Publié le 19 juin 2017

L'APRES PETROLE

Pic de pollution : les entreprises repensent la mobilité de leurs salariés

[Mis à jour le 19 juin 2017] Un nouveau pic de pollution a été annoncé par Airparif ce lundi 19 juin à Paris et dans d'autres villes françaises. L'alerte devrait se poursuivre dans les prochains jours. Pour s'adapter à ces épisodes de plus en plus fréquents, les villes mettent en place diverses réglementations : circulation alternée, vignette anti-pollution, réduction de vitesse... L'impact est direct sur les entreprises. Du co-voiturage au télétravail, certaines ont déjà opté pour des solutions alternatives et durables.

La Poste a investi dans 25 000 véhicules électriques et détient "la plus importante flotte électrique au monde" selon le groupe.
La Poste

Ce lundi 19 juin, Airparif, l’organisme de surveillance de la qualité de l’air en Île-de-France, a annoncé un épisode de pollution atmosphérique à l’ozone de niveau 7 sur 10. En réaction, la Ville de Paris a rendu, pour la journée, le stationnement résidentiel gratuit. Elle appelle également les habitants à "faire preuve de civisme en adaptant leurs comportements et en empruntant prioritairement les réseaux de transport en commun, le covoiturage ou tout mode de transport plus respectueux de l’environnement (vélo notamment)". Le préfet d’Île-de-France a recommandé d’abaisser les vitesses sur les routes de 20km/h.

D’autres mesures complémentaires pourraient être prises, ajoute la mairie, d’autant que les fortes chaleurs sont prévues toute la semaine dans la capitale mais aussi dans d’autres grandes villes. Par le passé, la mise en place d’une circulation alternée était prévue en cas de prolongement de l’alerte. Mais la marie de Paris, dans le sillage de Grenoble, a opté pour l’utilisation de la vignette Crit’Air. Celle-ci se décline en plusieurs couleurs selon le niveau de pollution du véhicule. Dès le 1er juillet, les automobilistes circulant sans la vignette s’exposeront à une amende de 68 euros. D’autres villes comme Lyon continuent d’utiliser la circulation alternée comme levier de lutte contre la pollution.

Ces réglementations impactent toutes les entreprises. Qu’elles soient directement touchées, comme les sociétés de livraison, ou indirectement via les problèmes de déplacement des salariés, elles doivent s’adapter aux nouvelles mesures.

 

Faire appel à une plateforme de co-voiturage

Plusieurs grandes entreprises ont opté pour le choix du covoiturage. Sanofi, Orange, SFR, par exemple, travaillent avec iDvroom, une plateforme de covoiturage de courte distance au quotidien. De leur domicile à leur lieu de travail, les salariés des entreprises s'organisent pour limiter le nombre de voitures et réduire la pollution. Les véhicules abritant plus de trois personnes sont en effet autorisés à circuler même lorsque la circulation est alternée.

Le groupe ADP (ex-Aéroports de Paris) a créé une "communauté covoiturage". Elle met en relation des milliers de salariés travaillant dans différentes entreprises implantées sur trois plateformes aéroportuaires. Un atout pour les entreprises de très grande taille dont les salariés ne se connaissent pas. ADP note ne diminution de la fatigue de leur salariés et souligne un avantage économique pour ces derniers ainsi qu'une plus grande convivialité.

 

Opter pour une flotte de voitures électriques ou hybrides

Autre exception de véhicules autorisés à circuler lors des pics de pollution : les voitures hybrides ou électriques. Encore peu d’entreprises proposent à leurs collaborateurs des véhicules propres. Mais, face à la réglementation, elles se multiplient. En 2015, Darty s’est par exemple doté d’une flotte de véhicules électriques pour intervenir chez les clients de région parisienne. La Poste a, quant à elle, investi dans 25 000 véhicules électriques et détient ainsi "la plus importante flotte électrique au monde", selon le groupe. Objectif : réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre par foyer desservi d'ici 2020.

Pour pousser les entreprises vers l'hybride ou l'électrique, l'ancienne ministre de l'Environnement Ségolène Royal avait d'ailleurs annoncé vouloir étendre le bonus pour l'achat de véhicules propres (électriques mais aussi hybrides) aux utilitaires.

 

Favoriser le télétravail

Microsoft, Thalès ou Coca-Cola ont déjà pris le virage du télétravail. Un gain de temps pour les salariés, qui ne seront pas coincés dans les bouchons ou les transports en commun, et une solution moins polluante pour tous. Selon l'observatoire de la santé d'Île-de-France, 31,9% des actifs franciliens ont un temps de transport de une à deux heures par jour en moyenne.

Les nouvelles technologies (messageries professionnelles instantanées, réseaux internes, vidéo conférences) favorisent cette pratique. Pour le moment, les cadres et les métiers du numérique sont les premiers ciblés. Selon l'institut CEBR (Centre for Economics and Business Research), laisser les employés télé-travailler au moins 2 jours par semaine permettrait un gain de 9,8 milliards d'euros par an pour l'économie française.

 

Diversifier les solutions avec un PDE (plan de déplacements entreprise) innovant

À Grenoble, ville particulièrement touchée par la pollution, l'entreprise STMicroelectronics est montrée en exemple par l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). La société spécialisée dans les puces électroniques a intégré son Plan de Déplacements Entreprise (PDE) dans une "démarche de certification ISO 14001". Une norme de certification environnementale internationale récompensant un Système de management.

Résultat : 15% des déplacements en véhicules particuliers ont été remplacés par d'autres modes de transports. 8% par les transports collectifs et 7% par le vélo. Des mesures qui lui permettent à la ville d'éviter 360 tonnes d'émissions de CO2 par an.

Rappelons également qu'à partir du 1er janvier 2018, les entreprises de plus de 100 salariés auront l'obligation de présenter un plan de mobilité.

Marina Fabre @fabre_marina

Marina Fabre
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