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Publié le 09 août 2011

L'APRES PETROLE

Google soigne son image verte

Google ne cesse ces derniers temps d'annoncer de nouveaux investissements dans les énergies renouvelables. Pourtant, les experts de Greenpeace demandent plus. Ils réclament notamment davantage de transparence sur la consommation énergétique des data centers de Google.


La direction de Google multiplie les investissements verts. Propriétaire d'une licence pour vendre et acheter de l'électricité depuis un an, GoogleEnergy vient d'annoncer l'achat de 100,8MW sur 20 ans auprès d'une ferme à vent dans l'Oklahoma, qui sera opérationnelle à la fin de l'année. Cette énergie permettra d'alimenter son centre de données de Mayes County dans l'Oklahoma. Quelques jours plus tôt, Google promettait un investissement de 100 millions de dollars dans la construction de la plus grande ferme à vent du monde, à Sheperd's Flat dans l'État de l'Oregon. Cette usine, mise sur pied par GE Energy Financial et Caithness Energy, doit générer en 2012, 845 MW d'électricité. De quoi satisfaire les besoins de 235 000 résidences.
Last but not least, une semaine auparavant, Google s'engageait dans le solaire. Le géant californien allonge 168 millions de dollars pour créer la centrale solaire d'Ivanpah, développée par le groupe Brightsource Energy. Cette centrale produira 392MW d'électricité.

Instruments financiers

Les fondateurs de Google, Larry Page et Sergey Prin, deux anciens de l'université de Stanford, ont très rapidement affiché leur intérêt pour l'écologie. Et ils ont montré le sérieux de leur engagement en mettant en place plusieurs instruments financiers, censés faire avancer la cause. Dix ans après la création du moteur de recherche, le siège social de Mountain View, le Googleplex, a libéré un emplacement pour une installation solaire, capable de produire 1,6MW. Et un an plus tard, l'association Google.org proposait à ses troupes de partager sa flotte de voitures électriques. Google.org est le bras philanthropique du moteur de recherche. Et la direction du groupe a placé à sa tête Bill Weihl, nommé « tsar de l'énergie verte ». Ce vétéran d'Akamai Technologies, ex-professeur du MIT, met en musique la stratégie écologique du groupe. Il est censé justifier l'investissement de 10% des ressources de Google dans les projets à long terme verts. Et il s'est donné pour objectif lointain de faire émerger une énergie renouvelable meilleure marché que le charbon.

Foisonnement

Bill Weihl n'a pas le monopole de la parole écologique chez Google. Il y a aussi Google Venture, un nouvel instrument financier crée en mars 2009 pour investir près de 100 millions de dollars à l'année dans des projets verts. Google Ventures ne se consacre toutefois pas exclusivement à l'énergie renouvelable, d'autres industries telle la publicité font partie de ses centres d'intérêts. Cependant, on retrouve Google Ventures dans le capital de Coolplanetbiofuels, une start up qui promet de transformer les déchets agricoles en bio fuels. De même Google Ventures est présent dans Transphorm, un coupeur de gâchis énergétiques.

La stratégie de Google est à plusieurs détentes. Il y a les œuvres philanthropiques, le financement des starts up...et finalement la division des affaires vertes, au sein même de Google. C'est cette division, dirigée par Rick Needham, pilote les gros investissements dans l'énergie éolienne, le solaire et les achats à long terme d'énergie renouvelable. La construction de 560 kms de câbles pour transmettre l'électricité générée par des éoliennes le long de la côte Est, de la Virginie au New Jersey, relève ainsi de Rick Needham. Google financera à hauteur de 37,5% ce projet de 5 milliards sur 10 ans.

Des data centers alimentés au charbon

Certes, la direction du groupe californien ne ménage pas ses efforts pour développer les énergies renouvelables. Pourtant, les experts de Greenpeace ont une appréciation mitigée sur le travail accompli. Lorsque l'on regarde « l'indice énergie propre » réalisé par Greenpeace, Google obtient tout juste 36,4% des points quand son concurrent Yahoo se classe en première place avec 55,9% des voix. Des raisons de ce classement décevant ? « Le groupe Google devrait confesser au monde qu'il a un problème carbone » répond Daniel Kessler, porte parole de Greenpeace. Les experts de l'association s'intéressent tout particulièrement aux « data centers », les centres de données dans lesquels sont archivées les informations collectées sur la toile. Ces centres consomment énormément d'énergie : 3% de la note d'électricité aux États-Unis, dit-on chez Greenpeace. Et la facture croit de 12% par an. Mais la direction de Google refuse de communiquer sur le sujet, de peur d'en révéler trop à sa concurrence, dit le groupe. Pas moyen de savoir combien les centres Google consomment. Greenpeace n'arrive même pas à connaitre le nombre de centres Google. Dans un récent rapport sur le sujet, les spécialistes de l'ONG s'expliquent. « Google reconnaît publiquement l'existence de 7 centres, mais on estime sa flotte à 20-30 centres ». Et parmi ceux-ci, on relève des investissements dans l'Oklahoma, les Carolines du Nord et du Sud, trois États connus pour leurs centrales électriques alimentées au charbon. Yahoo, en revanche, en dit plus sur ses data centers - l'entreprise donne la localisation de ses centres et cherche à les alimenter le plus possible par des énergies renouvelables-. Yahoo s'engage également àréduire son empreinte carbone de 40% d'ici 2014.

Article initialement publié le 26 mai 2011

Caroline Crosdale à New York
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