Publié le 08 décembre 2015

L'APRES PETROLE

COP21 : Avec ses trackers solaires, HeliosLite veut favoriser l'accès à l'énergie

Aller plus loin dans la performance des panneaux photovoltaïques. C’est ce que promet HeliosLite, une start-up franco-américaine, fondée en 2013 et basée en Savoie. Avec ses trackers solaires nouvelle génération et les panneaux existants, la production d’énergie peut augmenter jusqu’à 40 % par an par rapport à une installation fixe. Comment? En poursuivant le soleil toute la journée. Entretien avec Jay Boardman, l’un des deux fondateurs.

Des trackers HeliosLite, installés à l'IRESEN, au Maroc.
Crédit : DR

Novethic. HeliosLite produit des trackers solaires destinés à améliorer la performance des panneaux photovoltaïques. Quelle est leur particularité ?    

Jay Boardman. Il s'agit d'un tracker bi-axe différent des structures classiques qui ont pour pivot principal un axe vertical. Il tourne d’abord sur un axe horizontal, puis ses “voiles” pivotent perpendiculairement. Sa structure est ainsi beaucoup moins gourmande en matériaux et bien plus robuste. La quantité de béton nécessaire à sa construction est divisée par 10. Et il faut deux fois moins de métal que pour une structure fixe. Ainsi, nous proposons un produit efficace et robuste pour un coût divisé par deux.  

Il est aussi très adaptable grâce à sa structure très malléable. Plus légère, elle peut être facilement transportable. Nous visons donc aussi bien de grandes fermes solaires que des projets plus petits sur des sites isolés, en montagne, sur des terrains en pente ou en zone rurale. Nous voulons jouer sur les deux tableaux avec nos partenaires pour la fabrication et l'installation.  

 

Novethic. Dans quelle phase de développement vous situez-vous actuellement ?    

Jay Boardman. Nous avons terminé la phase de développement technique et nous allons passer à nos premiers lancements commerciaux. Notre produit est déjà reconnu comme étant un très bon outil à taille humaine par des instituts de recherche. Nous sommes en négociation avec des projets de grandes fermes solaires, qui nous permettraient de passer à la phase d’industrialisation et ainsi de devenir de plus en plus attractif pour les sites isolés.  

Par ailleurs, nous avons déjà installé des trackers en Afrique. Le Club Med Cap Skirring Village, au Sénégal, nous a fait confiance et a installé deux trackers en décembre dernier. Ils ont compris l’intérêt d’allier démarche environnementale et soutien à une start-up. Deux autres trackers ont été installés dans un centre de formation au Sénégal toujours, ainsi qu’à l’Iresen (Institut de recherche en énergie solaire et en énergies nouvelles) au Maroc en septembre 2014.  

 

"dans les pays en développement, les réseaux n’existent pas"  

 

Novethic. En quoi votre technologie peut s’avérer pertinente pour les pays en développement ?  

Jay Boardman. Aujourd’hui, la production d’énergie solaire est développée là où le réseau permet de gérer l’intermittence. Par ailleurs, on se focalise surtout sur la performance jusqu'au point d'injection au réseau. Mais dans les pays en développement, les réseaux n’existent pas ou sont instables. Dans ces pays, ils raisonnent davantage sur un système global qui va jusqu'aux consommateurs. Pour eux, l’important est d’augmenter la quantité d’énergie produite et ainsi de limiter au maximum le besoin de stockage. Pour ces pays, ce qui compte c’est d’avoir une production optimale tout au long de la journée. C’est ce que nous proposons avec notre tracker qui permet d’augmenter la production de 30 à 40 % par an avec 5 à 7 fois plus d'énergie produite en début et en fin de journée.   

 

Novethic. Quels sont les obstacles auxquels vous êtes confrontés ?    

Jay Boardman. Notre tracker rencontre un bon succès pour des petites installations. Pour vendre à grande échelle, notre principal frein est le financement bancaire. Les banques sont très frileuses à l’idée de financer la première grande ferme solaire de plusieurs mégawatts. Dans ce cadre, les projets d'électrification rurale en Afrique, moins coûteux et plus petits, peuvent être une solution.  

 

Novethic. Vous êtes venus présenter votre innovation à la Galerie des solutions, au Bourget, où se tiennent les négociations onusiennes sur le climat. En tant que start-up spécialisée dans les renouvelables, qu’attendez de la COP21 ?    

Jay Boardman. Le mouvement est en marche, avec beaucoup de bonnes intentions transformées en actions. La société civile et le secteur privé bougent. Nous montrons qu’intérêt économique et intérêt écologique peuvent aller de pair et qu’il ne s’agit pas simplement d’éléments de marketing.  

Il faut consacrer plus de place à l’innovation car si l'on veut être dans la rupture, il faut changer nos habitudes mais aussi nos technologies. Notre solution peut faire partie de ce changement. Nous avons la possibilité de créer une rupture au niveau du coût de l’accès à l’énergie.

Propos recueillis par Concepcion Alvarez
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