Lancement de la Mission « Economie de la biodiversité »

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Publié le 29-11-2012

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Quatre ans après la création de CDC Biodiversité, filiale dédiée à la compensation, le groupe CDC investit dans la recherche et la construction d'outils opérationnels permettant la préservation des milieux naturels touchés par des projets d'infrastructures. L'objectif est également de contribuer aux objectifs de la Stratégie nationale de la biodiversité.

« Le lancement de la Mission Economie de la biodiversité correspond, en tant qu’investisseur de long terme, à un engagement de recherche et à l’accompagnement de politiques publiques, dans la suite des décisions actées par la Conférence environnementale du gouvernement », a expliqué lors du lancement de la mission Edward Arkwright, directeur du pilotage stratégique, du développement durable et des études de la Caisse des Dépôts. Cette mission de recherche, confiée à la Société forestière et dotée d’un budget de 3 millions d’euros sur trois ans, a pour but de financer des études, des prototypes et pilotes tout en privilégiant un aspect très concret, nourri par les différentes expérimentations que la mission est en train de mener. A titre d’exemple, les terrasses végétales « écosystémisées » en milieu urbain. Objectif : montrer comment la végétalisation en ville des terrasses autonomes et cultivées sans produits chimiques peut représenter un intérêt économique. Premier bénéfice direct: ce procédé, en étant généralisé, peut non seulement contribuer à maintenir la biodiversité en ville, mais également réduire la température de 5 à 6 degrés l’été. Une solution particulièrement intéressante  lorsque l’on sait que les épisodes caniculaires vont se répéter dans les prochaines années, selon les experts du climat.

L’obligation de compenser

Depuis 1976, un aménageur, public ou privé, doit compenser l’impact sur la biodiversité de ses infrastructures. Cette loi a eu des difficultés à s’appliquer mais à la suite des lois Grenelle, la compensation est devenue un acquis. CDC biodiversité, filiale du groupe Caisse des Dépôts, a été créé en 2008 pour aider à remplir cet objectif. Elle accompagne les entreprises dans la réalisation de la compensation imposée par l’Etat : un maître d’ouvrage a une dette fixée et sollicite CDC biodiversité qui exécute alors le contrat (recherche de terrain et mise en place d’actions). Dans la plaine de Crau, la réhabilitation écologique du site permet une meilleure planification des besoins en biodiversité des acteurs économiques, via la mise en place d’une « Réserve d'Actifs Naturels ».


Autre projet pilote, les habitats artificiels marins reconstitués sur un site touristique en méditerranée  peuvent générer de la valeur pour les activités économiques locales en recréant la biodiversité marine nécessaire au développement des  ressources halieutiques.

La notion d’équivalence écologique au cœur du dispositif

Parallèlement aux réalisations de CDC Biodiversité en matière de compensation, la mission s’inspire des concepts « d’équivalence écologique » et de  « biodiversité positive », dont l’objectif est de créer, sur le long terme, de la biodiversité à un « niveau » plus élevé que ce qui a été détruit.  « La notion d’équivalence écologique qui est au cœur du dispositif, explique Laurent Piermont, Président-directeur général de la Société Forestière. Lorsqu’un opérateur d’infrastructures détruit des écosystèmes à un endroit, il doit réparer à un autre. L’idée est de soutenir le développement local tout en préservant les ressources naturelles. Il ne faut pas opposer les deux. Au contraire, dans la grande majorité des cas, on arrive très bien à recréer cette valeur écologique, et plus ». Considérer la biodiversité comme une opportunité et non comme une contrainte pour la croissance économique ne signifie pas pour autant engendrer  une « marchandisation de la nature » se défend Laurent Piermont. « L’idée est de réparer ce qui a été détruit, pas de savoir combien cela représente financièrement. Même si nous avons besoin de chiffrer le coût de reconstitution d'un écosystème «équivalent» et que nous cherchons à créer de la valeur, le but n’est pas de générer des crédits biodiversité à échanger sur un marché. L’économie de la  biodiversité est en cela très différente de la finance carbone ». Visible et territorialisée, elle implique également d’agréger plusieurs compétences, en plus d’être un acteur financier de long terme : études et conception, opérations foncières, réalisation des actions, gestion de long terme, suivi scientifique, accompagnement dans la communication, etc.

Enfin, le but est aussi, en interne, de permettre aux filiales Egis (transports, autoroutes, ferroviaire…) ou CDC Infrastructures de pouvoir s’appuyer sur une expertise au sein de groupe pour leurs projets d’aménagement. Côté finance, Edward Arkwright rappelle également que « cette recherche permet d’identifier les bons indicateurs pour les investisseurs responsables et permettre aux acteurs financiers d’évaluer les impacts, sur la gestion des ressources naturelles, de leurs investissements ».


Véronique Smée
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