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![]() Changement climatique \Entreprises et acteurs économiquesLes banques tardent à prendre en compte l'enjeu climatiqueDans son dernier rapport, le GIEC soulignait que les futurs investissements dans les infrastructures énergétiques –estimés à 20 000 milliards de dollars d'ici 2030– auront des effets à long terme sur les émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, essentiel à l'ensemble des activités économiques, le secteur bancaire ne semble pas avoir pris la mesure de l'enjeu climatique ni, plus largement, du développement durable. Des ONG aux investisseurs institutionnels, les rapports se multiplient pour dénoncer les insuffisances du secteur en la matière.
Le secteur bancaire est la colonne vertébrale des économies contemporaines, mais aussi celle des politiques climatiques. Dans son dernier rapport paru en janvier, le CERES* – Coalition for Environmentally Responsible Economies, coalition d'investisseurs, d'ONG et de groupes environnementalistes – rappelle qu'avec près de 6 mille milliards de dollars de capitalisation boursière, le secteur bancaire et financier mondial à un rôle vital à jouer dans le soutient apporté à des solutions rentables pour réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre. "Comme experts de la gestion du risque, il est essentiel que les banques commencent dès maintenant à examiner les conséquences financières des risques liés au financement des énergies fossiles," rappelle le rapport. Satisfaction d'HSBC Sébastien Godinot, des Amis de la terre (membre du réseau Banktrack), dresse un constat sévère : "HSBC ou ABN AMRO par exemple sont bien notées, pour autant elles n'ont pas fait la révolution. Bien sûr, ces banques sont plus en avance que les banques françaises. Par exemple, si le secteur bancaire investit dans les énergies renouvelables c'est parce que c'est une niche rentable. Mais, à l'instar des produits bio distribués en grande surface, ces investissements représentent une quantité négligeable de son activité" ajoute-t-il. Pour l'ONG, "on en est encore au greenwashing, les acteurs du secteur demeurent peu sensibilisés aux questions climatiques et de développement durable". Réglementation, décarbonisation Si le secteur bancaire ne peut évidemment pas partager ce constat, la présentation par le Carbon Disclosure Project (CDP) de ses derniers résultats témoignait d'une certaine prise de conscience des insuffisances. Le CDP, dont sont membres d'ailleurs HSBC et ABN AMRO, rassemble 315 investisseurs et avait pour objectif d'inciter les entreprises à réduire leurs émissions de GES en leur demandant d'en rendre compte publiquement. Or, dans ses conclusions, le CDP reconnaît que "Tant et aussi longtemps que les gouvernements ne s'accorderont pas sur des dispositifs de taxation ou de régulation des émissions de GES, les investisseurs manqueront d'incitations pour agir (...)." Face à l'enjeu climatique, le CERES souligne que la "décarbonisation" mondiale sollicitera les banques qui devront notamment examiner "comment les changements climatiques affectent le marché concurrentiel, le prêt et les stratégies d'investissement et, en définitive, leurs résultats financiers." Cet examen vaut pour l'enjeu climatique comme pour l'ensemble des différents enjeux de développement durable : protection de l'environnement, respect des droits de l'homme et des communautés locales, etc… "Aujourd'hui, les banques continuent d'agir comme elles l'ont toujours fait, mais il y a une montée en puissance de ces enjeux pour le secteur bancaire. Le risque environnemental est devenu un risque financier. Les ONG ont amélioré leurs méthodes d'évaluation. Une chose importante est à noter : les banques les mieux notées sont dans les pays où le poids de la société civile est le plus fort," conclut Sébastien Godinot. D'un rapport à l'autre, force est de constater que partout dans le monde, les différentes parties prenantes du secteur ne semblent pas prêtes à relâcher la pression. Au contraire.
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