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Investissement socialement responsable \Agences de notationA quoi servent les indices éthiques ?En sélectionnant les entreprises disposant des meilleures évaluations extra financières, les indices sont des indicateurs de visibilité pour l'ISR et de la RSE.
Il existe cinq grands indices boursiers éthiques qui font référence sur le marché européen. Chacun d’eux est partenaire d’un spécialiste de l’évaluation sociale et environnementale des entreprises. Le DJSI est établi à partir des notations de la société de gestion suisse SAM, le FTSE4Good à partir de celles de l’agence anglaise Eiris, l’ASPI à partir de celles de Vigeo et l’ESI est fondé sur celles de l’agence belge Ethibel. Critères à géométrie variable Si l’intégration ou le maintien dans les indices spécialisés est un objectif affiché pour la plupart des entreprises ayant une politique de développement durable structurée, ces dernières soulignent les ambiguïtés que générèrent les différences de méthodologies des agences dont les notes servent à construire les indices. Gilles Vermot-Desroche en charge du développement durable chez Schneider Electric, déplore l’absence de son entreprise dans le FTSE4Good alors qu’elle figure dans tous les autres : « Nous n’y sommes pas à cause de notre production de contacteurs électriques utilisés à des fins militaires qui représente moins d’1 % de notre chiffre d’affaires. Nous nous sommes étonnés, auprès d’Eiris, qu’elle sélectionne par ailleurs des entreprises qui fournissent restauration, énergie ou télécommunication aux armées ! ». Les critères d’exclusion, qu’ils soient sectoriels ou appliqué à une valeur, sont l’un des points les plus sensibles. En ce qui concerne l’armement, Thalès dont c’est le métier figure uniquement dans l’ASPI, Ethibel promoteur de l’ESI, indice le plus sélectif, a mis au point une approche subtile. « Nous faisons un distinguo entre armes offensives et défensives ainsi qu’entre le matériel utilisé indifféremment par les secteurs militaire et civil » explique Marc Bomptemps qui dirige l’agence. « Par exemple, Ericsson fabrique des radars. Cela ne serait pas un problème, s’il n’avait pas mis au point un système d’interconnexion entre ces radars et des missiles et que les dits missiles, armes offensives, sont équipés de matériel Ericsson. Du coup, nous excluons cette entreprise. Autre exemple : la présence en Birmanie du pétrolier français Total est un élément rédhibitoire pour nous.» Jean-Pierre Kellens, en charge des relations avec les agences chez Total, assure pourtant que la compagnie ne sait pas vraiment pourquoi elle n’est pas dans l’indice alors qu’elle figure dans les trois autres. « Cette participation est un facteur de réputation valorisant pour le monde financier qui cherche des indicateurs. Une entreprise qui figure dans plusieurs indices rassure le monde des investisseurs» précise-t-il.
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