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Dans l’ombre du covoiturage, l’autopartage tente de trouver la formule magique. Le principe de départ était relativement simple : une voiture particulière reste, selon les statistiques, 90 % de sa vie en stationnement. Le calcul est le suivant : plutôt que sept habitants d’un même quartier acquièrent chacun leur voiture, autant que ces sept personnes – qui ne travaillent pas toutes aux mêmes heures, certaines à proximité d’autres en périphérie, tous n’ont pas les mêmes habitudes de sortie et souhaitent réduire leur usage de la voiture – se partagent la propriété et l’usage d’une seule voiture. Le bilan économique est positif: six voitures disparaissent ou sont évitées sur la route et chacun des sept utilisateurs revoit son usage au strict nécessaire. A partir de cette logique, des associations, puis des coopératives se sont lancées dans le développement de l’activité un peu partout en France. Puis ce furent les loueurs de voiture comme Hertz ou Avis, les sociétés délégataires des transports publics (Transdev-Véolia, Kéolis), les transporteurs (SNCF), mais aussi les constructeurs automobiles (Citroën). Les voitures se réservent sur Internet jusqu’au dernier moment, elles sont stationnées sur des places réservées et sont équipées d’un système informatique qui leur permet d’être démarrées par tout abonné au service.
Nouveaux usages
Simple d’utilisation, le service demande cependant de gros investissements. Et si 47 % des Français voient dans l’autopartage une formule d’avenir selon un sondage TNS Sofres, le nombre d’utilisateurs parisien est évalué à 4 000 (contre 100 000 en Suisse, dont 40 000 à Zurich qui compte moins de 400 000 habitants). « De nombreuses études montrent que la tendance est à la bascule de la propriété à l’usage de la voiture. Une tendance que l’on voit chez les jeunes qui, soit attendent plus longtemps avant d’acquérir une voiture, soit n’en achètent pas du tout car la possession d’un véhicule n’est plus un signe d’évolution sociale », explique Sonia Barrière, directrice marketing et vente loisirs chez Avis, qui propose « Avis on demand ». Mais le changement de mentalité prend du temps : « dans un business plan, l’inconnue c’est la vitesse d’évolution du marché », ponctue Sonia Barrière. Résultat, les entreprises peinent à atteindre le point d’équilibre sans pour autant renoncer. Chacun innove dans les termes et les services pour stimuler la demande, à commencer par le futur Autolib’ parisien, calqué sur le Vélib’. Exit le terme autopartage, considéré par beaucoup comme incompréhensible et peu vendeur. Les professionnels de la location parlent de location à l’heure ou voiture on demand : de la location libre-service et sans abonnement, proposée aujourd’hui par Hertz et Avis aujourd’hui. Les fondateurs de Mobizen, créé en 2006 à Paris, ont vendu leur société à Véolia Transport avant de créer CitizenCar*. Là encore, plus de terme autopartage, mais de la « micro-location » entre particuliers.
A la manière des plateformes internet de covoiturage qui font se rencontrer conducteurs et passagers sur un même trajet, CityzenCar fait se rencontrer propriétaires et non-propriétaires de véhicules dans un même quartier. CityzenCar assure gratuitement la mise en relation, le propriétaire facture à sa guise l’heure de location et le chiffre d’affaires de la société provient de la vente des systèmes informatiques embarqués, achetés par les utilisateurs réguliers. Depuis le début de l’année, une demie douzaine de sociétés de ce type a vu le jour en France et le constructeur Citroën devrait lancer sa propre plateforme d’ici 2012. « Le modèle du propriétaire, utilisateur unique de sa voiture a atteint ses limites », confirme Nicolas Le Douarec, cofondateur de CityzenCar. « Je n’ai aucune idée de comment tout cela va se terminer, mais chaque solution à son utilité dans ce que j’appelle l’écosystème de la voiture de voisinage. »
Abandonner les schémas à court terme
A Grenoble, la coopérative d’intérêt collectif Alpes autopartage va aussi changer de nom en octobre pour devenir Cité Lib et confirmer son développement sur l’ensemble de la région Rhône-Alpes. Mais pour ce pionnier qui a initié son projet en 1998, le terme autopartage garde toute sa valeur : « nous nous présentons comme une alternative à la voiture particulière parmi les autres explique Stéphanie Pesenti chargée du développement de Cité Lib. En nous installant dans une ville, notre première station est aménagée à proximité de la gare pour stimuler l’intermodalité entre train et voiture. Nous nouons des partenariats, avec la société des transports publics, les loueurs de vélo, mais aussi CityzenCar… », A Grenoble par exemple, un abonné Cité Lib, bénéficie de 15 % de réduction sur son abonnement tram/bus après un an d’ancienneté. La complémentarité des modes de déplacement semble donc être l’élément clé de la réussite économique des sociétés d’autopartage. Mais pour cela, il faut abandonner les schémas de développement à court terme qui imposent une rentabilité à trois ans, là où le changement se veut durable. * La crise économique et l’apparition du projet Autolib’ de la Mairie de Paris explique, selon ses fondateurs, le choix de céder leur entreprise.
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