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« C’est la première fois que nous avons une telle mobilisation de nos bénévoles. Nous sommes très agréablement surpris » explique Marine de Hass, chargée de plaidoyer local pour les élections législatives au CCFD-Terre Solidaire qui porte « 16 propositions pour un monde plus juste », classées en quatre thèmes : Evasion fiscale, responsabilité des multinationales, souveraineté alimentaire et droit des migrants. La lutte contre l’évasion fiscale est le thème le plus mobilisateur. Une trentaine de formations ont été dispensées à une centaine de bénévoles «C’est très encourageant parce que les candidats sont demandeurs de notre expertise. Ils sont souvent impressionnés d’avoir dans leurs régions des interlocuteurs capables de débattre sur des sujets comme les accords bilatéraux ou les impacts environnementaux, sociaux et de droits humains des multinationales. Ils nous proposent de nous revoir régulièrement » précise Marine de Hass. Avec 25 réunions qui mobilisent chaque fois 200 personnes et plus de 200 candidats ayant signé tout ou partie de leur pacte, la campagne politique "pour un monde plus juste" marche plutôt bien et traverse les clivages politiques. Seuls les partis ayant une représentation parlementaire ont été sollicités et ceux qui ont répondu portent différentes étiquettes. Anticor, organisation de lutte contre la corruption, a adopté la même stratégie pour appeler les futurs élus à signer sa charte éthique. Plus de 500 d’entre eux se sont publiquement engagés sur divers principes d’intégrité, d’exemplarité et de transparence démocratique. Les candidats à la députation signataires sont même autorisés à utiliser un logo « signataire de la charte Anticor » dans leur matériel de campagne. Là encore les groupes locaux de l’organisation sont allés à la rencontre des hommes et des femmes politiques pour obtenir leur signature. La liste des noms est accessible sur le site Internet.
Campagnes décentralisées
Ces deux expériences témoignent de l’efficacité des stratégies décentralisées qui ne relèvent en rien des consignes nationales données par tel ou tel parti. La stratégie centralisatrice semble beaucoup moins efficace comme l’a constaté Transparence International France. Elle s’est adressée aux secrétaires généraux des principaux partis en lice en leur demandant de relayer auprès de leurs candidats ses 7 propositions pour renforcer l’éthique de la vie publique. « Nous avons reçu deux réponses seulement du Parti Radical et du Nouveau Centre et le nombre de signataires montre clairement que dans les autres cas, il n’y a pas eu de relais sur les engagements que nous proposons » explique Myriam Savy de Transparence International France.
A quelques exceptions près, les ONG environnementales, elles, n’ont pas fait des législatives un enjeu spécifique de campagne. France Nature Environnement (FNE) milite pour la «territorialisation de la transition énergétique » et a organisé trois grands débats régionaux sur l’agriculture, la précarité énergétique et la biodiversité auxquels participent des candidats de tous bords. Sortir du Nucléaire a adopté une ligne plus radicale et dresse sur son site la liste des « députés les plus radioactifs » que l’ONG appelle à ne pas réélire. Mais l’enjeu du moment est plutôt la conférence environnementale que prépare le gouvernement pour le mois de juillet. Cinq ONG spécialisées dans la santé environnementale (Écologie Sans Frontières- Générations Futures, - Réseau Environnement Santé, Respire et Robin des Toits) ont, par exemple, créé le 6 juin 2011 « Le Rassemblement pour la planète ». Ce pool d’ONG destiné à agir comme un syndicat a pour but affiché de mettre ce sujet à l’ordre du jour de la conférence. « L'enjeu est de faire comprendre que la crise du système de santé est une crise sanitaire, liée à l'épidémie des maladies chroniques, et qui est elle-même la conséquence du mode de vie à l'occidental » explique André Cicolella, président du Réseau Environnement-Santé. Quoi qu’il en soit les citoyens désireux de se prononcer les 10 et 17 juin prochains sur d’autres critères que la seule étiquette politique peuvent consulter les listes des candidats engagés, publiés sur les sites Internet de toutes ces organisations (voir liens ci-dessous).
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