Développement durable \Institutions et acteurs

Les formations au développement durable

Novethic a recensé les formations au développement durable et à la responsabilité sociale des entreprises, existant dans le supérieur, à travers l'observation des cursus proposés par les grandes écoles, les universités, les écoles de commerce, les écoles d'ingénieurs. Ont été ajoutées, en complément, les formations continues et les structures de recherche dédiées.

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Une quarantaine de formations ont été sélectionnées, de la licence au master, en passant par le e-learning. Cette liste qui n'est pas exhaustive, est indicative et permet de donner un aperçu assez réaliste de ce que peuvent trouver aujourd'hui les personnes désireuses d'acquérir des compétences en développement durable.

Le premier critère de sélection est que le nom de la formation contienne les mots développement durable, éthique ou responsabilité... Cela consitue un indicateur permettant de mesurer l'implication des organismes de formation sur ces thématiques. Second critère : n'ont été sélectionnées que des formations longues, ce qui écarte des cursus professionnalisant ou de perfectionnement. Enfin, le grand nombre de formations proposant une approche environnementale exclusive du développement durable ont été écartées puisqu'elles ne s'intéressent qu'à une dimension du concept.

L'enquête, menée auprès des responsables pédagogiques de ces enseignements, fait état d'une offre de formation apparament pléthorique mais en décalage avec la réalité de ce marché du travail très émergent et ne faisant pas encore du développement durable un concept transversal, intégré en profondeur dans l'enseignement.

Profusion récente

L'offre de formation en développement durable s'est considérablement étoffée récement, avec un pic en 2003, plus particulièrement dans les grandes écoles et les écoles de commerce. Le développement durable semble un "créneau" sur lequel il fallait se positionner, par rapport à la concurrence et  aux entreprises partenaires, demandeuses de recherche appliquée... et de stagiaires, pour débroussailler le terrain de la RSE.
Par ailleurs, la réforme européenne d'uniformisation LMD (Licence, Maîtrise, Doctorat), a conduit beaucoup d'anciens DESS à se transformer en master (II ou pro, quand ils remplacent l'ancienne maîtrise et le DESS). Ces changements ont permis d'ajouter le terme de "développement durable" au nom de la formation.

Spécialisation de haut niveau

Autre évidence notable, le développement durable reste une spécialisation majoritairement réservée aux bac + 4 ou 5 minimum, même si quelques licences ont été repérées. Il ne s'agit pas encore d'un concept intégré dans un processus éducatif, encore moins d'un élément transversal se fondant dans l'enseignement de toutes les matières, droit, marketing, logistique, communication, ressources humaines, gestion ou management...

Le faible nombre de formations spécifiques promettant d'accéder à des fonctions dédiées s'expliquent par le fait que la majorité des enseignants s'accordent à reconnaître que ce n'est pas une matière à part entière, mais une somme d'enjeux et une vision qui doit modifier la manière dont chaque métier participe à la stratégie globale d'une organisation.

Mais, en réalité, le développement durable, même rattaché à une spécialité, n'est que rarement pris dans son acception la plus globale. Chaque cursus retient les dimensions qui le concerne et cela se limite souvent à une prise en compte des risques environnementaux liés à l'exercice d'un métier ou d'une fonction (nucléaire, agroalimentaire...). Très peu de formations sont enfin consacrées à la responsabilité sociale des entreprises, à l'éthique des affaires...

Globalement, force est de constater que certaines formations reflètent le faible niveau de recherche sur ce que pourrait ou devrait être l'enseignement du développement durable. Cela s'explique par le fait que la diffusion large de ce concept est très récente. Certaines écoles semblent avoir préféré plancher sur le sujet avant de se lancer dans une offre trop précoce pour être bien définie. Enfin, rares sont les formations qui ont une approche critique des concepts liés au développement durable alors qu'ils soulèvent de nombreuses questions.

Décalage avec le marché de l'emploi 

Si on fait un rapide calcul, les formations recensées dans le guide, amènent au minimum 600 personnes par an sur le marché de l'emploi, dont le CV fait état de compétences sur le développement durable. Les étudiants espèrent d'ailleurs, dans leur grande majorité, mettre en pratique ses acquis théoriques. Le marché du travail est-il au rendez-vous ?

Les grandes écoles et les écoles d'ingénieurs, déjà liées par des partenariats avec des grandes entreprises, offrent plus de possiblité. Si un "responsable développement durable " ne se recrute certainement pas à la sortie de l'école, être un spécialiste du nucléaire et se préoccuper des conséquences sociétales de son activité peut permettre de trouver plus rapidement un emploi.

En revanche, ceux qui se sont consacrés à l'audit social ou à la gestion des risques sociaux devront passer plus longuement par la case " stage " où les offres sont très nombreuses. De toutes façons, il est nécéssaire d'avoir des compétences complémentaires plus classiques. L'éthique ou le développement durable ne sont pas des métiers à part entière, ils orientent les prises de décision, que ce soit en communication, en comptabilité, en marketing, et poussent souvent les directions à trouver ou former des cadres en interne, d'où l'importance du marché de la formation continue qui lui se développe. Enfin, le management environnemental étant en plein essor, il devrait être plus facile pour les éco-conseillers et autres responsables du management environnemental d'une entreprise de trouver du travail. Mieux vaut donc vérifier les promesses faites par certaines formations grâce, par exemple, aux associations créées par les anciens élèves. Il peut être très utile de les contacter pour en savoir plus.
A noter enfin que le concours de la Fonction publique territoriale de 2003 inclut le développement durable au concours d'entrée (cadre, catégories C), ce qui ouvre de nouveaux horizons.

En conclusion, le monde de la formation s'intéresse à ces sujets, pour des raisons diverses mais les plus optimistes des responsables pédagogiques parient sur un cercle vertueux. Si les étudiants reflètent les préoccupations de la société en s'interessant aux formations proposant une telle sensibilisation, les établissements (et notamment les universités) y répondent, en développant des formations. Plus elles seront nombreuses et à tous niveaux, plus les entreprises seront sensibilisées à ces sujets puisqu'elles recruteront des salariés formés à ce type d'approche.
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Sylvie Touboul
Mis en ligne le : 13/04/2005
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