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La hausse des températures de +2°C est inéluctable d’ici à la fin du siècle et ce, quels que soient nos efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre. « Le climat que l’on prépare pour nos petits enfants va être très difficile : il y aura des périodes de sécheresse plus intenses et plus fréquentes avec, dans certains endroits, une multiplication par 5 des jours de canicules, des précipitations plus intenses, et des périodes extrêmes encore plus extrêmes avec des hausses de températures de 4à 6°C », détaille Jean Jouzel, membre du bureau du Giec. Avant de conclure : « l’adaptation est nécessaire à l’échelle de quelques décennies, indispensable après ».
Les experts du GIEC à Brest
Alors que le gouvernement présentait son plan national d’adaptation, près de 200 scientifiques du GIEC se réunissaient cette semaine à Brest pour plancher sur la version scientifique du rapport de synthèse final. « Le rapport du groupe scientifique est publié un peu en avance (un avant le rapport final prévu en 2014, ndlr) de façon à ce que les scientifiques qui étudient les impacts du changement climatique et les aspects socio-économiques puissent s’appuyer sur ce qui est dans ce rapport », a indiqué Jean Jouzel membre du bureau du Giec. Avant ce rapport final, l’organe de référence sur le climat publiera en novembre un rapport consacré à la gestion des évènements extrêmes qui sont appelés à augmenter avec le changement climatique. « Nous avons besoin d’une évaluation complète pour réduire la vulnérabilité », a ainsi souligné le président du Giec, Rajendra Pachauri lors d’une table ronde parisienne organisée en marge de cette réunion. Ce rapport devrait aussi alimenter les négociations onusiennes sur le climat qui se dérouleront en fin d’année à Durban et qui doivent notamment décider des suites du protocole de Kyoto dont la 1ère phase d’engagements se termine fin 2012.
Or, « plus on s’y prend tôt, moins cela est coûteux », affirme la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. Comme prévu dans la loi Grenelle 1, le gouvernement vient donc de présenter –avant que ne le fassent l’Allemagne et le Royaume-Uni - un plan national d’adaptation qui va de pair avec celui sur l’atténuation. Présenté comme un plan transversal impliquant 15 ministères et le fruit d’un travail de concertation avec l’administration, les entreprises, les scientifiques et les parties prenantes du Grenelle, ce plan quinquennal (2011-2015) consiste en un ensemble de 80 actions, déclinées en 230 mesures règlementaires. Celles-ci devront permettre d’améliorer la connaissance sur les effets du changement climatique, d’intégrer l’adaptation dans les politiques publiques existantes, d’informer la population sur les impacts du changement ou encore éviter les effets rebonds. Des mesures orientées autour de l’eau, de la santé, des infrastructures et des forêts Ces mesures s’articulent autour de 4 axes principaux. D’abord l’économie et la meilleure gestion de l’eau. On estime en effet à 2 milliards de m3 par an le déficit d’eau d’ici à 2050. Pour baisser de 20% notre consommation d’eau en 2020, le plan prévoit notamment la récupération des eaux de pluie par les collectivités, des programmes d’amélioration des performances des tours aéroréfrigérantes des centrales nucléaires mais aussi la réduction des fuites (25% de perte actuellement et jusqu’à 50% dans certains cas) dans les réseaux d’eau potable. Ensuite, le plan insiste sur le développement des savoirs et des dispositifs de surveillance sur les maladies émergentes, sachant que le réchauffement du climat devrait accélérer l’apparition ou l’amplification de certaines pathologies, particulièrement celles liées à des pollens ou des insectes vecteurs de maladies tels le paludisme, le chikungunya ou la dengue. En parallèle, c’est toute la politique d’aménagement du territoire qui doit prendre en compte les impacts du changement climatique comme l’élévation du niveau de la mer, la déformation des rails sous l’effet de la chaleur ou la dégradation des routes du fait de cycles de gel/degel plus fréquents. Enfin, alors que l’assèchement du sol et l’augmentation des températures conduiront, à terme, à la disparition de certains végétaux et à la multiplication du risque incendie, le plan prévoit d’adapter de nouvelles générations d’arbres à travers la sélection d’espèces plus résistantes et la diversification des ressources génétiques. Au titre du financement, 171 millions d’euros sont directement dédiés à ces nouvelles mesures. Mais il faut aussi ajouter les 391 millions d’euros issus des investissements d’avenir qui participeront de près ou de loin à l’adaptation, les 500 millions d’euros du plan « submersion rapide » ou encore le plan sécheresse. « Tout cela est compliqué à chiffrer car un certain nombre de mesures se recoupent avec d’autres plans », explique la ministre. Quant au suivi des mesures, il sera assuré par l’ONERC (observatoire national sur les effets du réchauffement climatique) par le biais de différents indicateurs. Un comité d’évaluation -qui prendra aussi en compte les actions menées au niveau territorial à travers les schémas régionaux du climat, de l’air et de l’énergie et les plans climat-énergies territoriaux- sera également chargé de l’évaluer à mi parcours, en 2013 et à sa fin en 2015.
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