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Bonn, nouveau siège de la diplomatie climatique internationale

Planète \Institutions \Institutions internationales

Publié le 14-04-2010



C'est à Bonn, où siège le secrétariat de la Convention-cadre de l'ONU sur les changements climatiques (CCNUCC), qu'ont lieu la plupart des tractations préparatoires pour le prochain sommet mondial de Cancun en novembre 2010. 19 institutions onusiennes et quelques 150 ONG sont abritées par l'ancienne capitale allemande.

 « UN-Campus, Langer Eugen ». Les groupes de touristes venus revivre une page de leur histoire récente se heurtent très vite à l’imposant grillage qui entoure les anciens bâtiments parlementaires de la « République de Bonn ». Depuis 2006, en effet, les administrateurs de l’ONU occupent les anciens locaux laissés vacants par les parlementaires allemands, partis suivre leur gouvernement à Berlin. Bâtiment emblématique de l’ancienne capitale allemande, le « Langer Eugen », un immeuble sobre de 114 mètres de haut, orné du logo des Nations unies, y abrite dorénavant la majeure partie des institutions onusiennes présentes en Allemagne. Et lorsque le secrétariat de la Convention-cadre de l'ONU sur les changements climatiques (CCNUCC) quittera l’excentré « Haus Carstanjen » pour le « Langer Eugen » d’ici la fin 2011, la totalité des 19 administrations de l’ONU et leurs 800 employés seront alors installés sur cet espace désormais intitulé « UN-Campus ». Un site qui fait donc l’objet de mesures de sécurité drastiques.

Tensions dans les négociations
Les premières négociations formelles depuis Copenhague se sont tenues du 9 au 11 avril à Bonn. 174 pays étaient réunis pour préparer le Sommet de Cancun. Les délégués présents à Bonn ont demandé à la présidente des discussions, la Zimbabwéenne Margaret Mukahanana-Sangarwe, de rendre d'ici le 17 mai un projet de texte. De nouvelles négociations doivent ensuite se tenir à Bonn du 31 mai au 11 juin.Yvo de Boer "chef du climat" pour l'ONU, veut rester optimiste :"Je crois que Cancun pourra permettre de s'entendre sur une armature opérationnelle, mais pour transformer cela en un traité, si telle est la décision, il faudra plus de temps", a-t-il déclaré à Reuters, prédisant encore de nombreuses réunions avant qu'une solution définitive soit trouvée.

Le fait qu’autant d’institutions onusiennes se concentrent à Bonn ne relève pas du hasard. Bien au contraire. Il résulte d’un calcul politique qui s’avère au fil des années fort judicieux. Susanne Nolden, en charge des relations internationales de la ville de Bonn, explique que la loi scellant le transfert de la capitale allemande de Bonn à Berlin, le « Berlin-Bonn-Gesetzt » de 1994, a servi de catalyseur : pour combler le vide laissé par le déménagement et la perte de 20 000 emplois (sur 317000 habitants), les parlementaires ont créé le statut de « ville fédérale » qui lui assure un statut politique. « Concrètement, cela signifie que le gouvernement allemand s’engage à promouvoir la ville de Bonn sur la scène environnementale internationale », précise Susanne Nolden.

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre le déménagement, encore un, du « Klimasekretariat » de l’ONU de Genève à Bonn en août 1996. Par ailleurs, six Ministères, dont celui de la coopération économique et de l’aide au développement (BMZ), y ont conservé leurs sièges - au grand dam de la Fédération des contribuables qui vilipendient depuis des années les coûts engendrés par les va-et-vient des fonctionnaires fédéraux entre Bonn et Berlin. « La présence de l’ONU, de certains ministères et institutions nationales à Bonn a provoqué une sorte d’appel du pied chez les ONG qui ont répondu présentes. On en compte actuellement plus de 150 », rapporte Susanne Nolden. Avec pour résultat, un réseau intense d’échanges formels et informels entre représentants de la ville, de l’ONU, du gouvernement allemand et bien sur des ONG. Parmi elles, l’Agence internationale de labellisation du commerce équitable (FLO), la Fédération internationale pour l’agriculture biologique (Ifoam) ou encore le Forest Stewardship Council (FSC).

Quelle influence pour la ville ?

« Bonn la tranquille » redoutait de sombrer dans l’insignifiance après le départ du gouvernement pour la bouillonnante Berlin. Mais elle a su se réinventer une identité avec le développement durable comme clé de voûte. « La ville de Bonn se montre toujours soucieuse d’apporter son soutien aux ONG », rapporte Sven Harmeling, de l’ONG Germanwatch. « Elle le fait notamment par le biais du bureau de relations publiques et n’oublie pas de nous inviter lors de réceptions officielles par exemple ».
La ville entend par ailleurs assurer un rôle de « médiateur », pour reprendre le terme employé par Markus Goell, également en charge des relations internationales. « Nous ne voulons pas seulement être une ville de conférences internationales avec le développement durable comme thème principal. Nous voulons également en concrétiser les principes auprès des habitants de Bonn », précise l’administrateur.

Claire Stam à Francfort (Allemagne)
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