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Parmi les 168 entreprises engagées dans le processus, 50 d’entre elles issues de nombreux secteurs (agroalimentaire, textile, électroménager, ameublement…) ont présenté les résultats de l’affichage environnemental de leurs produits. Initié dans plusieurs pays, l’affichage environnemental lancé en France ne se limite pas au seul critère du carbone, mais implique une évaluation « multicritères », choisis par les fabricants selon la spécificité des impacts de leurs produits. Le secteur cosmétique a ainsi retenu un indicateur révélant l’écotoxicité aquatique des shampoings, gels douche ou crèmes hydratantes, le groupe Prisma Presse la consommation de papier, Leroy-Merlin l’épuisement des ressources, la pollution de l’air et de l’eau, etc. De manière globale, les indicateurs les plus fréquemment retenus, au-delà du CO2, sont les impacts sur l’eau et sur l’air et la consommation des ressources naturelles. L’impact sur la biodiversité reste un critère plus marginal, la plupart des entreprises n’ayant pas encore mis en place de véritable recueil de données sur cette question. Grande variété des affichages Si les mêmes critères reviennent fréquemment, ce premier bilan fait apparaître cependant une grande variété de résultats - 12 modes différents pour le seul affichage CO2, selon une étude d’Ethicity sur l’expérimentation- et de supports choisis (internet, smartphones, magasins). Par ailleurs si 9 référentiels (pour 9 types de produits comme par exemple les chaussures de ville, les shampoings, les sacs à dos, les raquettes…) ont été établis par la plateforme Afnor/Ademe chargée des aspects méthodologiques du projet, les autres fabricants doivent « innover » par eux-mêmes. Un élément de « subjectivité » qui s’ajoute au manque de certification des résultats par un tiers relevé par Ethicity, alors que la crédibilité des informations affichées constitue un élément central du dispositif… Aussi complexe que soit la démarche, l’intérêt pour les entreprises réside malgré tout dans le fait de mieux connaître leurs impacts, leur coûts et les marges de manœuvre pour les réduire, notamment dans un contexte de hausse du prix de l’énergie, des transports et de certaines matières premières. Pour la ministre de l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, il s’agit clairement à terme d’un élément de compétitivité des entreprises, voire de « protectionnisme légal », dans la mesure où l’affichage environnemental ne vient pas contredire les règles de l’OMC. A plus court terme, l’expérimentation française veut anticiper les décisions futures que pourrait prendre l’Union européenne en matière d’affichage d’environnemental. « Mieux vaut proposer un dispositif plutôt que subir ensuite des règles imposées », souligne la ministre, rappelant que l’initiative française est une « première mondiale ». Reste que la démarche, à ce stade, est encore peu orientée vers le consommateur. Difficile en effet de faire réellement ses choix à partir de chiffres non comparables d’un produit à l’autre…Par ailleurs, la grande majorité des entreprises ont choisi de publier leurs étiquetages uniquement sur Internet et non en magasin, que l’étiquette soit située à proximité ou directement sur le produit. Quoi qu’il en soit, l’expérimentation, prévue pour un an, devrait permettre de tirer les enseignements nécessaires pour, in fine, développer la lisibilité et l’accessibilité du dispositif au plus grand nombre.
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