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Militants des collectifs anti-gaz de schiste, partisans de la sortie -plus ou moins rapide-du nucléaire (sortir du nucléaire, stop nucléaire), opposants à la construction d’aéroports (ACIPA), aux OGM, objecteurs de croissance, promoteurs des énergies renouvelables, ONG environnementales (les Amis de la Terre, Greenpeace), mouvements citoyens (Attac) et paysans (confédération paysanne) ou encore citoyens intéressés par les questions énergétiques… Entre le 26 et 28 août, ils étaient près de 15 000 –selon les organisateurs- venus en majorité de la région mais aussi des quatre coins de l'Hexagone, à se réunir en plein cœur des Cévennes, sur la petite commune de Lézan, pour réfléchir à la convergence énergétique. Une convergence des différents mouvements vers un même objectif énergétique A l’entrée du site, un faux derrick –œuvre du collectif anti-gaz de schiste de Barjac- et orné d’une pancarte « Stop aux énergies redoutables », plantait le décor. A ses pieds, les collectifs gardois, distribuaient brochures, badges et autocollants tandis qu’à quelques mètres, l’ACIPA informait sur le projet de l’aéroport de Notre Dame des Landes. Il suffisait aussi de faire quelques pas pour discuter avec les membres du collectif Sortir du nucléaire et de leurs collègues Stop nucléaire, aller à la rencontre de la confédération paysanne ou participer aux différents ateliers du « village des possibles » où l’on apprenait à trafiquer son moteur pour recevoir de l’huile usée ou à construire son cuiseur solaire. Un peu plus loin, sous les chapiteaux, une trentaine de conférences mêlant des intervenants de différents secteurs permettaient de réfléchir à mobilisation sur les gaz de schiste, la « confiscation de la démocratie » ou la précarité énergétique. « Nous avons rassemblé tous ceux qui luttent contre les énergies ‘mortifères’ : que ce soit les gaz de schiste, le nucléaire, le pétrole ou autres pour réfléchir à nos besoins, à la façon dont on utilise nos ressources et à l’avenir énergétique, qui passe selon nous par une relocalisation de la production, dans des unités plus respectueuses de l’environnement et des populations, et non à la manière –spéculative- des industriels. En trois jours, nous n’avons peut-être pas fait la révolution mais l’idée était de changer les mentalités, de montrer que la transition énergétique est possible », s’enthousiasme Stéphanie Amette, membre du Collectif piémont-cévenol contre le gaz de schiste et chargée de la communication du rassemblement « Convergence citoyenne pour une transition énergétique ». Malgré de fortes différences entre associations, collectifs et participants, une « déclaration de volonté citoyenne » a même été rédigée à l’issue des trois jours avec les organisateurs mais aussi des rédacteurs citoyens, qui rapportaient chaque débat. Encore en cours d’élaboration – « pour que tous les avis soient bien pris en compte », tient à préciser Stéphanie Amette- elle devrait ensuite circuler dans les collectifs et surtout être distribuée aux différents partis politiques qui seront invités à reprendre les propositions contenues dans le texte. Reste à voir avec quel succès, au vu des programmes énergétiques des différents partis décortiqués par Greenpeace (voir article lié)… Vers une reprise en main du débat énergétique par les citoyens En attendant, les associations veulent montrer la reprise en main de ce débat énergétique par les citoyens : « la folie des gaz de schiste est aussi une opportunité qui nous est offerte de nous réveiller », souligne ainsi Aymeric de Valon, de la coordination nationale contre les gaz de schiste. Et d’aller plus loin dans la réflexion. « Le combat contre les gaz de schiste nous a permis de toucher de nombreuses personnes, en dehors des cercles classiques de militants, car il renvoie à de nombreux sujets, que ce soit l’eau, le climat, l’atteinte au paysage, la pollution, etc. Et si la fracturation hydraulique est un problème, c’est surtout un symptôme de "l’extractivisme" (modèle fondé sur l'extraction des ressources naturelles, ndlr) qui a court aujourd’hui et qui doit nous faire prendre conscience de la nécessaire transition énergétique », renchérit Romain Porcheron, des Amis de la terre. Or, « la société a été dépossédée de ce débat. Avec ce rassemblement, nous reprenons le débat dans le bon sens, en proposant des solutions collectivement, à partir du désir des citoyens, sur fond de crise climatique. Je suis persuadé que le fait de répondre à la question énergétique induira aussi les bonnes réponses sociétales », expliquait de son côté François Veillerette, le porte parole de Générations futures et élu EELV de l’Oise lors d’une table ronde. Certes, mais si les participants au rassemblement semblaient convaincus, comment mobiliser au-delà des cercles militants, se sont interrogés à plusieurs reprises les participants ? D’abord, « il faut sortir de la consanguinité, assène Sybille, du collectif anti-gaz de schiste de Nîmes. On a l’impression que tous le monde est au courant du problème et pourtant lorsque l’on distribue nos tracts et que l’on parle aux lycéens et professeurs, on se rend compte qu’ils ne sont pas informés », rapporte-elle. Et puis, « il faut que l’on prenne l’habitude de travailler ensemble ; les grands 'trucs' monolithiques, c’est fini ! », soutient de son côté Guillaume Blavette, administrateur du réseau Sortir du nucléaire. « Il y a une grande similitude entre notre combat et celui des gaz de schiste, notamment avec cette même collusion entre l’Etat et les groupes industriels, reprend-il. Et nous pouvons mettre notre expérience à leur profit ! » Pour Maxime Combes, d’Attac et du réseau Aitec, il faut aussi s’organiser : « nous devons nous attaquer à ce rapport de force (contre les multinationales, les gouvernements, etc, ndlr) en articulant nos actions dans quatre espaces d’intervention : la transition personnelle, les alternatives citoyennes et collectives, les mobilisations nationales et les mobilisations internationales ». Surtout, face à l’apathie ou la démobilisation, les militants refusent le découragement. « ‘Semons dans le désert !’, comme le dit l’homme politique tunisien Moncef Marzouki, prône Maxime Combes. Il y a seulement un an, jamais nous n’aurions imaginé le printemps arabe, le mouvement des indignés espagnols. Ne cessons pas de construire nos réseaux et nos rhizomes. Un jour, cela prendra », espère-t-il. De part et d’autres du globe, les réseaux commencent effectivement à se tisser. Sur la question des gaz de schiste par exemple, un front commun est en train de se construire au niveau européen avec des Allemands et des Polonais entre autres, avec le soutien de certains députés européens. A leur échelle, les collectifs gardois ont d’ailleurs œuvré pendant l’été pour sensibiliser les touristes étrangers en distribuant sur les marchés des brochures en français, allemands, néerlandais et anglais…« En Allemagne, nous sommes concernés par l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste. Dans un land, la fracturation a même commencé mais personne dans la population n’est au courant, il y a très peu de collectifs anti-gaz de schiste », déplore ainsi Max, venu d’outre-Rhin. A l’opposé, de l’autre côté de l’Atlantique, des collectifs québécois très actifs ont formulé des demandes de jumelage avec leurs homologues français. Le début, peut-être, d’une convergence internationale.
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