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A 39 ans, Delphine Batho hérite d’un ministère de plein exercice après avoir été initialement nommée ministre déléguée à la Justice le 16 mai dernier, poste qu’elle aura occupé un mois. Cette nomination crée la surprise, la nouvelle ministre de l’Ecologie n’étant pas une spécialiste de l’environnement. Avec le bac pour seul diplôme, cette ancienne présidente de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne est devenue vice-présidente de SOS Racisme de 1992 à 1998 et secrétaire nationale chargée des questions de sécurité au PS de 2003 à 2008. Proche de Ségolène Royal, elle a obtenu un score très honorable aux dernières législatives -53,18%- dans la 2e circonscription des Deux-Sèvres, que lui a confiée Ségolène Royal en 2007. Cette nomination déroute bon nombre d'acteurs de l'écologie. Agir pour l'environnement a ainsi réagi en expliquant qu'« en pleine conférence internationale de Rio+20, ce changement est loin d’être la décision la plus judicieuse qu’ait prise le nouveau premier Ministre français. Le jour de la fête de la musique, le remplacement de la ministre de l’écologie ressemble à une valse hésitation. Agir pour l’Environnement s’étonne que le ministère de l’écologie puisse servir de variable d’ajustement dans un jeu de chaise musicale qui n’est pas à la hauteur des crises écologiques. Le ministère de l'écologie ne peut et ne doit pas être un lot de consolation !» déplore l'ONG. «Ce changement rapide envoie un mauvais signal en ce qui concerne la prise en compte des enjeux environnementaux par la nouvelle majorité. (…) Ce remaniement intervenant juste après une série de messages contradictoires du gouvernement à propos du projet de forage en Guyane, il est difficile de ne pas voir l’éviction de Nicole Bricq comme la conséquence possible d’un lobby efficace mené par l’industrie pétrolière», analyse pour sa part FNE. Quand à Jean-Vincent Placé, sénateur d'EELV, il estime qu'il s'agit du « premier bémol du gouvernement». « Alors qu'elle s'était très bien installée depuis un mois, qu'elle connaît très bien les question de l'écologie, qu'elle était déjà très appréciée des associations et des ONG, je ne comprends pas très bien quel est le signal envoyé », a-t-il déclaré dans une interview sur Europe 1. Nicole Bricq quitte quant à elle l'écologie pour le commerce extérieur, une nomination qui surprend moins dans la mesure où l'ex-sénatrice est une spécialiste des questions d'économie et de finance internationales.
Par ailleurs ce mini-remaniement offre à Guillaume Garot député PS de Mayenne, l’opportunité de devenir ministre délégué en charge de l'agroalimentaire, sujet qui a pris une importance considérable ces dernières années. A 46 ans, proche collaborateur de Ségolène Royal il est l’autre « surprise » de ce remaniement.
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