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La conférence internationale qui s’est tenue à Paris, à l’initiative de la France et de la Norvège, avait été annoncée dans la foulée du sommet de Copenhague pour mettre en œuvre l’une des rares mesures qui avait fait consensus : REDD. Ce plan, déjà appliqué localement, prévoit de réduire de moitié la destruction des forêts des pays pauvres à l'horizon 2020, et d'y mettre fin d'ici 2030. L’enjeu est décisif pour maintenir le réchauffement à 2°, puisque la déforestation représente jusqu'à 20% des émissions mondiales de CO2, soit autant que le transport. L'Indonésie et le Brésil, particulièrement frappés par ce phénomène, lui doivent respectivement les troisième et quatrième places dans la liste des plus gros émetteurs mondiaux de CO2. Mais si les Etats se sont accordés sur le principe lors de la COP 15, la question du financement et la mise en œuvre des programmes de lutte contre la déforestation incarnés par les programmes « REDD », soit la réduction des émissions résultant de la déforestation et de la dégradation forestière dans les pays en développement, et « REDD+ » (auquel on rajoute la conservation, la gestion durable des forêts et le renforcement de la capacité de séquestration et de stockage), sont toujours en discussion. Si REDD constitue aujourd’hui le mécanisme le plus avancé dans la période post-Copenhague, son exécution reste encore loin d’être acquise. Il prévoit de récompenser financièrement les pays pauvres qui luttent contre la déforestation et développent une gestion durable de leurs forêts. Mais pour cela, d’importants financements son nécessaires. Or, la question du financement pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. C’est dans ce contexte que la France et la Norvège ont souhaité impulser une réflexion, en présence de nombreux acteurs internationaux de l’environnement et du climat : « il faut amorcer un processus même sans accord officiel sur le sujet, pour passer à l’étape urgente de la mise en œuvre », a souligné Jean-Louis Borloo dans une conférence de presse, entouré des représentants du Congo et du Gabon. « La France a une légitimité dans ce domaine puisqu’elle est le seul pays engagé dans le Protocole de Kyoto à avoir des forêts en milieu tempéré et tropical (du fait de la Guyane et de l’outre-mer, ndlr) » a-t-il poursuivi. "Problème de pilotage" Paris a par ailleurs noué des partenariats avec le Congo et le Gabon pour soutenir une gestion durable des forêts du bassin du Congo, deuxième massif tropical après l’Amazonie.
Des engagements
L’Australie, les Etats-Unis, la France, le Japon la Norvège et le Royaume-Uni ont confirmé leur engagement à hauteur de 3,5 milliards de dollars. L’Allemagne, l’Espagne, la Slovénie et la Commission européenne ont rejoint ce premier groupe de donateurs. Le Fonds pour l’environnement mondial a annoncé son intention de mobiliser 300 millions de dollars supplémentaires par an. Le partenariat REDD+ doit faire l'objet de réunions régulières pour faire le point, tous les deux mois, d’ici la conférence de Cancun.
Une gestion durable dont s’est félicité José Endundo, ministre de l'Environnement, de la Conservation de la nature et du Tourisme de la RDC : « nous avons aujourd’hui la plus grande superficie de forêt gérée durablement soit 12 millions d’hectares, dont 5 millions sont certifiés, alors que l’Amazonie n’en compte qu’un million » a-t-il fait valoir, estimant que le Congo « avait respecté ses engagements ». Mais poursuivre cette politique implique des financements bien plus conséquents que ce qui a été investi jusqu’ici dans les accords bilatéraux. Or, les fonds dits « fast start », actés à Copenhague pour un montant de 3,5 milliards de dollars, ne sont pas encore débloqués. « Il faut que l’on sache qui paye quoi, et où, résume Jean-Louis Borloo. Il y a un problème de pilotage international de ces aides ». Copenhague avait en effet acté un engagement de 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour l’aide aux pays en développement, et 10 milliards d’ici là, dont 20% seraient consacrés à la protection des forêts. Ces promesses de solidarité internationale doivent se concrétiser au plus vite, or, « pour l’heure rien n’a été mis sur la table, constate Henri Djumbo, ministre chargé du développement durable du Congo. On ne peut pas tout demander aux pays forestiers ». Par ailleurs, une fois débloquées, ces sommes resteront insuffisantes : la Ccnucc (convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques) a en effet évalué à douze milliards de dollars par an la suppression de la déforestation dans les pays en développement d'ici 2030. Outre la question des fonds se pose le problème de la gouvernance mondiale de la forêt : faut-il créer une structure spécifique au sein du FEM (fonds mondial de l'environnement) ou de la Banque mondiale, ou bien créer ex-nihilo un « Fond climatique vert dédié à la lutte contre la déforestation » ? Rien n’a encore été décidé sur ce sujet. Enfin, ces programmes, pour être efficaces, devront également être pilotés par une gouvernance locale permettant de protéger la forêt et lutter contre les ventes illégales, les coupes pour le bois de chauffe des habitants ou l’agriculture itinérante…Les populations riveraines tirent de la déforestation des ressources indispensables à leur survie qu’il faudra compenser. Les associer à ces futurs programmes sera également une des conditions sine qua non pour leur réussite.
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