Lexique

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Rapport Brundtland

Le rapport Notre futur commun, plus communément dénommé rapport Brundtland, est issu des travaux de la Commission Mondiale sur l'Environnement et le Développement constituée en 1983 au sein des Nations Unies. Cette commission a auditionné pendant trois ans un grand nombre de responsables et d'experts du monde entier. Son mandat consistait à s'interroger sur la possibilité de trouver des voies de développement assurant à la fois le rattrapage des pays du Sud et la protection de l'environnement. La présidence de cette commission fut confiée à Gro Harlem Brundtland, alors Premier ministre de la Norvège et qui fut ensuite appelée à diriger l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Paru en 1987, ce rapport n'eut pas de grand impact médiatique au moment de sa publication. Il a par contre exercé une grande influence sur les comportements des acteurs à moyen terme, notamment en définissant pour la première fois le concept de développement durable, comme "un développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ".

REACH

REACH signifie en anglais "Registration, Evaluation, Authorisation and Restriction of CHemical substances." Ce règlement européen, qui a été adopté en décembre 2006, vise l'enregistrement de 30 000 substances chimiques utilisées dans l'industrie et les produits de consommation courante au sein de l'Union Européenne (peintures, détergents, hygiène, cosmétiques, parfums...). Toutes les entreprises qui fabriquent, utilisent ou importent des substances chimiques sont concernées et doivent évaluer elles-mêmes la toxicité de ces substances pour les enregistrer auprès d'une agence indépendante (Agence européenne des produits chimiques) basée à Helsinki. Si les substances sont déclarées sans risques, elles pourront continuer à être utilisées. Si elles présentent des risques pouvant être maîtrisés, elles continueront à être utilisées, mais sous certaines conditions. Enfin, les substances les plus dangereuses pourront être interdites par cette agence.

Les entreprises sont tenues de trouver des produits de substitution plus sûrs pour la santé et l'environnement. REACH a en effet pour objectif :

  • D'éliminer les substances chimiques responsables de différentes pathologies et de cancers.
  • D'instaurer la transparence pour le consommateur en matière d'information sur les risques liés à l'usage de certaines substances chimiques.
  • De sécuriser l'emploi des matières chimiques par les salariés dans les entreprises en imposant des normes de sécurités.
  • De renforcer la compétitivité de l'industrie chimique européenne

L'information des consommateurs et la sécurité sont les deux principaux objectifs du REACH. En Europe, un tiers des maladies professionnelles est causé par l'exposition ou la manipulation de substances chimiques. Depuis 2009, des forums d'échange et d'information sur les substances chimiques se tiennent chaque année afin de réunir fabricants, importateurs et consommateurs autour d'une même substance chimique.

Réchauffement climatique

Le réchauffement climatique est une des conséquences du changement climatique (voir définition du changement climatique).

Il correspond à un phénomène d’augmentation de la température globale de la surface de la Terre qui pourrait atteindre, selon les prévisions des scientifiques du GIEC (le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat) 1 à 5°C supplémentaires à la  fin du XXIe siècle.

L’Accord de Paris signé dans la capitale française à l’issue de la COP21, le 12 décembre 2015, demande aux États signataires de stabiliser la hausse de la température globale de la Terre "bien en deçà des 2°C" d'ici 20100 par rapport à la température de l’ère préindustrielle et de poursuivre les efforts pour limiter ce réchauffement à 1,5°C.

Dans son 5ème rapport publié en 2013, le GIEC (le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat) affirme que le réchauffement observé depuis 1950 est "sans équivoque" et qu’"il est extrêmement probable [probabilité de 90%] que l'influence humaine sur le climat a été la cause dominante du réchauffement observé depuis le milieu du vingtième siècle".

Recyclabilité

Le taux de recyclabilité d'un produit correspond au pourcentage de matériaux qui pourront être recyclés ou valorisés en fin de vie. Tous les matériaux ne sont pas encore recyclables, on parle de la recyclabilité des matériaux : pour qu'un produit puisse être recyclable, il faut qu'il soit en mesure d'être réintroduit dans un processus de production et qu'il soit associé à une filière de récupération qui lui offre un débouché commercial.

Il peut s'écouler plusieurs années entre le moment ou un matériau est utilisé dans la fabrication d'un produit et celui ou une technique de recyclage est mise en place. Ce n'est pas parce qu'un produit a un bon taux de recyclabilité qu'il sera nécessairement recyclé, cela dépend de la chaîne de recyclage mise en place ou non.

La définition du terme recyclable selon la norme ISO 14021 : « caractéristique d’un produit, d’un emballage ou d’un composant associé qui peut être prélevé sur le flux des déchets par des processus et des programmes disponibles, et qui peuvent être collectés, traités et remis en usage sous la forme de matières premières ou de produits »

En France, chaque année, il faut ne traiter pas moins de 868 millions de tonnes de déchets, on arrive à un taux de recyclage de 44 %. Il faut rappeler que ce n'est pas parce qu'un produit est recyclable qu'il sera recyclé en fin de vie !

Recyclage

Le recyclage est un procédé de traitement des déchets (industriels ou ménagers) qui vise la réintroduction des matériaux dans le cycle de production d'un produit similaire ou utilisant les mêmes composants. Les conséquences écologiques du recyclage sont : la réduction du volume des déchets, la préservation des ressources naturelles, la diminution de la production de gaz à effet de serre et la baisse de consommation d'eau liée à la production industrielle.

Le recyclage passe avant tout par un tri sélectif des déchets qui va permettre de les regrouper par famille de matériaux. Ce tri doit souvent être affiné dans un centre de traitement des déchets pour éliminer le plus d'impuretés possibles en vue du processus recyclage. La chaîne du recyclage passe par trois grandes étapes : la collecte des déchets, leur transformation et leur commercialisation.

Il existe trois techniques différentes de recyclage : chimique, organique et mécanique.

Les grands principes du recyclage sont : réduire la production d'emballages superflus, réutiliser les objets usagés pour leur donner une seconde vie et recycler, c’est-à-dire réintroduire les matériaux issus du traitement des déchets dans le cycle de production.

Le recyclage est une activité économique à part entière mais il existe peu de filières rentables, donc certains matériaux ne sont pas recyclés car il ne rapporte pas suffisamment. Le recyclage des ordinateurs et des téléphones portables est très couteux car ils contiennent de nombreux composants différents, qu'il faut séparer et recycler dans des filières différentes.

Le recyclage s'impose dans nos sociétés de consommation car il facilite la gestion des déchets et il minimise notre empreinte écologique.

Reporting climat

Le reporting climat qualifie l’ensemble des informations sur le bilan climatique et l’émission de gaz à effet de serre (GES) des activités d’une structure. L’article 173 de la loi sur la transition énergétique définit le cadre dans lequel ces informations doivent apparaître et les acteurs concernés, qu’ils s’agissent d’investisseurs institutionnels ou des grandes entreprises. La France fait figure d’initiatrice avec cet engagement de transparence extra-financière.

Le reporting climat permet de posséder une vue d’ensemble détaillée sur les actions d’une structure pour limiter le changement climatique et favoriser la transition énergétique. 

Reporting intégré

Le reporting intégré consiste à faire émerger un nouveau standard international de reporting synthétique mêlant données financières et extra financières. Il s'agit pour les entreprises de redonner confiance aux investisseurs en communiquant plus clairement sur la création de valeurs sur le long terme. C'est une manière pour les entreprises de faire valoir leurs performances financières, mais aussi sociales, environnementales et de gouvernance (ESG). Le reporting intégré permet de promouvoir le développement durable en prouvant aux parties prenantes que mettre en place de bonnes pratiques en matière de RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) n'est pas un frein à la croissance financière, et qu'au contraire, c'est un moyen de générer de la valeur ajoutée à l'entreprise.

Le concept est promu par l'IIRC (International Integrated Reporting Council), association internationale créée en 2010 qui rassemble des entreprises pilotes, des investisseurs, des promoteurs de normes de reporting et les grandes firmes d'audit. Pour l'IIRC, le reporting intégré se base sur six différents types de capitaux qui permettent de définir la valeur d'une entreprise : les capitaux financier et manufacturier, les capitaux naturel et social ainsi que les capitaux humain et intellectuel.

Le reporting intégré a plusieurs objectifs :

  • Améliorer la qualité des informations transmises aux investisseurs et aux parties prenantes.
  • Promouvoir l'intégration de critères extra financiers dans les reportings et proposer un référentiel pour les entreprises
  • Encourager la mise en place d'une gestion intégrée dans les entreprises pour que leurs actions soient centrées sur la création de valeurs (autres que financières).

Le programme pilote de l'IIRC, qui associe les entreprises et les investisseurs, implique une centaine de participants, mais très peu de français. Seuls Danone et  Vivendi ont répondu à l'appel. D'une manière générale, on compte environ 3000 rapports intégrés publiés chaque année à l'échelle mondiale.

Reporting pays par pays

Le reporting pays par pays consiste pour les multinationales à déclarer au fisc le montant des impôts payés dans l’ensemble des pays où des filiales exercent une activité.

Cette mesure est entrée en vigueur pour l’exercice 2016 des comptes des sociétés et est issu de la loi de finances pour 2016.  Elle concerne les sociétés réalisant un chiffre d’affaires international supérieur à 750 millions d’euros. Les contrevenantes risquent une amende de 100 000 euros pour en cas de non-respect du reporting pays par pays. L’obligation du reporting pays par pays s’applique aux maisons-mère des multinationales installées en France, mais aussi à certaines filiales françaises de multinationales étrangères.

Le reporting pays par pays s’inscrit dans une volonté de lutte contre l’optimisation fiscale des grandes entreprises et l’obligation de transparence sur les résultats afin de lutter contre la corruption.

La loi Sapin 2 prévoyait de rendre public ces résultats de reporting pays par pays (art.137) mais le Conseil constitutionnel a rejeté cette proposition au nom du respect de la liberté d’entreprendre.  

Reporting RSE

Le reporting RSE (Responsabilité Sociale d’Entreprise), également appelé reporting extra-financier, est avant tout un document périodique officiel, généralement annuel qu’une entreprise publie pour présenter ses actions ainsi que les résultats en ce qui concerne la Responsabilité Sociale d’Entreprise. Pour rappel, la RSE consiste pour l’entreprise à mener des actions destinées à réduire les conséquences sociales et environnementales de ses activités, en lien avec ses parties prenantes.

En France, les entreprises cotées en bourse et déclarant un chiffre d’affaires supérieur à 100 millions d’euros ou une masse salariale supérieure à 500 employés sont dans l’obligation de rédiger un rapport RSE annuel (voir les lois Grenelle II de 2010).

Le but de Reporting RSE est d’améliorer la transparence sur les activités des entreprises. Il permet aux entreprises de mesurer les conséquences directes de leurs activités sur l’environnement, mais aussi sur la société et l’écosystème économique auquel elles appartiennent.

Ainsi elles peuvent agir pour améliorer leurs processus d’activité afin d’avoir un impact plus positif. Le reporting RSE permet aussi aux parties prenantes (salariés, fournisseurs, consommateurs, investisseurs, ONG, etc.) de mieux connaître les enjeux ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) des entreprises et de mieux mesurer l’impact de leurs actions en interaction avec celles-ci au niveau économique, sociologique et environnemental.

Dans le reporting RSE, 3 thématiques principales sont développées :

  1. La thématique sociale avec :
    • L’emploi
    • L’organisation du travail
    • Les relations sociales
    • La santé et la sécurité
    • La formation
    • La diversité et l’égalité des chances
    • La promotion et le respect des conventions fondamentales de l’OIT

  2. La thématique sociétale avec :
    • L’impact territorial, économique et social de l’activité de l’entreprise
    • Les relations entretenues avec les personnes ou organisations intéressées par la ou les activités de l’entrepris
    • La sous-traitance et les fournisseurs
    • La loyauté des pratiques
    • Les droits de l’Homme

  3. La thématique environnementale avec :
    • La politique générale en matière environnementale
    • La pollution et la gestion des déchets
    • L’utilisation durable des ressources
    • Le changement climatique
    • La protection de la biodiversité

Ressources génétiques

C'est la terminologie employée pour évoquer les ressources naturelles que constituent les diverses espères vivantes, animales ou végétales. Pour la CDB – Convention sur la Diversité Biologique adoptée en 1992 lors du Sommet de Rio – il s'agit d'un "matériel d'origine végétale, animale, microbienne ou autre, contenant des unités fonctionnelles de l'hérédité". Ce matériel génétique à une valeur effective ou potentielle.

Les enjeux liés à leur exploitation, à leur utilisation ainsi qu'au brevetage des médicaments ou aliments produits à base de ses ressources génétiques sont cruciaux pour la protection de la biodiversité et intégrer aux négociations internationales sur la Biodiversité organisées au sein de la CDB.

En 1992, lors du Sommet de la Terre, l'ONU a reconnu les ressources génétiques comme un bien commun et dont la préservation est nécessaire pour un développement durable de l'activité humaine. La CDB a trois objectifs principaux : la conservation de la biodiversité, l'utilisation durable des ressources génétiques et la partage équitable des bénéfices résultant de l'exploitation de ces ressources génétiques. La CDB est un document clé concernant le développement durable.

Dans les années 90, les ressources génétiques sont devenues des composants stratégiques pour les industriels lorsqu'ils se sont lancés dans le développement des biotechnologies. Les industries qui consomment le plus de ressources génétiques sont : l'industrie pharmaceutique, biotechnologique, cosmétique et agro-alimentaire.

En France, c'est le Bureau des Ressources Génétiques (BRG) et l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) qui gèrent la question des ressources énergétiques en menant des études sur les liens entre sauvegarde des ressources génétiques et agriculture durable.

Revenu de base

Le revenu de base, appelé aussi revenu d’existence, revenu inconditionnel ou encore allocation universelle, est un revenu versé par une communauté politique à tous ses membres, sur une base individuelle, sans conditions de ressources ni obligation de travail, selon la définition du Mouvement français pour un revenu de base (MFRB).

L'idée n'est pas nouvelle. Dès 1516, Thomas More dans son livre "Utopia" explique qu’un revenu minimum accordé à tous est la seule manière de lutter contre la pauvreté. Face aux transformations du marché du travail, à l’automatisation des tâches et à la persistance d'un chômage important, le revenu de base revient sur le devant de la scène. En janvier 2016, le Conseil national du numérique (CNNum) a ainsi relancé le débat avec son rapport "Travail, Emploi, Numérique, les nouvelles trajectoires" remis à la ministre du travail Myriam El Khomri.

"Les acteurs publics doivent anticiper l'éventualité d'un chômage structurel persistant et d'une montée des inégalités du fait de l'automatisation. Aussi devons-nous examiner une nouvelle manière de penser la relation entre le travail et la distribution des richesses", justifie le CNNum, qui incite le gouvernement à réaliser "une étude de faisabilité". Derrière le concept, défendu aussi bien par les écologistes que par le Parti de Gauche, Dominique de Villepin, Christine Boutin, Alain Madelin ou encore le député Les Républicains Frédéric Lefebvre, se cachent des réalités et des objectifs très différents.

Pour les libéraux, il s’agit de supprimer certaines aides sociales et de réduire le rôle de l’État. Au contraire, à gauche, il s’agit d'une juste redistribution des gains générés par la société qui, au travers de l'accumulation de son capital ou son système éducatif, permet à certains d'être très productifs. Il s’agit aussi de partager le travail et d’en faire une activité choisie et non plus subie.

Le financement est la pierre d’achoppement du revenu de base. Soit on fixe un niveau élevé, difficilement finançable sauf à sacrifier l’essentiel de la protection sociale. Soit on privilégie la faisabilité avec un niveau moins élevé mais alors il sera trop faible pour aider ceux qui en ont le plus besoin. Autre obstacle majeur à l'instauration d'un revenu de base, ses conséquences sur les incitations au travail. Verser une allocation à tout un chacun ne risque-t-il pas de favoriser l'oisiveté ? C'est une objection majeure des opposants au revenu de base à gauche comme à droite.

Plusieurs expérimentations à l’étranger montrent néanmoins la voie. La Finlande veut ainsi lancer en 2017 une expérimentation d'un revenu de base qui pourrait atteindre 800 euros par mois. En Suisse, les citoyens sont appelés à voter en juin prochain le versement de 2300 euros mensuels  à tous les citoyens. Aux Pays-Bas, une trentaine de municipalités mènent l’expérience depuis janvier 2016 avec un revenu fixé à 900 euros par mois pour un adulte seul et 1300 euros pour un foyer. En France, fin avril, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé qu’il souhaitait un grand débat sur le sujet. La région Aquitaine a voté en juillet 2015 une motion pour réaliser une étude de faisabilité. Un rapport doit être rendu en juin 2017 sur le sujet. 

Risque carbone

Lancé par l'ONG anglaise Carbon Tracker en 2011, ce concept s’est répandu à l’échelle de la planète avec une extraordinaire rapidité.

Il est aujourd’hui porté par Al Gore. L’idée est la suivante : la plupart des investisseurs institutionnels alignent leurs placements sur les grands indices boursiers mondiaux qui comptent de nombreuses compagnies dédiées aux énergies fossiles. Les flux financiers vont donc vers une économie carbo-intensive ce qui empêche de respecter les objectifs de réduction des émissions que se fixent les Etats.

Le risque carbone prend donc deux formes

- Un risque financier

Si on brûle l’ensemble des réserves déjà identifiées par les compagnies pétrolières on atteindra rapidement 6 degrés de réchauffement climatique. Ce n’est pas soutenable. Différents pays vont donc prendre des mesures drastiques qui vont faire perdre très rapidement leur valeur boursière aux compagnies pétrolières. Cette dévalorisation aurait un impact très rapide sur les actifs détenus par les investisseurs institutionnels qui perdraient ainsi beaucoup d’argent et de capacité à payer retraites, assurances et autres engagements qui sont les leurs.

-Un risque de réputation

D'abord auprès de l’opinion publique:

Des mouvements de la société civile et diverses ONG se sont emparés de ce concept pour faire des campagnes à l’image de celles qui ont mobilisé contre l’apartheid en son temps ou contre les sweatshops. Elles ont donné des slogans amusants comme " Mum and Dad your pension fund is fucking my future !", mais aussi obligé la fondation d’Harvard à s’engager.

Confrontée aux campagnes d’étudiants lui demandant de ne plus investir dans les énergies fossiles émettrices de gaz à effet de serre, la fondation Harvard a signé, au printemps 2014, les Principes pour l’Investissement responsable (PRI) et devient ainsi la première université américaine à rejoindre l’organisation. Elle a par ailleurs annoncé sa décision de mesurer et publier ses émissions de gaz à effet de serre. Le fonds de dotation de Harvard, nourri par de très riches philanthropes, dispose de 30 milliards de dollars.

Auprès des élus ensuite :

Le meilleur exemple est à chercher en Norvège,où le parlement exerce une pression sur le fonds norvégien pour qu’il réoriente ses placements afin d’en limiter les émissions de carbone, puisque par nature il est nourri par la production pétrolière et génère donc directement des émissions. Il doit donc diversifier "son mix énergétique financier".

Risque climat

Le risque climat est caractérisé par l’exposition d’un agent économique aux impacts climatiques et aux répercussions de ceux-ci sur son activité. Les impacts climatiques susceptibles de menacer une entreprise peuvent être directs : hausse et variation de température, hausse du niveau des eaux, ouragans, etc.

Ils peuvent aussi être indirects : baisse des rendements agricoles, menace contre la biodiversité, etc. Le risque climat est donc une réalité préoccupante, en particulier pour les secteurs du tourisme ou de l’agroalimentaire.

La prise en compte du risque climat souvent un préalable à l’action concrète.

Risque de réputation

Le risque de réputation est une expression qui désigne le risque financier qu'encourent des entreprises, à propos de leur image de marque qui pourrait être ternie par des scandales. Ceux-ci sont notamment liés à leurs pratiques sociales et environnementales. Mais les premiers facteurs de risques sont majoritairement liés à l’éthique et à l’intégrité de l’entreprise. Ensuite viennent les risques liés à la sécurité, puis ceux concernant les produits et services de l’entreprise.

Dans les pays développés, l’image fait partie intégrante de la valeur de l’entreprise. D’après une étude menée par le Forum économique mondial (WEF), la réputation d’une entreprise représente 25% de sa valeur. D’autre part, selon une étude mondiale, le risque de réputation est considéré comme très important par 87% des dirigeants. En effet, une réputation d’entreprise bien gérée est un atout pour son développement sur les marchés, sa valeur boursière, ainsi que sa fidélisation de clientèle et de collaborateurs. Le risque d’entreprise reste cependant difficile à évaluer, en raison du manque d'éléments objectifs permettant, d'une part de mesurer la valeur d'une marque, et d'autre part la réalité du risque de scandale encouru par une entreprise. Il demeure néanmoins suffisamment tangible pour être l’une des principales raisons incitant les entreprises à s'engager dans des démarches de RSE (Responsabilité sociétale des entreprises).

Afin de conserver une bonne réputation, les entreprises doivent se doter d’un organe de prévention des risques. Sa mission est d’identifier les risques potentiels et de les anticiper, par la mise en place de mesures de réduction des risques et de procédures dans le cas où les risques surviennent malgré les efforts de prévention.

Risques environnementaux

Le risque environnemental, c'est la possibilité qu'un accident survienne dans une entreprise, ce qui aurait des répercussions nuisibles sur l'environnement, les personnes, les salariés de l'entreprise et les objectifs ainsi que la réputation de la société. Cet impact sur l'environnement humain et naturel de l'entreprise peut être direct ou indirect.

Il est nécessaire de distinguer les risques naturels des risques technologiques : les risques naturels sont liés à la confrontation d'un aléa naturel et de son territoire alors que les risques technologiques sont des risques liés à une activité humaine, comme des installations industrielles, des installations nucléaires, des grands barrages ou comme le transport de matières dangereuses.

Il s'agit donc des risques industriels ou technologiques générés par une entreprise ayant un impact sur l'environnement, ce sont donc des risques internes et des risques d'agressions extérieures (risques externes) dont la dimension environnementale impacte l'entreprise : risques naturels (inondation, tempête, sécheresse, foudre) et les accidents extérieurs qui causent des dommages à l'environnement (accident provoqué par une activité à risque dans les environs, rupture de digue).

Par rapport à ces risques environnementaux, on parle de la Responsabilité Environnementale des entreprises (pour les dommages causés directement à l'environnement naturel) ou de la RCAE (responsabilité civile atteinte à l'environnement) pour les dommages causés à l'environnement humain. En clair, une entreprise ne doit pas, par son activité, causer des dommages à son environnement humain et naturel. Dans le cas contraire, elle peut être amenée par le préfet à payer des dommages-intérêts pour les dégâts causés.

Une fois que les entreprises ont identifié les risques environnementaux qui les concernent, il est nécessaire qu'elles mettent un plan d'action pour les réduire, ce qui passe par un travail de surveillance, de prévention et de formation des employés, les grandes entreprises font alors appel à un Risk Manager.

Risques psychosociaux

Les risques psychosociaux, selon la définition du Ministère du Travail, de l'Emploi et de la Santé, recouvrent les risques professionnels qui portent atteinte à la santé physique et mentale des salariés. Ils peuvent survenir en cas de stress (intensité et complexité du travail, contraintes) ou de violences internes (harcèlement, conflits) ou externes (menaces, insultes, agressions). En France, environ 35 % des salariés estiment subir au moins trois de ces contraintes de travail. Des contraintes qui favorisent l’apparition des risques psychosociaux.

Ils peuvent entraîner plusieurs pathologies professionnelles pour l’individu, telles que des troubles musculo-squelettiques, des maladies cardio-vasculaires, des dépressions, des troubles de la concentration, des problèmes de sommeil ou des troubles du comportement. Ils ont aussi un impact sur la vie de l’entreprise, notamment sur l’ambiance de travail, la gestion du turnover ou des absences.

Il est essentiel de prévenir les risques psychosociaux en amont, tout d’abord en les identifiant puis en mettant en place des mesures pour favoriser le bien-être et la qualité de vie au travail. Un accord européen sur le stress au travail a été signé en 2004 par les partenaires sociaux et transposé dans le droit français en 2008. Après la série de suicides constatée à France Telecom (devenue Orange), Xavier Darcos, alors ministre du Travail, décide fin 2009 d'accélérer le processus en invitant les entreprises de plus de 1000 salariés à se saisir du problème et établir diagnostic et plan d'action. Malgré cela, peu de mesures concrètes existent aujourd'hui, notamment en termes de prévention alors que le coût lié aux risques psychosociaux (conflit direct, absentéisme, turnover, baisse de productivité) est en constante augmentation.

RSE

La responsabilité sociale (ou sociétale) des entreprises (RSE) consiste à appliquer aux entreprises la notion de développement durable.

La RSE désigne un concept dans lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales, et économiques de leurs activités.

La commission européenne définit la RSE comme étant « la responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu’elles exercent sur la société ».

La RSE suppose que les entreprises orientent leur modèle économique vers la prise en compte des questions écologiques, comme le changement climatique ou la gestion des ressources naturelles et des écosystèmes, des questions sociales, comme la diversité et les droits humains, ainsi que la gouvernance.

Il s'agit de s'appuyer sur les critères ESG pour évaluer la responsabilité des entreprises quant aux effets qu'elles produisent sur la société.

L'enjeu est aujourd'hui suffisamment important pour être pris en compte par certains investisseurs qui considèrent qu'une entreprise inscrite dans une démarche de RSE améliore ses pratiques sociales et environnementales et influence ainsi sa valeur immatérielle à moyen terme.

Comprendre la RSE

RSPO

Le RSPO (Rountable on Sustainable Palm Oil) est une organisation consacrée à l'huile de palme responsable. Il s'agit d'une initiative privée lancée en 2004 par Unilever, avec le soutien de l’association environnementale WWF, pour instaurer un dialogue entre tous les acteurs du marché de l’huile de palme. Elle comprend aujourd'hui un millier d'adhérents : producteurs, transformateurs, négociants, fabricants, distributeurs, banques, investisseurs, ONG sociales et environnementales. Pourtant le RSPO ne fait pas l'unanimité au sein des ONG : Les Amis de la Terre ou Greenpeace estimant l'exigence de ses critères insuffisante.

Le RSPO promeut la culture et l’utilisation d’une huile de palme durable selon 3 niveaux de certification. Tout d’abord, le niveau « segregated » atteste qu’il s’agit d’huile de palme durable, étant séparée des autres huiles durant tout son processus de fabrication, depuis sa culture jusqu’à sa vente. Ensuite, le niveau « mass blanc »  désigne l’huile de palme essentiellement durable, mais qui n’est pas séparée des autres huiles lors de sa conception. Enfin, le niveau « book and claim » représente 68 % de la vente d’huile de palme certifiée. Il concerne l’huile de palme non durable, dont les utilisateurs aident financièrement les producteurs d’huile de palme.

Pour être certifiée huile de palme responsable, les plantations doivent souscrire à 8 principes, déclinés en critères : engagement à la transparence, conformité aux lois et règlements, engagement à une viabilité économique et financière à long terme, utilisation des meilleures pratiques, responsabilité environnementale et conservation de la biodiversité, responsabilité sociale envers les employés et communautés affectés, développement responsable des nouvelles plantations, et engagement à poursuivre l'amélioration des domaines clés d'activité.