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Depuis les années 2000, la plupart des fonds ISR lancés sur le marché se différenciaient par la façon dont ils mélangeaient la gestion financière classique avec une sélection d’entreprises ou d’Etats sur des critères extrafinanciers. Progressivement d’autres catégories de fonds sont apparues, faisant appel à d’autres fournisseurs d’information extrafinancière que les agences spécialisées, et mettant en avant des bénéfices plus directs pour le développement durable. ONG et financiers, l’alliance peut sembler incongrue, pourtant il existe plusieurs fonds construits via ces nouveaux partenariats. L’un des plus anciens est la SICAV Libertés et Solidarité, liée à la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), crée en 2001. L’ONG est non seulement à l’origine de la sélection des obligations d’Etat et des entreprises intégrées dans le fonds à partir d’une grille de critères concernant le respect des droits de l’homme, mais une partie des bénéfices réalisés par le fonds lui reviennent pour l’aider à se financer. C’est ce qu’on appelle un fonds de partage. « Ce type de produit sont plus difficiles à vendre à des particuliers » explique Najib Sassenou, responsable ISR de la Banque Postale Asset Management. « Ils doivent accepter de reverser une partie de leurs revenus au bénéfice d’une association qu’ils connaissent moins que d’autres défenseurs des droits de l’homme plus médiatiques ». Pour mieux faire comprendre le bénéfice d’une souscription à sa SICAV en terme de respect des droits humains, la FIDH a décidé, dans les mois qui viennent, d’être plus activiste et de rendre publique les exclusions de son portefeuille pour violation de droits fondamentaux. Une petite société de gestion Alcyone Finance fait, elle, le pari d’un ISR basé sur des partenariats avec des ONG. Elle a lançé Actions Nord Sud avec Care France, fin 2006, et Actions Planète durable, en 2007, avec France Nature Environnement (FNE). Le premier veut parier sur la croissance des pays émergents via la réduction de l’extrême pauvreté, le second sur la préservation de l’environnement. « Nous souhaitions pouvoir bénéficier d’une expérience de terrain » explique Nathalie Doat, directeur ISR d’Alcyone Finance. « Care a 14 000 salariés dans le monde et donc des informations locales. Nous avons construit avec eux une méthodologie permettant de valider la contribution des entreprises sélectionnées à la réduction de l’extrême pauvreté dans les pays émergents.» Pour le fonds environnemental, FNE participe au comité de gestion d’Alcyone et lui permet d’affiner son jugement sur les pratiques environnementales des entreprises. Bénéfice produit Le développement de fonds thématiques sur des critères de développement durable comme l’énergie, l’eau ou le climat (voir article liés) illustre une nouvelle tendance : le développement de produits financiers mettant en avant leur bénéfice direct extra-financier. Danone Communities appartient à cette famille. Crée au printemps 2007, c’est un fonds solidaire - cela signifie que 90% des montants de cette sicav sont investis dans des produits monétaires peu risqués et les 10% restant sont placés dans un fonds de capital risque solidaire, le FCPR Danone communities. Ils servent à financer des entreprises sociales dans les pays émergents pouvant bénéficier de l’appui technologique. Le premier projet financé était celui des micro-usines de yaourts au Bangladesh destiné à créer des emplois et lutter contre la malnutrition. A terme, les financements recueillis vont alimenter des programmes similaires dans d’autres régions du monde. (voir article lié). Si ce fonds est proposé aux salariés et actionnaires du groupe Danone via divers dispositifs, il est aussi ouvert au grand public et distribué dans le réseau LCL (ex Crédit Lyonnais). Pour ce fonds comme pour les autres, le succès commercial dépend de leur accessibilité aux épargnants. Or, il faut aujourd’hui beaucoup de conviction et de patience pour se les procurer auprès de réseaux bancaires au sein desquels même les produits ISR maison sont souvent mal connus. Leurs promoteurs parient sur le fait que le secteur financier va, comme les autres, affronter des changements de la demande de ses clients. Ils seront probablement de plus en plus nombreux à souhaiter que leurs économies puissent avoir un bénéfice social, environnemental et économique mesurable.
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