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Concurrencer les entreprises classiques est généralement inenvisageable pour les structures embauchant des personnes handicapées, ce n’est pas le cas pour l’entreprise adaptée d’Etampes, qui bénéficie de l’exclusivité des activités de service après vente de la prestigieuse marque de capsule à café Nespresso. « Notre établissement a été créé dans les années 90, nous sommes la seule entreprise adaptée en Ile de France et vraisemblablement en France à assumer l’intégralité d’un service après vente pour de grandes marques. Nous travaillons aussi pour des enseignes comme Boulanger, Saturn ou Leclerc sur ce type de missions », explique Jean-Christophe Poisson, le directeur de la structure. L’entreprise adaptée d’Etampes, qui a obtenu en 2009 l’un des prix du Medef départemental pour ses performances économiques, est une émanation de la holding ANRH, l’Association pour l’insertion et la réinsertion professionnelle et humaine des handicapés. Cette association compte tout autant des structures de conseil, formation, pour intégrer les travailleurs handicapés en milieu ordinaire que des entreprises adaptées. Elle embauche dans ses 13 sites 1300 personnes, dont 1100 en situation de handicap, avec un taux de CDI de 94% et une moyenne de 12 ans d’ancienneté. L’entreprise adaptée Etampes embauche 130 personnes, dont 120 dans ses ateliers. Parmi eux, 70 se consacrent à la réparation des appareils de petit électroménager, (cafetière, robots multifonction…), tandis que les autres travaillent dans les services de réception-expédition ou de conditionnement des produits. Un public non qualifié qui cumule les difficultés
A contrario d’un ESAT, un Etablissement et service d’aide par le travail, une entreprise adaptée embauche un minimum de 80 % de travailleurs reconnus handicapés, mais qui sont aptes pour travailler en milieu ordinaire. Pour ce faire, l’entreprise adaptée d’Etampes bénéficie d’une subvention qui représente environ 50% du salaire net de ces employés, dont le handicap est soit physique ou psychologique. Dans tous les cas de figure, ces personnes sont rarement qualifiées et elles souffrent de troubles psychologiques ou de difficultés sociales qui supposent un accompagnement tout particulier. Ainsi chaque équipe de 15 travailleurs handicapés est animée par un professionnel du secteur, embauché pour ses qualités humaines et pédagogiques et chaque nouvelle recrue en CDI est affectée à un poste adapté à ses compétences. Les moins autonomes travailleront sur des activités d’emballage ou d’expédition, tandis que les autres effectueront les diagnostics sur les machines, le changement des pièces défectueuses ou les tests pour garantir leur fonctionnement. « En général nos recrues n’ont aucun diplôme et un faible niveau scolaire. Nous tentons de les faire évoluer quand c’est possible, mais seul un dixième d’entre eux ont des bases en électricité », poursuit Jean-Christophe Poisson. Garantir l’employabilité
L’un des objectifs du management, dans un groupe qui consacrait 60 heures de formation par salarié en 2009, est de former ses salariés pour garantir leur employabilité. En atelier, le parcours de formation débute par un stage sur deux jours d’habilitation électrique, une compétence reconnue sur le marché du travail et obtenue par 50 des 70 salariés travaillant dans les départements liés au dépannage. Par ailleurs, chaque marque forme les salariés à la réparation de leurs modèles sur des cursus de 2 jours. Les plus autonomes suivent ensuite une formation au dépannage de 3 à 4 semaines et l’entreprise réfléchit à l’opportunité de proposer des BEP en alternance, tandis que les salariés affectés à des missions de service bénéficient de formation sur word ou excel. Une activité stressante
« En plus du niveau de technicité de notre activité, nous devons gérer pour nos salariés handicapés le caractère stressant de notre activité. Les métiers du SAV sont soumis à une pression permanente sur les délais et les aléas sont nombreux, nous ne pouvons planifier notre activité comme dans la production. Quand il y a de grosses urgences, je fais prendre en charge les prestations par les salariés valides, nous devons jauger et jongler en permanence avec nos effectifs », poursuit Jean-Christophe Poisson. L’entreprise ne mesure pas la productivité individuelle, mais par ilot. Une organisation qui n’est pas sans créer de conflits ,mais qui permet de renforcer les cohésions des équipes. Une condition indispensable pour concilier la vocation sociale de la structure avec les impératifs concurrentiels du milieu ordinaire.
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