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Avec 18 millions de m² dont 4,5 millions pour le logement étudiant, des milliers de bâtiments et des centaines de laboratoires, le parc immobilier des universités représente le tiers des bâtiments publics français, hors hôpitaux. Un parc dont le bilan environnemental est plutôt médiocre, selon l’état des lieux publié le 28 mai par la Caisse des dépôts et la Conférence des présidents d’universités (CPU) et réalisé par Fondaterra et Icade Gestec. L’étude, la première du genre, s’appuie sur les réponses de 83 établissements universitaires (13 millions de m²), 13 grandes écoles (15,2 millions de m²) et 8 CROUS obtenues entre septembre 2008 et février 2009. Résultat : la moyenne nationale des consommations d’énergie et d’émissions de gaz à effet de serre positionne le parc universitaire en catégorie D sur l’étiquette énergie des bâtiments publics (sur une échelle de A à G).
Les universités planchent sur leur « plan vert »
Selon la loi Grenelle 1 tous les bâtiments publics devront réaliser un audit énergétique d’ici 2010 puis, à partir de 2012, rénover les bâtiments anciens en réduisant d’au moins 40 % leur consommations d’énergie et de 50% leurs émissions de GES dans un délai de 8 ans. Les constructions neuves devant, elles, ne pas dépasser une consommation de 50 kwh/m²/an. Plus spécifiquement, les universités devront élaborer un « plan vert » pour la rentrée 2009, avec possibilité de labellisation. Les critères de développement durable porteront sur la performance énergétique des bâtiments, le bilan carbone, la consommation d’eau, la gestion des déchets, l’accessibilité pour les handicapés ou encore l’accès par les transports en commun. Déjà, la commission développement durable de la CPU travaille sur l’intégration, à terme, d’indicateurs de développement durable dans l’évaluation des universités.
La consommation moyenne s’élève à 300 kwh/m²/an contre 240 pour les bâtiments français (entre 80 et 110 pour les bâtiments neufs), avec un rejet de CO2 de 31kg/m²/an. Une performance « médiocre alors que le Grenelle cible un B en 2020 », estime Blaise Desbordes, responsable développement durable au sein de la Caisse des dépôts. Et ce, d’autant plus que le diagnostic énergétique des bâtiments publics est plus laxiste que celui des bâtiments privés, « ce qui impliquerait plutôt une note E », précise-t-il. Mais, pour Sylvie Faucheux, présidente du groupe de travail développement durable de la CPU et de l’université de Versailles Saint Quentin en Yvelines (UVSQ), « le résultat est certes moyen, mais nous aurions pu nous attendre à pire connaissant l’état du parc immobilier. Certaines universités, comme celle de Versailles ont d’ailleurs commencé à travailler sur leurs performances énergétiques. A l’UVSQ par exemple, nous tablons sur des économies de l’ordre de 40 à 50%.» Un parc disparate Pour l’heure, selon la cartographie obtenue et disponible sur Internet, « il existe une certaine homogénéité des consommations énergétiques et carbone même si certaines universités sortent du lot », note Marie France Guyonnaud, directrice générale de Fondaterra. Ainsi, en termes de consommation énergétique une seule région entre – de peu - dans la catégorie C : la Basse-Normandie avec 208 kwh/m²/an, mais celle-ci ne compte qu’une université et un crous…Le reste se situe entre 249 et 371 pour la Champagne Ardenne, qui là encore ne compte qu’une université (catégorie E). Pour les rejets de CO2, les ratios varient là encore très peu, mis à part aux deux extrêmes avec environ 12 kg/m²/an pour la Basse-Normandie et 55 kg/m²/an pour la Champagne Ardenne. Les performances détaillées par bâtiments sont, elles, extrêmement disparates, notamment du fait de l’utilisation de ceux-ci (laboratoires ou salles de cours) et surtout de l’époque de leur construction, avec un gros pic énergétique pour les bâtiments construits entre 1975 et 1987. A l’heure où les universités doivent établir les schémas directeurs et les programmations de rénovation immobilière ainsi que leur « plan vert », à la rentrée de septembre (voir encadré), « la problématique carbone doit être un élément constitutif de la rénovation universitaire au même titre que l’internet haut débit », souhaite Paul de Viguerie, responsable de la mission Universités de la Caisse des dépôts. Pour autant « sur le pilier environnemental du développement durable, les universités françaises sont très en retard. Et le Grenelle a placé la barre très haut avec une baisse de 80 % de la consommation d’énergie à horizon 2050 », souligne Blaise Desbordes. Pour les aider à atteindre cet objectif, un outil « StartEnergieCO2 », est donc mis à disposition des universités pour qu’elles puissent améliorer leur performance énergétique. D’ailleurs, Sylvie Faucheux se veut confiante : « beaucoup d’universités sont mobilisées sur cette question. Elles le seront d’ailleurs de plus en plus car le développement durable est aussi devenu un axe de différenciation à l’international. »
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