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En matière d’écologie, les campagnes se suivent mais ne se ressemblent pas ! En 2007, le Pacte écologique de Nicolas Hulot recueillait les signatures des candidats, qui s’engageaient symboliquement à instaurer plusieurs mesures environnementales majeures s’ils étaient élus. Cinq ans plus tard, c’est le nucléaire, essentiellement, qui cristallise les débats. De l’accord passé entre François Hollande et EELV aux différents scénarios évoqués pour sortir – progressivement- du nucléaire, les autres grands débats environnementaux ont été jusqu’ici singulièrement absents. Rien ou presque sur le changement climatique, la responsabilité sociale des entreprises, la biodiversité ou les sujets qui concernent le lien entre santé et environnement. La réduction de l’usage des pesticides, qui intéresse particulièrement les Français, n’est pas évoquée. Des réponses auront cependant été apportées sur ces sujets par les ONG qui ont questionné les candidats. Humanité et biodiversité (ex- Ligue Roc) a ainsi obtenu des réponses des différents candidats en matière de biodiversité, d’agriculture durable, l’éco-conditionnalité des aides, etc. Le résultat s’avère décevant pour l’association que préside Huber Reeves : « l’ambition des candidats est timide, ils éprouvent de réelles difficultés à se projeter dans l’avenir. Et la mise en œuvre des propositions manque quant à elle de réalisme et de technicité : les prises de position des acteurs économiques et sociaux sont rarement prises en compte, le rôle des collectivités n’est presque jamais abordé, les candidats restent globalement très flous sur la façon dont ils envisagent concrètement d’atteindre leurs objectifs », observe l’ONG. Défense du « made in France » S’agissant de la responsabilité sociale des entreprises et de la gouvernance internationale, le CCFD dresse à peu près le même constat, excepté pour le programme d’Eva Joly et de Jean-Luc Mélenchon. « Les candidats font tous le constat de l’absence de régulation de la mondialisation, mais les réponses apportées se focalisent sur la question de l’emploi et de la compétitivité des pays émergents », commente à ce sujet Antonio Manganella, chargé de plaidoyer RSE au CCFD. Par ailleurs, la défense du « made in France », très présent dans la campagne, évince la question de la responsabilité des multinationales françaises dans leurs activités à l’étranger. « On oppose artificiellement ce qui est produit en France et à l’étranger, or ce raisonnement n’a pas de sens dans une chaîne de production mondialisée. Dans la même veine, vouloir comme le proposent tous les grands candidats, imposer des taxes et des droits de douane pour les produits importés des pays émergents serait illégal du point de vue de l’OMC et des directives européennes... », analyse Antonio Manganella. Autres grands absentes des programmes, les questions de gouvernance et la lutte contre les paradis fiscaux restent l’apanage d’EELV et d’Eva Joly, qui fait de la lutte contre les paradis fiscaux, le secret bancaire et la corruption une priorité de son programme, et de Jean-Luc Mélenchon qui met en avant la régulation financière et la lutte contre les paradis fiscaux. « Mais concernant les autres candidats, personne n’évoque la question de la liste officielle des paradis fiscaux, qui est un sujet non résolu, observe Mathilde Dupré, chargée de mission au CCFD. Aujourd’hui cette liste ne mentionne que 18 petits territoires*. Ils sont vus comme un phénomène marginal, qui viendrait certes perturber l’économie, mais sans que les candidats n’évoquent le vrai sujet, celui de la présence des entreprises dans les paradis fiscaux ». Enfin, si les ONG ont pu jouer un rôle en 2007, portées par le succès du Pacte écologique de Nicolas Hulot, elles restent aujourd’hui discrètes. La dynamique est retombée, comme c’est souvent le cas dans un contexte économique et social difficile. La crise a relégué l’écologie au rang des préoccupations secondaires, notamment des medias, et ce même si les associations et les partis écologistes tentent de montrer le lien entre les deux.
* Le 12 avril, la France a publié une nouvelle liste de paradis fiscaux, réduite à 8 territoires.
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