour les départager. Mais ce n’est que le 12 juillet que le candidat EELV de la présidentielle sera définitivement connu. Des primaires à suspens Si les résultats provoquent autant de surprise, c’est qu’à la fin 2010, après les élections européennes et régionales, tout semblait pourtant joué d’avance. L’ancienne magistrate Eva Joly se portait candidate pour représenter le nouveau parti issu de la fusion entre Les Verts et Europe Ecologie à la présidentielle. Un choix stratégique pour celle qui incarnait le pont entre les deux structures en étant soutenue par les ténors des deux partis. En mai 2010, Daniel Cohn-Bendit déclarait ainsi à l’AFP : « pour moi personnellement, Eva Joly incarnerait Europe Ecologie dans ce qu’elle a d’ouverture et surtout c’est une candidature très éthique. […] Eva Joly est une bonne candidate » tandis que Cécile Duflot renchérissait en septembre au grand rendez-vous Europe 1-Le Parisien : « on peut dire qu’Eva Joly est une candidate qui est largement soutenue pour être probablement notre candidate ». Tout a basculé ensuite avec l’entrée en lice de Nicolas Hulot. Après quelques mois de valse hésitations, et s’être assuré que le vote serait ouvert aux non adhérents du parti, l’ancien animateur d’Ushuaïa et créateur de la Fondation pour la nature et l’homme (ex fondation Nicolas Hulot) s’est finalement déclaré le 13 avril dernier. Une candidature impensable pour Stéphane Lhomme, militant anti-nucléaire et ancien porte-parole du réseau « Sortir du nucléaire », pour qui le médiatique Hulot, qui plus est tardivement engagé dans la cause anti-nucléaire, ne pouvait décemment pas représenter la cause écologiste. Résultat, entre le 11 et le 24 juin, les militants écologistes devaient choisir entre 4 personnalités : Eva Joly, Nicolas Hulot, Stéphane Lhomme mais aussi Henri Stoll, un élu alsacien qui s’était porté candidat dès décembre 2010 mais dont l’aura médiatique était bien moindre que ses concurrents. Polémique et sondages érronés Outre la bataille entre les différents candidats, les primaires ont également été entachées de nombreux conflits sur le processus de vote. Les camps Joly et Lhomme ont ainsi regretté la possibilité de vote par Internet, peu sécurisé selon eux, et qui avait d’ailleurs été écarté lors des élections des instances du parti. Le parti s’est ainsi vu reprocher l’inscription en ligne de plusieurs milliers de personnes sans justificatifs d'identité. Puis l'arrivée dans le parti de 700 personnes présentées comme des anciens adhérents du Mouvement écologiste indépendant (MEI) d'Antoine Waechter, qui a crée la polémique, car selon eux, ce parti ne comptait pas plus de 150 adhérents. D'autant qu’Antoine Waechter soutient Nicolas Hulot… Tous les sondages récents -qu’ils soient réalisés auprès de sympathisants ou sur l’ensemble des Français- donnaient Nicolas Hulot grand vainqueur de ces primaires. Le dernier réalisé par Viavoice entre le 16 et le 18 juin créditait Nicolas Hulot de 63% des votes contre 28% pour Eva Joly. Il faut croire que les militants et les sympathisants en ont décidé autrement. * 25 437 personnes ont participé au vote soit 77,33% des inscrits. 10163 (40,22%) ont choisi Nicolas Hulot, 12 571 (49,75%) Eva Joly, 1269 personnes (5,02%) ont voté pour l’alsacien Henri Stoll et enfin 1172 (4,44%) ont suivi Stéphane Lhomme. A noter : 94 bulletins blancs et 163 bulletins nuls.
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