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Energies renouvelables : les entreprises allemandes misent prudemment sur la Chine

Entreprises \Politique développement durable \RSE

Publié le 22-01-2007



L'Allemagne se désigne volontiers comme la championne du monde des énergies renouvelables. S'il est vrai qu'elles représentent 11,6% de la production totale d'énergie du pays, elles restent à la traîne en terme d'exportation des technologies de pointe, notamment en Chine. Or, si le gouvernement allemand encourage le développemet de l'exportation, beaucoup d'entreprises demeurent réticentes.

Contrefaçon industrielle et bureaucratie chinoise sont les

Chine : les chiffres clés

Sur la période 2001–2005, 80 milliards de dollars (1,5 % du PIB annuel chinois) ont été consacrés annuellement à la gestion des ressources en eau, à la qualité de l’air et au traitement des déchets, enjeux environnementaux majeurs pour le pays.

Energie
Le 11ème plan quinquennal 2006-2010 met l’accent sur l’efficacité énergétique (transport et bâtiment), la diversification des sources d’énergie (au bénéfice de l’énergie nucléaire, des énergies renouvelables et de l’hydroélectricité) et l’équité pour l’accès à l’énergie entre zones rurale et urbaine. L’électrification rurale devrait ainsi à elle seule coûter plus de 15 milliards de dollars à la République populaire de Chine.
Le charbon demeure la principale source d’énergie et première source de pollution atmosphérique : 65% de la consommation d’énergie primaire, forte teneur en cendres et en soufre. Sa combustion représente 75 à 80% des émissions de dioxyde de soufre (SO2). On compte peu de dispositif de contrôle des émissions polluantes dans les centrales thermiques.

GES
Avec 11 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, la Chine se place au 2ème rang après les Etats-Unis et pourrait les dépasser d’ici 10 ans. Toutefois, les niveaux d’émission par habitant restent faibles.

Eau
90% des eaux urbaines sont polluées et 50 % des sources d'eau des grands centres urbains et des villes moyennes impropres à la consommation.
 
Dechets
La production des déchets ménagers a atteint environ 190 millions de tonnes en 2004, et augmente de plus de 8 à 10 % par an. Entre 50 à 60% des volumes sont traités, à 90% par enfouissement. Le compostage représente 7% des traitements, l’incinération 3%. 
Source : Ademe

grandes peurs des entreprises allemandes, rapporte le patron d’une PME allemande qui a souhaité rester anonyme. Pékin contraint en effet les entreprises occidentales à transférer leurs nouvelles technologies dans l’industrie nationale via la création de joint-venture où elles ne peuvent acquérir la majorité. Or, si les industriels allemands restent soupçonneux à l’égard de leurs collègues chinois, ceux-ci ne le sont pas moins envers leurs collègues allemands, soupçonnés, eux, de garder les toutes dernières avancées industrielles en Allemagne et de n’exporter que des technologies déjà largement connues et diffusées.
L’Union fédérale des énergies renouvelables (Bee) rapporte que l’industrie allemande des énergies renouvelables a généré un chiffre d’affaire total de 16 milliards d’euros en 2006. L’exportation d’installations, comme des parcs photovoltaïques ou à éoliennes, a représenté à elle seule 4 milliards d’euros. Au vu des ces résultats, l’organisation affiche un optimisme contrastant avec la prudence des entreprises puisqu’elle s’attend à voir le volume des exportations atteindre les 50 milliards d’euros de chiffre d’affaire d’ici 2020. Si tel était le cas, alors l’industrie des énergies renouvelables aura rattrapé l’industrie automobile, se réjouit la Bee. 

La formule magique : le MDP

Or, le marché chinois est devenu incontournable pour l’industrie allemande. Car, s’il présente des dangers, il possède également des aspects fort attractifs, en particulier grâce aux mécanismes de développement propre (MDP). Le protocole de Kyoto permet en effet aux pays industrialisés de gagner des crédits d’émission de CO2 en investissant dans des projets de lutte contre le changement climatique dans les pays en développement. Et il s’avère beaucoup plus aisé et moins coûteux de gagner des crédits d’émission en Chine que dans les pays industrialisés.

La Banque mondiale estime le marché global des MDP à 3,3 milliards de dollars pour 2006, dont plus de la moitié revient à la Chine. Et grâce aux MDP, Pékin prévoit de réduire ses émissions de 92 millions de tonnes pour 2006. Conscient du potentiel qu’offre le marché chinois des MDP, le ministre allemand de l’environnement a signé, en décembre 2006, un « dialogue environnemental stratégique » avec son homologue chinois afin de rattraper le retard de l’Allemagne. Près de 200 participants chinois et 80 représentants industriels allemands étaient présents à la signature.

D’après le ministère allemand de l’environnement, 46 projets MDP allemands ont été autorisés par les autorités chinoises. « C’est encore trop peu », regrette-t-on à Berlin. « Les entreprises allemandes ne sont encore impliquées que d’une manière minime dans ce marché chinois. » Actuellement, 60 projets sont examinés par un conseil exécutif sino-allemand, ajoute-t-on, projets qui évoluent principalement autour de la photovoltaïque, l’énergie éolienne, le gaz bio, le traitement des eaux usées ou encore l’efficience énergétique. Les 20 meilleurs projets seront sélectionnés.

L’Allemagne semble faire une apparition tardive sur le marché des MDP chinois, la France a signé un accord similaire de coopération pour la promotion fin 2004, après le Canada, les Pays-Bas ou encore le Danemark. « Les projets sont déjà vendus avant d’être réalisés du fait de réseaux préalablement établis sur le marché chinois » regrette-on au ministère. « Des pays comme l’Italie, les Pays-Bas ou le Canada s’appuient sur des accords gouvernementaux et s’assurent de cette manière les droits de projets MDP qui sont encore à un stade de conceptualisation. »     

L’Allemagne, le numéro un mondial de l’exportation en général, cherche à promouvoir sa technologie de production d’énergies renouvelables dans tous les coins du monde. A cet effet, l’agence allemande à l’énergie, la Dena, a mis sur pied un projet, intitulé Export Initiative. Spécialement destiné à promouvoir l’exportation des énergies renouvelables, il propose des fiches descriptives des pays ou des mises en contact. Tout est fait pour simplifier les démarches administratives et industrielles dans les pays cibles. La dernière parution de la Dena porte sur le marché solaire français qui, selon ses dires, gagne en dynamique et offre de belles perspectives pour les entreprises allemandes.  

Claire Stam de Francfort (Allemagne)
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