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Après des années de préparation, Redd, le mécanisme de réduction des émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts, dont le principe à été approuvé à Copenhague, doit désormais être mis en place. La première question, celle de l’argent, a été réglée, du moins en partie, le 27 mai dernier, lors de la conférence d’Oslo sur le climat et la forêt où les 54 Etats présents ce sont accordés sur un les financements d’urgence, destinés au démarrage du processus. Les fonds qui lui sont alloués s’élèvent désormais à 4 milliards de dollars sur la période 2010-2012. Mais la plupart des pays forestiers où pourrait être mis en place Redd peuvent être considérés comme des « Etats fragiles », c'est-à-dire combinant « un faible niveau de performance socioéconomique et de gouvernance », précise le Centre d’analyse stratégique qui organisait le 15 juin dernier avec le Cirad et l’International Institue for environment and development, un séminaire sur la question. Pour que ces fonds soient utilisés efficacement et que l’équilibre soit fait entre l’arrêt du déboisement massif et le développement de ces Etats, toute une série de réformes sont donc nécessaires. Des gardes fous pour encadrer Redd « Redd ne doit pas se faire contre le développement. Il ne faut pas qu’il passe par la multiplication par 4 ou 5 des aires protégées qui aboutirait à la marginalisation des populations et à leur exclusion du développement, déclarait ainsi l’économiste du Cirad spécialiste de la question, Alain Karsenty, lors du séminaire. Nous devons nous éloigner de la logique de récompense pour aller vers une logique d’investissement ». A ceux qui verraient Redd comme une « solution rapide et bon marché », il oppose au contraire la complexité du sujet, qui est loin d’être limitée au secteur forestier. Selon lui quatre chemins de réformes doivent être mis en place pour rendre le mécanisme efficient. D’abord, il faudra investir dans une agriculture écologiquement intensive non seulement dans les zones de déforestation mais aussi dans le reste du pays pour éviter les migrations et assurer un approvisionnement des villes sans convertir des forêts à d’autres usages. Mais ces mesures ne sont pas suffisantes, prévient l’économiste, car cela nécessite de clarifier les régimes fonciers dans ces pays où la législation est souvent floue et changeante, et où il est parfois plus facile de négocier la propriété en déboisant. Sans parler de la régulation de l’exploitation forestière…Enfin, la question de la gouvernance et de la lutte contre la corruption est bien évidemment centrale, avec par exemple la mise en place de corps de contrôle au sein des administrations mais dont l’activité pourrait être gérée par des opérateurs extérieurs (ONG ou privés)… Les premiers pas de la RDC Aujourd’hui, la démarche de la République démocratique du Congo, « Etat fragile » par excellence et qui a montré dès le début son intérêt pour le mécanisme, est regardée avec attention. Pour l’instant, les avis sont partagés sur ses premiers pas : la Banque mondiale, qui assiste la RDC dans le processus par le biais de son Fonds de partenariat pour le carbone forestier (FCPF), semble plutôt enthousiaste mais des associations comme Greenpeace (voir document lié) lui reprochent l’absence de consultation des populations autochtones et l’insuffisance des contrôles et sanctions des exploitants ne respectant pas la législation nationale. Toutefois, pour Fabien Monteils, conseiller technique principal du programme ONU-REDD en RDC, depuis un an « une dynamique s’est créée. Nous avons réussi à mettre tous le monde autour de la table : les bailleurs, les acteurs économiques privés, les ONG, l’Etat, la communauté internationale, etc. Nous avons par exemple lancé une étude pour établir un consensus national sur les causes de la déforestation, qui servira de base à la stratégie mise en place par le gouvernement, et nous travaillons sur le MRV (mesures, vérifications et reporting), le suivi satellitaire ou la gouvernance carbone. Nous multiplions également les réunions en province pour amener Redd sur le terrain », se félicite-t-il. L’objectif est en effet de « créer les conditions de la crédibilité de l’Etat congolais alors que Redd pourrait lui apporter potentiellement beaucoup d’argent », reprend-il. Pour l’instant, les premiers montants avancés le 27 mai pour la RDC s’établissent à 2 millions de dollars mais la manne pourrait être bien plus importante à terme pour le pays. Car avec ses 145 millions d’hectares de forêts, la RDC représente près de 10 % de l’ensemble des forêts tropicales mondiales… « Une étude de Mc Kinsey se base ainsi sur une réduction de 400 millions de tonnes de CO2 d’ici à 2030. Si l’on prend l’hypothèse d’un prix de 10 dollars la tonne par exemple cela reviendrait à 10 ou 20% du PIB de la RDC… », estime Fabien Monteils.
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