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Exploitée depuis 1999 par Socodei, filiale d’EDF et AREVA, Centraco trie, décontamine, valorise, traite et conditionne des déchets et des effluents faiblement radioactifs provenant de producteurs français et étrangers. Il fait partie du vaste complexe de Marcoule, étendu sur 278 hectares et employant près de 3 800 salariés permanents et environ 1500 employés de sociétés prestataires, ce qui en fait le plus gros employeur scientifique et industriel du Gard. L’explosion d'un four est intervenue aux alentours de 11h45 et s’est produite « à la suite d'un feu dans un site de stockage de déchets radioactifs », selon France 3 Languedoc Roussillon. L’incendie a fait un mort et quatre blessés. Un périmètre de sécurité a été installé en raison des risques de fuite, ont précisé les pompiers. Le site de l’explosion se situe à 200 m du Rhône, 7 km d’Orange, 22 km de Carpentras, 27 km et 28 km d’Avignon.
L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) indique dans un communiqué « avoir activé à 12h30 son centre d'urgence (situé à son siège à Paris XII) à la suite d'un accident survenu dans l'installation nucléaire Centraco située sur la commune de Codolet à proximité du site de Marcoule ». « Il n'y a pas de rejets à l'extérieur de l'installation », précise l'ASN, ajoutant que « l'exploitant a déclenché son plan d'urgence interne conformément aux procédures ». Un constat également établi par la CRIIRAD, qui indique qu’à « 14h15, aucune contamination n'a été détectée » par les balises gérées par la CRIIRAD, qui gère 6 balises dans la vallée du Rhône. « Toutes sont actuellement opérationnelles. Les balises de ce réseau les plus proches de Codolet sont : la balise atmosphérique d'Avignon (21 km au sud-sud-est), la balise aquatique d'Avignon (17 km au sud-sud-est), la balise atmosphérique de Montélimar (50 km au nord). » Dans un communiqué, EDF indique que « l’accident d’exploitation sur un four de fusion de déchets métalliques a été maîtrisé à 13h06 par les équipes d’intervention de l’usine. Il n’y a eu aucun rejet chimique ou radioactif. Il n’y a aucun risque de rejet à venir. Le local dans lequel se trouve le four est intègre. Les deux fours de l’installation ont été arrêtés (…) Une enquête est diligentée afin de déterminer les causes exactes de l’accident d’exploitation survenu dans le four.» Pour autant les associations de défense de l’environnement et anti-nucléaire ont vivement réagi lundi après-midi. Elles rappellent que « ce site comporte de très nombreuses installations nucléaires, stocke de grandes quantités de déchets radioactifs et manipule du MOX, donc du plutonium », précise FNE. Robin des bois souligne que l’accident s’est produit dans « un complexe nucléaire à risques multiples avec plusieurs milliers d’employés ». Par ailleurs, « il ressort des commentaires en liens de l’ASN que Centraco et notamment son four de fusion s’est illustré par de nombreuses insuffisances et lacunes et qu’un programme d’amélioration imposé par l’ASN est en cours ».
Lacunes dans la sécurité de l’installation
De fait les ONG rappellent que la Centraco avait fait l'objet d'inspections et de fortes critiques de l'Autorité de Sûreté Nucléaire en 2008. L’entreprise était épinglée pour différentes lacunes en matière de sécurité et un programme d’amélioration était en cours depuis. L'ASN explique ainsi que « devant le constat de lacunes dans la culture de sûreté au sein de l’installation Centraco, le directeur général de l’ASN a demandé à l’exploitant de définir et de mettre en œuvre des actions visant à améliorer la sûreté de l’exploitation. Les actions de contrôle menées en 2010 par l’ASN montrent que les mesures correctives mises en place par l’exploitant commencent à produire des effets sur le terrain. Si les nouvelles dispositions mises en œuvre indiquent une réelle implication de l’exploitant pour remédier aux difficultés rencontrées, l’ASN veille toutefois à ce que la stratégie mise en œuvre permette d’inscrire ces progrès dans la durée.»
Centraco a-t-il poursuivi ses efforts depuis ? L’ASN relève que le 25 mai 2011, lors du déroulement d’un essai visant à tester le bon fonctionnement des détecteurs incendie de l’installation, « un dysfonctionnement technique a entraîné la perte de la détection de l’alarme incendie sur l’unité d’incinération ». La détection a été rendue à nouveau opérationnelle 4 jours plus tard et « en raison du non-respect des conditions d’exploitation autorisées, et notamment du non respect d’une exigence définie pour un élément dit « important pour la sûreté », l’ASN a classé l’incident au niveau 1 sur l’échelle internationale de gravité des évènements de l' INES (International Nuclear Event Scale, graduée de 0 à 7). Centraco n’en était pas à son premier rappel à l’ordre en matière de détecteurs d’incendie : en novembre 2008, un audit de surveillance interne a révélé le non respect de la périodicité de réalisation des essais des détecteurs incendie sur différents ateliers. « Ces essais qui doivent être réalisés semestriellement, n'étaient programmés qu'une fois par an par l'exploitant. Cette omission s'est répétée sur plusieurs périodes », indique l’ASN, qui avait également classé l’incident en niveau 1 sur l’échelle internationale de gravité des évènements de l’échelle INES.
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