Publié le 09 décembre 2016

L'APRES PETROLE

Pollution de l'air : quelles solutions pour les entreprises ?

Circulation alternée, vignette anti-pollution... Les règlementations se multiplient contre les véhicules polluants pour lutter contre la pollution de l'air. L'impact est direct sur les entreprises. Du co-voiturage au télétravail, certaines ont déjà opté pour des solutions alternatives et durables. Tour d’horizon.

La Poste a investi dans 25 000 véhicules électriques et détient "la plus importante flotte électrique au monde" selon le groupe.
La Poste

Les jours défilent et l’alerte est maintenue. La circulation alternée est reconduite pour le quatrième jour consécutif dans Paris et sa région. Cette zone n'avait pas subi un pic de pollution aussi long et intense depuis au moins 10 ans. En cause : le trafic routier, responsable des deux tiers des émissions de dioxyde d’azote et de 55% des émissions de particules de la capitale.

Mais Paris n'est pas la seule ville touchée. Pour la première fois aujourd'hui, Lyon et Villeurbane imposent également à leurs habitants une circulation alternée.

Autre mesure, prise cette fois par Grenoble : la vignette Crit'Air. Celle-ci se décline en plusieurs couleurs selon le niveau de pollution du véhicule. Elle permettra d'interdire de circulation les véhicules les plus polluants en cas de pic de pollution. Grenoble faisait partie des villes expérimentatrices, mais dès le 16 janvier prochain, les 600 000 véhicules roulant quotidiennement dans Paris devront s'en affranchir.

Ces règlementations impactent toutes les entreprises. Qu’elles soient directement touchées, comme les sociétés de livraison, ou indirectement via les problèmes de déplacement des salarié.e.s, les entreprises doivent s’adapter aux nouvelles mesures.

Des solutions alternatives existent. Quelles sont les pistes à suivre ?

 

Faire appel à une plateforme de co-voiturage

 

Plusieurs grandes entreprises ont opté pour ce choix. Sanofi, Orange, SFR, par exemple, travaillent avec iDvroom, une plateforme de covoiturage de courte distance au quotidien. De leur domicile à leur lieu de travail, les salarié.e.s des entreprises s'organisent pour limiter le nombre de voitures et réduire la pollution. Les véhicules de plus de trois personnes sont en effet autorisés à circuler pendant les pics de pollution, quelle que soit leur plaque minéralogique.

Les Aéroports de Paris ont ainsi créé une "communauté covoiturage". Elle met en relation des milliers de salarié.e.s travaillant dans différentes entreprises implantées sur trois plateformes aéroportuaires. Un atout, surtout pour les entreprises de très grande taille, lorsque les salarié.e.s ne se connaissent pas.

Autres avantages de cette solution : diminution de la fatigue des salarié.e.s, avantage économique et une plus grande convivialité !

 

Opter pour une flotte de voitures électriques ou hybrides

 

Autre exception de véhicules autorisés à circuler : les voitures hybrides ou électriques. Encore peu d’entreprises proposent à leurs collaborateurs des véhicules propres. Mais, face à la réglementation, elles se multiplient. En 2015, Darty s’est par exemple doté d’une flotte de véhicules électriques pour intervenir chez les clients de région parisienne. La Poste a, quant à elle, investi dans 25 000 véhicules électriques et détient ainsi "la plus importante flotte électrique au monde", selon le groupe. Objectif : réduire de 20% les émissions de GES par foyer desservi d'ici 2020.

Pour pousser les entreprises vers l'hybride ou l'électrique, la ministre de l'Environnement Ségolène Royal a annoncé hier vouloir étendre le bonus pour l'achat de véhicules propres (électriques mais aussi hybrides) aux utilitaires.

Autre avantage : les véhicules propres dont les émissions sont inférieures à 60g/km sont exonérés de la taxe sur les véhicules de société (TVS).

 

Favoriser le télétravail

 

Microsoft, Thalès ou Coca-Cola ont déjà pris le virage du télétravail. Un gain de temps pour les salarié.e.s, qui ne seront pas coincés dans les bouchons ou les transports en commun, et une solution moins polluante pour tous. Selon l'observatoire de la santé d'Ile-de-France, 31,9% des actifs franciliens ont un temps de transport de 1h à 2h par jour en moyenne.

Les nouvelles technologies (messageries professionnelles instantanées, réseaux internes, vidéo conférences) favorisent cette pratique. Pour le moment, les cadres et les métiers du numérique sont les premiers ciblés.

Autre avantage : laisser les employés télé-travailler au moins 2 jours par semaine permettrait un gain de 9,8 milliards d'euros par an pour l'économie française, selon l’institut CEBR (Centre for Economics and Business Research).

 

Diversifier les solutions avec un PDE (plan de déplacements entreprise) innovant

 

À Grenoble, ville particulièrement touchée par la pollution, l'entreprise STMicroelectronics est montrée en exemple par l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). La société spécialisée dans les puces électroniques a intégré son plan de déplacements entreprise dans une "démarche de certification ISO 14001". Une norme de certification environnementale internationale récompensant un Système de management environnemental.

Résultat : 15% des déplacements en véhicules particuliers ont été remplacés par d'autres modes de transports. 8% par les transports collectifs et 7% par le vélo. Des mesures qui lui permettent à la ville d'éviter 360 tonnes d'émissions de CO2 par an.

Rappelons également qu'à partir du 1er janvier 2018, les entreprises de plus de 100 salarié.e.s auront l'obligation de présenter un plan de mobilité.

Marina Fabre
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