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D’ores et déjà, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a annoncé « qu’il n’y aurait pas d’accord contraignant à Copenhague ». Par ailleurs, les ambitions européennes restent conditionnées aux engagements que prendront ou non les autres pays – jusqu’à 30% de réduction des émissions en 2020 , ou 20% sans engagements-. L’UE attend pour se prononcer que d’autres pays développés affichent des objectifs de réductions similaires et que les pays en développement contribuent en fonction de leurs responsabilités et de leurs capacités financières respectives. Mais pour l’heure, « certaines parties n’ont pas encore présenté d'offres correspondant à cet objectif. Le Conseil les presse de le faire dès maintenant », lit on dans le dernier appel des dirigeants. Autre bémol, les divisions au sein de l’UE pourraient elles-mêmes faire capoter la "promesse" des 30%. Si la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne ou la Suède militent pour les 30%, la Pologne souhaite en revanche que la question soit renvoyée aux négociations ultérieures… Autre sujet sur lequel l’Europe joue sa crédibilité et son statut de leader dans la lutte contre le changement climatique, le financement de l’aide aux pays pauvres. Lors de leur sommet d’octobre, les dirigeants européens étaient restés divisés sur le montant de la participation à l’enveloppe globale , qui est aujourd’hui répartie en trois parties : l’aide internationale Nord/Sud, les financements privés et le marché carbone, ainsi que les financements des pays du Sud eux-mêmes. La Pologne et la Roumanie, chefs de file des 9 pays de l’Europe centrale, sont montés au créneau pour affirmer qu’ils « ne souhaitaient pas payer pour les pays en développement ». Bilan : Paris et Berlin ont réaffirmé que les engagements européens étaient conditionnés à ceux d’autres grands « blocs » comme la Chine et les Etats-Unis, tout en affirmant qu’un total de 100 milliards d’euros par an serait nécessaire pour financer les réductions d’émissions et l’adaptation dans les pays pauvres. « Cette quote-part annuelle doit s’élever à 35 milliards d’euros pour l’Europe, et 4,2 pour la France, » souligne Greenpeace.
7,2 milliards sur 3 ans
Mais aujourd’hui, on ne connaît que le chiffre de l’aide à court terme, appelée « fast-start financing comprising ». Soit 2,4 millards d’euros par an à partir de 2010, et pour trois ans, acté par le conseil de Bruxelles. La France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne ayant précisé qu'elles assumeraient individuellement un montant d'environ 420 millions d'euros annuels sur cette période, soit 60% du montant. Ces 7,2 milliards représentent un tiers de la somme mondiale prévue à court terme pour les pays pauvres dans le cadre des négociations de Copenhague, d’autres financements devant être actés par la suite en fonction de l’accord. Un montant très en éloigné des attentes exprimées par les pays en développement et des ONG. Si Greenpeace admet que le Conseil européen aura "au moins débouché sur un accord concernant les financements de court terme ", l'ONG estime que " les leaders européens ne doivent pas s’en tenir là et refuser ainsi d’aborder la question cruciale des financements de long terme (...) . Le dérèglement du climat ne va pas s’arrêter dans trois ans. Les flux financiers doivent en faire autant. » Enfin, Oxfam avait déjà publié un rapport bien avant Copenhague, évaluant les besoins financiers des pays pauvres pour l'adaptation au changement climatique. L'ONG estime que « les pays riches devraient mettre au moins 110 milliards d’euros de financements nouveaux et publics d’ici 2013, un montant qui devrait passer à au moins 130 milliards d’euros d’ici 2020 ». La part équitable de l’UE et des États-Unis s’élève selon l’ONG à environ 40 milliards d’euros chacun par année, « au vu de leur responsabilité historique et de leur capacité économique à faire face à la crise climatique … Une goutte d’eau comparée aux 8.400 milliards de dollars du plan de sauvetage des banques », estime Oxfam.
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