Publié le 05 février 2013

L'APRES PETROLE

La Fondation Nicolas Hulot lance un think tank sur la transition écologique

« Un laboratoire d'idées innovantes, apolitique et indépendant dédié à l'écologie ». C'est l'objet de l'initiative lancée fin janvier par la FNH pour peser dans le débat politique sur les enjeux environnementaux et sociaux.

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L'activité de la Fondation Nicolas Hulot n'est pas nouvelle mais elle devient en tout cas officielle : produire des réflexions, participer au débat public et sensibiliser les politiques comme l'opinion publique aux enjeux écologiques. Ce think tank a pour vocation de proposer des solutions, et « bâtir des alternatives crédibles et désirables » dans un premier temps concernant les enjeux énegrétiques, mais également sur d'autres sujets - alimentation, gouvernance, éducation, géopolitique, production, consommation, technologie, etc-. Avec l'appui d'un Conseil scientifique regroupant d'une quarantaine d'universitaires, de scientifiques et d'experts, ce think thank veut poursuivre l'action lancée par Nicolas Hulot depuis les élections présidentielles de 2007. On se souvient du « Pacte écologique » sur lequel il avait demandé - et obtenu- aux candidats des différents partis de s'engager. Il avait ensuite renoncé à se présenter mais souhaitait continuer à « peser dans le débat » politique. Puis en 2012, sa rivale Eva Joly l'a finalement emporté pour devenir la candidate des Verts.

Alternatives "crédibles et désirables"

Nommé en décembre dernier par François Hollande "envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète", Nicolas Hulot exerce désormais une « mission internationale en faveur de la préservation de l'environnement". Objectif : sensibiliser et mobiliser la communauté internationale sur la crise écologique et les moyens pour y faire face. Et combattre l'immobilisme, tout comme son think thank : « L'origine de cet immobilisme est simple : les alternatives possibles n'apparaissent pas suffisamment crédibles et désirables », indique le communiqué. « Ces idées et initiatives germent d'ores et déjà de manière isolée dans la société civile et le monde académique, en France et à l'étranger. Il s'agira de les mettre en cohérence et de les rendre audibles, de les développer et de les porter au sein du débat public ». Pour la FNH, cette initiative vient en outre combler un manque et un « espace laissé jusqu'ici vacant. Il répond à un besoin de production intellectuelle. S'il existe, en France, de nombreux Think tanks (Terra nova, Fondation Jean-Jaurès, Fondation pour l'innovation politique, Institut Montaigne), il n'y a aucun Think tank à la fois indépendant, apolitique et écologique ».

Enfin, la FNH rappelle que l'écologie et les questions sociales sont aujourd'hui intimement liées, une vision certes de plus en plus admise mais qui se traduit rarement par des politiques concrètes, qui continuent souvent à les opposer. « Les urgences sociales conduisent à considérer l'environnement comme un luxe pour pays riche en temps de prospérité, repoussant ainsi à plus tard le traitement des défis que l'écologie soulève (...) Les populations les plus riches ont une empreinte écologique excessivement lourde », tandis que « la pauvreté et la misère entretiennent un système de production à bas coût, peu respectueux de l'environnement ».
Des questions transverses qui seront abordées par un conseil scientifique pluridisciplinaire dans des études, des essais ou encore des conférences et événements publics.

Véronique Smée
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