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Alors que les affaires de discrimination du fait de l’origine ethnique, du sexe ou de la religion font régulièrement la une des journaux, la lutte contre les discriminations reste un enjeu essentiel pour la quasi-totalité des salariés du privé comme du public, selon la quatrième édition du baromètre de la perception des discriminations au travail menées par l’institut CSA à la demande de la Halde et de l’OIT fin novembre/début décembre*. Au 1er rang des critères de discrimination, on retrouve encore une fois l’origine ethnique, particulièrement en hausse dans la fonction publique où l’origine est passée de la sixième à la première place en seulement un an. Ainsi, 32% des agents publics et 37% des salariés privés disent en avoir été victimes. Deuxièmes sources de discrimination : l'âge pour la fonction publique (31%, +5 pts) et l’apparence pour le secteur privé (36%, +8 pts). Par ailleurs, les convictions politiques et syndicales sont en augmentation -tout comme la religion- tandis que la grossesse apparaît en léger recul. Parmi les catégories de populations perçues comme étant les plus exposées à la discrimination : les personnes issues de la communauté des gens du voyage, les personnes handicapées, les seniors et les personnes atteintes de maladies. En bonne nouvelle, pour la première fois cette année, le sentiment d’avoir été victime de discrimination marque le pas. 33 % des salariés du privé déclarent avoir souffert d’au moins une discrimination sur leur lieu de travail, soit 3 points de moins que l’an dernier. Quant aux agents de la fonction publique, ils sont 25% (-1pt) à affirmer la même chose. Mais curieusement, les travailleurs du public comme du privé sont de plus en plus nombreux à affirmé avoir été témoins de discrimination (42% dans le public et 44% dans le privé). La fonction publique de moins en moins protectrice Faut-il y voir, comme le suggère l’analyse du CSA, que « la perception d’une prochaine sortie de crise parvient peut-être à instiller le sentiment que sa situation individuelle ne se dégrade plus même si le contexte collectif demeure difficile ? » Voire. Ce qui semble nouveau en tout cas c’est que l’appartenance à la fonction publique apparaît de moins en moins une garantie d’échapper aux discriminations. Seuls 29 % des agents estiment qu’ils ont moins de risque d’en être victime. C’est 10 points de moins qu’un an et demi auparavant ! De fait, alors qu’ils étaient beaucoup plus enclins que les salariés du privé à en parler à leur direction, 2010 marque chez eux, une tendance à taire leur sentiment. Ce qui les rapproche de leurs homologues du privé qui eux en parlent de plus en plus, conclut le CSA. Pour remédier au problème, les agents publics hésitent moins à en parler aux syndicats (40%) que les salariés du privé (25%), qui ont plus souvent démissionné/demandé leur démission (16%), ou contacté l'inspection du travail (15%). Alors que les fonctionnaires sont peu nombreux à entreprendre de telles actions. Mais dans le privé comme le public, les employés sont favorables à une mise en place de sanctions pour les entreprises, administrations ou services publics qui n’auraient pas pris de mesures en faveur de l'égalité homme-femme (90%), à une évaluation des procédures de recrutement (89%) ou à la mise en place d’une cellule indépendante chargée de surveiller l’égalité salariale et d’apporter une aide concrète aux victimes de discriminations. En revanche, ils sont moins convaincus par l'obligation de CV anonyme (67%), l’obligation de publier dans leur bilan social des données chiffrées sur les rémunérations en fonction d’un certain nombre de critères ou la réalisation d’enquêtes anonymes sur les parcours professionnels selon l’origine.
*Sondage réalisé par téléphone les 24-25 novembre et les 1-2 décembre auprès de 1.080 personnes : un échantillon national représentatif de 578 salariés du privé et d'un échantillon national de 502 agents de la Fonction publique, selon la méthode des quotas.
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