Lexique

M

maladies négligées

Les "maladies négligées" sont celles qui frappent les populations et les pays les plus pauvres de la planète, et pour lesquelles il n'existe pas de traitement disponible. Si elles concernent des millions de personnes, celles-ci sont démunies et ne représentent pas un marché suffisamment solvable pour que les grands groupes pharmaceutiques s'intéressent au développement, à la fabrication ou à la distribution des traitements susceptibles d'enrayer de telles maladies.

mandataire social

Représentant de l'employeur dans tous les actes liés à la gestion de l'entreprise, le mandataire social est responsable devant les actionnaires, les partenaires et la loi, particulièrement dans le domaine de la gestion du personnel et du droit social. Il s'agit d'une personne physique mandatée par l'employeur lorsque celui-ci est une personne morale (association, entreprise ou société) : par exemple un gérant pour une SARL ou un PDG ou directeur général lorsqu'il s'agit d'une société commerciale.

Marché carbone

Le marché du carbone est un mécanisme qui permet d'échanger des droits d'émission de CO2 de la même manière que des titres financiers. Il a été mis en place en 2005 par le protocole de Kyoto, pour inciter les pays à réduire leurs émissions de CO2 et à investir dans des technologies plus propres afin de lutter contre le réchauffement climatique. L'Europe , avec l'ETS European Union Emission Trading, s'est engagée à réduire, d'ici 2020, de 20 % ses émissions globales par rapport à 1990. Elle a été la première à lancer son marché carbone pour atteindre ces objectifs. Mais le marché a souffert de la crise économique qui a entrainé une forte chute du prix des quotas. Depuis début 2012, la tonne de carbone peine à dépasser les 5 euros, alors que son prix devrait dépasser les 20 euros pour que le système soit efficace. De ce fait, le marché carbone est de plus en plus critiqué, notamment par les ONG, qui l'accusent de ne pas inciter les entreprises à réduire leurs émissions. D'autres marchés du carbone se mettent en place progressivement dans d'autres régions du monde, comme en Nouvelle-Zélande, au Japon ou encore chez certains Etats nord-américains. En juin 2013, la Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, a aussi lancé son marché carbone.

Marché de capacité électrique

Un marché de capacité est un marché sur lequel s'échangent des capacités production électrique permettant de donner un signal-prix sur la rentabilité des investissements. L'objectif est de faciliter l'adaptation entre les capacités de production d'électricité d'une zone géographique et les besoins de cette région en électricité en cas de « pointe » c'est-à-dire quand la consommation électrique est au plus haut. Un tel mécanisme est prévu en France par la loi Nome sur la nouvelle organisation du marché de l'électricité (2005) avec une application à partir de l'hiver 2016-2017. Avec ce type de mécanisme, les fournisseurs d'électricité vont devoir justifier de leur capacité à satisfaire la demande en période de pointe. Pour ce faire, ils devront acheter des « garanties de capacité ».

Matrice de matérialité

On entend par "matérialité" ce qui peut avoir un impact significatif sur une entreprise, ses activités et sa capacité à créer de la valeur financière et extra-financière pour elle-même et ses parties prenantes. La matrice de matérialité est donc un outil qui permet d’identifier et de hiérarchiser les enjeux RSE d’une entreprise. Chaque enjeu est priorisé du point de vue de l’entreprise (business) et des parties prenantes. Ceux qui sont prioritaires des deux points de vue sont retenus pour figurer dans les rapports RSE. 

Max Havelaar

Max Havelaar n’est pas une marque mais un label certifiant que les producteurs répondent aux critères du commerce équitable. Créé en 1988 aux Pays Bas, il est décliné aujourd’hui dans plusieurs pays dont la France depuis 1992. Max Havelaar n’est pas le nom du fondateur de l’association (celle-ci a été créée par les Néerlandais Frans van der Hoff et Nico Rozen) mais le titre d’un roman célèbre aux Pays-Bas.

Ecrit en 1860, par Eduard Douwes Dekker, il dénonçait la condition des paysans javanais à l'époque où l’Indonésie était une colonie néerlandaise. Aujourd’hui, Max Havelaar, association loi 1901 à but non lucratif, est l’un des acteurs principaux du commerce équitable. Le label assure la gestion et la promotion de la marque internationale « Fairtrade – Max Havelaar ».

MDP

Le MDP -Mécanisme pour un Développement Propre- est l'un des moyens pour que les pays développés signataires du protocole de Kyoto remplissent leurs engagements. Il vise à aider les pays en développement à atteindre un développement durable en favorisant des investissements "écologiques" dans leurs économies par les gouvernements des pays industrialisés et leurs entreprises.
En effet, dans le cadre du Protocole de Kyoto, les pays en développement ne sont pas astreints à diminuer leurs émissions, ils doivent cependant faire-part régulièrement de l'évolution du niveau de leurs émissions.

Mécanisme volontaire, le MDP fonctionne de la manière suivante : Les pays développés investissent, dans les pays en développement, dans des projets qui contribuent à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et ces projets concourent à la modernisation d'un secteur du pays concerné, mais aussi à la protection du climat mondial. Le pays investisseur peut alors porter au crédit de ses engagements les réductions d'émission réalisées grâce à cet investissement. Les pays en développement peuvent aussi réaliser de tels projets et vendre à des pays développés les crédits d'émissions obtenus sous forme d'unités de réduction d'émissions.

Médiator

Le Médiator alias chlorhydrate de benfluorex est un médicament issu du laboratoire de Servier. Il correspond à une catégorie de produits dérivés des amphétamines. Le Médiator a été commercialisé à partir de 1976. Les premières alertes remontent aux années 1990 mais, en France, il n’a été retiré de la vente qu’en 2009 après les révélations de la lanceuse d’alerte Irène Frachon, une pneumologue de Brest.

À ses débuts, il fut prescrit pour faire baisser le taux de cholestérol (hypolipidémiant), par la suite il fut prescrit aux personnes atteintes d’hypertriglycéridémie (augmentation du taux de triglycérides qui sont des lipides qui circulent dans le sang et qui sont stockés dans les tissus). En 1990, sa prescription fut élargie aux personnes diabétiques en surcharge pondérale. De nombreux cas évoquent l’utilisation de ce produit comme coupe-faim, détournant ainsi son utilisation de sa fonction première.

La viabilité du médicament a été remise en cause en raison de risques cardiovasculaires (Les patients risquaient de multiplier par 3 le risque d’être atteint de valvulopathies cardiaques.

Une étude de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et de l'épidémiologiste Agnès Fournier, portant la période de commercialisation du médicament (1976-2009) chiffre le bilan à 1 300 morts et 3 100 hospitalisation. 145 millions de boîtes de Médiator ont été vendues et plus de 5 millions de personnes en ont consommé en France.

Mercosur

Le Marché commun de l’Amérique du SudMercosur pour les hispanophones (Mercado Común del Sur), Mercosul pour les lusophones — a été fondé le 26 mars 1991 par le traité d’Asunción entre le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay. Fin 2003, il rassemblait 213 millions de personnes pour un PIB de 815,8 millions de dollars (soit près de 82 % du PIB total de l’Amérique du Sud). En 2004, le MERCOSUR a accueilli 3 nouveaux membres associés : l’Équateur, la Colombie et le Venezuela.

L’organe suprême du MERCOSUR est le PARLASUR, le parlement représente les intérêts des citoyens des États parties. Il a été créé en 2005 afin de débattre sur différentes questions, par exemple l’intégration de nouveaux membres. Le parlement est constitué de plusieurs commissions chargées d’étudier des questions juridiques, sur les droits de l’homme, la santé ou encore l’agriculture, etc.

Ce regroupement vise la libre circulation des biens et des services, l’établissement d’un tarif extérieur commun, la coordination des politiques économiques et l’harmonisation des législations nationales. Il a pour objectif d’éliminer les barrières tarifaires ou non entre les échanges commerciaux internes.

Le Mercosur est le 3e marché intégré au monde derrière l’Union Européenne et l’ALÉNA (Accord de Libre Échange Nord-Américain).

À l’instar de l’Union Européenne, le Mercosur est un projet à la fois économique et politique : par exemple, depuis la déclaration d’Ushuaïa, lors du XIVe sommet en juin 1998, la rupture du processus démocratique dans l’un des pays membres est passible d’expulsion du marché commun. En 1995, le Mercosur et l’Union européenne, premier partenaire commercial de la zone, ont signé un accord-cadre interrégional de coopération. En 1999 à Rio, ils se sont engagés à lancer des négociations pour un accord de libre-échange entre les deux blocs. 

La zone Mercosur a favorisé le développement commercial de la région et suscite l’intérêt des pays voisins. Le Chili et la Bolivie ont signé un accord de libre-échange en juillet 1996 et d’autres pays se sont portés candidats comme le Pérou, la Guyane ou le Surinam.

Méthanation

Il s'agit de production de méthane synthétique obtenu par une réaction simple entre de l'hydrogène d'électrolyse et du gaz carbonique de combustion, que l'on injecte au même titre que le biogaz dans le réseau où il remplace le gaz naturel fossile. En transformant l'électricité non stockable en molécules qui elles le sont, il est possible de bénéficier d'une très grande flexibilité de production et d'usage. Ce procédé est actuellement en plein développement en Allemagne.

Microcrédit

Le microcrédit consiste en l’attribution de prêts de faible montant à des entrepreneurs ou des particuliers qui ne peuvent pas accéder aux prêts bancaires classiques, le plus souvent parce qu’ils sont trop pauvres et ne disposent pas de garanties suffisantes.

Le concept de microcrédit a été développé au Bangladesh en 1983 par un professeur d’économie, Muhammad Yunus, qui a d’ailleurs reçu le prix Nobel de la paix en 2006. L’idée du microcrédit n’est pas nouvelle, on en trouve les prémices au XIXe avec le prêt sur gage à taux faible ou par exemple les monts-de-piété. Muhammad Yunus a repris cette idée de prêt à faible taux en créant son propre organisme de prêt destiné aux plus pauvres : la Grameen Bank.

Le microcrédit se développe surtout dans les pays en voie de développement, où il permet de concrétiser des microprojets favorisant ainsi l’activité et la création de richesse, mais se pratique aussi bien dans les pays développés ou en transition. Le microcrédit est un outil qui permet d’encourager les initiatives de développement au niveau local, car il touche de nombreux secteurs comme l’agriculture, l’artisanat ou encore l’éducation.

En France, il existe deux types de microcrédit : le microcrédit personnel et le microcrédit professionnel, destiné à des personnes souhaitant créer ou reprendre une entreprise mais qui n’ont pas les ressources suffisantes pour obtenir un prêt classique. Ce système réservé aux professionnels est plafonné à un montant de 25 000 €.

Selon la Banque Mondiale, on recense 10 000 institutions dédiées à la microfinance dans près de 85 pays. En 2005, on estimait le nombre de bénéficiaires de microcrédits à 500 millions de personnes dans le monde.

Le microcrédit s’inscrit dans une sphère plus complète qui comprend d’autres outils financiers tels que l’épargne, la microassurance et d’autres produits qui forment la microfinance.

Minerais du sang

Les minerais du sang ou autrement connus sous le nom minerais du conflit, caractérisent des minerais pouvant alimenter des conflits armés. Les minerais les plus critiques sont l’étain, le tantale, l’or ou encore le tungstène. Ils sont extraits et importés principalement d’Afrique, et plus particulièrement de la République Démocratique du Congo et de la zone des Grands Lacs africains, ou encore de Birmanie et d’Amérique centrale. 

 Dans ces régions, des groupes armés s’affrontent pour le contrôle des différentes mines réparties sur leurs territoires en vue de financer leurs guerres. En 2015, 27 conflits ont été recensés en Afrique comme étant liée aux ressources telles que les minerais du sang.

Ces minerais sont présents dans de nombreux produits tels que les smartphones, les ordinateurs portables et bien d’autres appareils électroniques.  

Minorités visibles

La loi canadienne sur l’équité en matière d’emploi définit ainsi les minorités visibles : il s’agit des « personnes, autres que les autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n’ont pas la peau blanche ». Les diverses populations de minorités visibles sont ensuite listées par groupes : Chinois, Sud-Asiatique, Noir, Philippin, Latino-Américain, Asiatique du Sud-Est, Arabe, Asiatique occidental, Japonais, Coréen et les habitants des îles du Pacifique. Ces classifications évoluent en fonction des représentations et des flux migratoires. Cette loi sur l’équité en matière d’emploi date de 1995, elle a été mise en place afin de promouvoir l’égalité des chances et de mettre fin aux discriminations en matière d’embauche.

Le terme « minorités visibles » est principalement utilisé au Canada. Les Français parlent quant à eux « d’immigrés » ou de « jeunes issus de l’immigration ». Les Anglais « d’ethnic groups » et les Américains de « race and hispanic origin ».

En France, le concept de minorité est utilisé depuis quelques années, il désigne « les immigrés non européens, ainsi que les personnes nées dans les DOM-TOM et leurs enfants ». Selon une étude réalisée en 2004, 15 % de la population métropolitaine faisait partie des minorités visibles.

La notion de minorités visibles est apparue en France à la suite de protestation concernant le manque de diversité dans certains secteurs comme la publicité, la politique ou les médias. On utilise le terme de minorité visible pour dénoncer les actes de discrimination, mais aussi pour mettre en avant les mesures prises par le gouvernement pour lutter contre les différentes formes de discrimination, comme avec la discrimination positive qui vise à rétablir la diversité dans le monde du travail.

mix énergetique

Le mix énergétique ou bouquet énergétique représente la répartition et la pondération des différentes sources d’énergie primaire nécessaires pour répondre aux besoins d’une entité donnée (pays, entreprise…). Le mix énergétique inclut différents types : énergies fossiles, énergies renouvelables, énergie nucléaire. Toutes ces énergies dîtes primaires sont utilisées pour répondre aux besoins d’une entité donnée : production d’électricité, de carburant, de chaleur…

La composition du bouquet énergétique est différente pour chaque région, pays ou entreprise. Elle varie en fonction de la disponibilité des ressources, des besoins énergétiques à couvrir et des choix politiques des différents dirigeants. Le mix énergétique est un premier pas dans la transition énergétique. Il permet de ne pas faire reposer la production d’énergie sur un seul type d’énergie primaire.

Une diversification des sources d’énergie permet de réduire la dépendance à certains types d’énergies et de progressivement abandonner les énergies les plus polluantes. De nombreux pays européens comme l’Allemagne ou la France ont par exemple choisi de renoncer au « tout nucléaire » et de diversifier leurs sources d’énergie en augmentant la part d’énergies renouvelables. Le gouvernement français s’est fixé comme objectif de n’utiliser plus que 50 % d’énergie nucléaire dans la production globale d’électricité d’ici à 2025. C’est un moyen de promouvoir les énergies renouvelables : éolien, photovoltaïque, biomasse, biogaz, hydraulique ou géothermie.

En 2012, l’énergie la plus consommée en France était le pétrole (41,8 %), suivi de l’électricité (24,4 %) et du gaz naturel (20,8 %). L’énergie la plus utilisée est donc une énergie fossile. Concernant l’électricité, elle provient à 74 % du nucléaire, ce qui n’en fait pas une énergie verte. L’enjeu du mix électrique est de réduire la part d’électricité produite grâce au nucléaire, au profit des modes de production non utilisateurs de combustibles fossiles.

Mobilité durable

On utilise aussi le terme d'écomobilité pour parler des modes de transports doux ou propres qui réduisent notre impact sur l'environnement. Cette notion assez récente est dans le sillon des questions de développement soutenable et de développement durable.

Dans le cadre de cette démarche écologique mais aussi économique, on retrouve divers modes de déplacement : la mobilité active (marche à pied ou vélo), les transports collectifs et les transports partagés (covoiturage, autopartage).

On parle beaucoup des transports doux qui sont en fait les moyens de transports non-motorisés ou motorisés mais qui n'émettent pas de CO2. C'est dans cette idée qu'on a vu se développer les vélos en libre-accès dans les grandes villes (Vélo'v, Vélib…), la location de voiture comme les autolib', les réseaux de pistes cyclables, les transports en commun propres (bus électriques, tramway...)

MSC

Le MSC pour « Marine Stewardship Council » est un système de certification qui fonctionne sur le même principe que le label FSC (Forest Stewardship Council) qui garantit que les bois utilisés par les consommateurs proviennent de forêts aménagées de manière durable. Ce label a été créé afin de trouver des solutions au problème de la surpêche. Il est basé sur le code de conduite pour une pêche responsable de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Cette organisation, liée au WWF, a été initialement mise en place, en 1997, dans le cadre d’un partenariat avec le groupe Unilever, l’un des plus gros acheteurs mondiaux de produits de la mer. Il est aujourd’hui utilisé par une centaine de pêcheries dans 20 pays.

Il a pour principe et pour vocation de promouvoir la gestion durable des stocks de pêche. Il est utilisé par des pêcheries qui peuvent garantir qu’elles utilisent des modes de pêche responsable. Les pêcheries qui veulent obtenir ce label doivent répondre à plusieurs critères.

 Elles doivent :

  • assurer la pérennité des stocks de poissons dans leurs zones de pêche et ne pas surexploiter les ressources
  • réduire l’impact de leur activité sur le milieu marin
  • respecter toutes les lois en vigueur au niveau local, national et international.

La FAO a mis en place ce système de certification, car les gouvernements n’ont pas réussi à enrayer les problèmes de surexploitation des stocks de poisson. Selon elle, près de 30 % des stocks sont surexploités. Le label MSC est le principal label garantissant une pêche durable.