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Comment intégrer le développement durable dans l'enseignement supérieur et dans la gestion des campus français ? La question habite les membres du Refedd, Réseau français des étudiants pour le développement durable, depuis sa création en 2007. Organe de réflexion et de propositions en contact direct avec les ministères de l'Education nationale, de l'enseignement supérieur, de la recherche, et de l'environnement, le réseau porte la voix d'une soixantaine d'associations étudiantes qui œuvrent sur le terrain. Chaque année, les membres du réseau se retrouvent lors des rencontres nationales du Refedd, pour « favoriser les échanges de bonnes pratiques entre associations étudiantes et impulser de nouveaux projets ». Cette année, rendez-vous était pris à la Cité Universitaire de Paris, en marge de la Fête de la Cité. « Partager les bonnes idées » Entre deux balades au marché bio, une escale à l'exposition photo « Dé Tri Tu » et un arrêt au stand de l'apiculteur de la Cité, les étudiants ont pu assister à une dizaine d'ateliers pratiques. L'idée étant que des associations membres viennent donner quelques conseils pour réduire l'impact énergétique de leur campus, organiser un événement éco-responsable, intégrer le développement durable dans les cursus de l'enseignement supérieur ou encore, intégrer une démarche d'alimentation responsable dans la restauration universitaire. L'intervention de Solidarité Normalienne lors de l'atelier « Education » a notamment inspiré plus d'un étudiant. L'association étudiante de l'ENS Cachan y a expliqué comment elle était parvenue à faire intégrer une nouvelle unité d'enseignement Climat-Energie dans le cursus proposé par l'école. « A la suite d’une conférence que nous avions organisée, et inspirés par ce qui se faisait déjà à l'École des Mines de Paris, nous avons décidé d’initier la création de cette unité. L’idée était de proposer aux élèves de l’ENS un cours abordant la problématique de la manière la plus globale possible, et s’adressant à toutes les filières quelque soient leurs spécialités. » Après un travail collaboratif avec les membres de l'administration de l'ENS, l'unité d'enseignement a été ouverte en janvier 2010. Présidente de l'association de prévention pour l'hygiène, la sécurité et l'environnement de l'École nationale de chimie de Mulhouse, Tiphaine Le Roux aimerait reproduire l'exercice, pour renforcer l'enseignement de la chimie verte. « Pour l'instant, la chimie verte n'est qu'une option que l'on peut choisir en fin de parcours. Nous aimerions que la thématique soit abordée le plus tôt possible dans le cursus, et surtout, qu'elle ne soit plus réduite au rang d'option, mais plutôt diffusée dans toutes les parcours que propose l'École.» Rencontrer de jeunes professionnels « engagés » Les étudiants ne sont pas seulement venus apprendre comment influer sur les politiques des Écoles et Universités. Soucieux de se construire un avenir professionnel en cohérence avec leurs idéaux, ils ont également pu rencontrer de jeunes actifs, récemment embauchés dans le secteur du recyclage, du management responsable, de la mobilité durable... Parmi eux, Gilles Vanderpooten, 25 ans et déjà un CV impressionnant : responsable RSE au Crédit Mutuel, co-auteur de l'ouvrage Engagez-vous* avec Stéphane Hessel, fondateur de l'ONG Indibio, Institut pour la diversité biologique... « Mon engagement est né à l'école de commerce Audencia Nantes », explique-t-il. « J'y ai proposé la création d'une association étudiante pour le développement durable, dont le premier événement a été l'organisation du Festival du film de l'environnement et du développement durable. » Aujourd'hui le jeune homme exerce un métier dit « émergent ». « La RSE est une thématique aujourd'hui très prisée, mais qui manque souvent de sens et de substance. Les entreprises doivent s'en saisir pour changer leur business model et prouver leur contribution aux enjeux écologiques, sociaux et sociétaux qui engagent notre responsabilité collective. D'une certaine manière, mon engagement en faveur des problématiques environnementales et sociétales me permet d'être plus facilement écouté malgré mon jeune âge. » A ses côtés, Antoine Miche, fondateur et ancien président du Refedd, a récemment été promu aux achats responsables du service courrier de La Poste. « J'ai décidé de faire de l'entrisme : je suis arrivé dans ce groupe pour le changer de l'intérieur », raconte-t-il. « Je veux faire en sorte que l'entreprise change de paradigme ; qu'elle crée de la valeur partagée par tous et non plus de la valeur ajoutée uniquement financière. » Ces deux parcours forcent l'admiration de l'auditoire. Mais quelques voix sceptiques, quant à la crédibilité des politiques internationales en matière de développement durable, de lutte contre le changement climatique ou de RSE, s'élèvent. « Vous n’êtes pas blasés de voir les négociations climatiques s'enliser et le Grenelle de l'Environnement vidé de sa substance? » interroge un étudiant. Etudiant à Sciences Po et membre de la délégation Malienne lors du sommet de Copenhague, Thomas Montagne, 24 ans, ne veut pas se laisser aller au scepticisme. « C'est vrai que les processus de négociations prennent du temps, mais si les jeunes ne s'engagent pas, s'ils ne se montrent pas concernés par leur avenir et impliqués dans la construction d'un monde plus durable, qui le fera ? » De quoi gagner définitivement l'approbation du public. *Engagez-vous, Stéphane Hessel et Gilles Vanderpooten, éditions L'Aube, 2010
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